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Un séquestre intérimaire nommé pour l’aérodrome de Stephenville

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Un juge de la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador ordonne la nomination d'un séquestre intérimaire pour gérer l'aérodrome de Stephenville. Cette décision vise à protéger l'installation qui est sans électricité ni chauffage et qui n'est plus assurée.

Le problème central est l'absence d'électricité, de chauffage, d'éclairage et de sécurité à cet endroit, ce qui m'inquiète au plus haut point, a déclaré le juge Alexander MacDonald jeudi lors d’une audience à Saint-Jean.

Le mandat du séquestre de la firme Janes & Noseworthy consiste à préserver les actifs de l'installation et à rétablir la couverture d'assurance, qui est échue depuis que le courant a été coupé en juin dernier.

Cette mesure d'urgence est valide pour une période de 30 jours. Dans 30 jours, nous y verrons plus clair, précise le juge MacDonald.

Une dette de 2,5 millions $

La firme de capital-investissement BTG Capital, basée à Calgary, avait déposé une demande la semaine dernière pour obtenir cette mise sous séquestre.

BTG détient une hypothèque sur l'aérodrome après avoir acquis les droits pour recouvrer un jugement antérieur contre Carl Dymond, l'unique dirigeant de l'entreprise numérotée 15132738 Canada Inc., propriétaire des lieux.

Selon les documents judiciaires, la dette s'élève à 2,5 millions $.

Mardi, le juge MacDonald avait reporté la procédure afin d'examiner une lettre d'intention entre BTG et la société propriétaire de l'aérodrome. Jeudi, le magistrat a déclaré que cet accord n'empêchait pas BTG d'obtenir la mise sous séquestre de l'installation.

Lors de cette dernière audience, l'avocat de l'aéroport, Trevor Stagg, a présenté des messages textes envoyés par Carl Dymond concernant des problèmes urgents, notamment le risque de gel des tuyaux.

Le juge a souligné que ces échanges prouvent, de l'aveu même du propriétaire, que les actifs sont en péril.

William Cahill, l'avocat représentant BTG, soutient lui aussi que l'entreprise de Carl Dymond est incapable d’assurer le fonctionnement de base de l’aérodrome. Plus nous attendons, plus nous verrons ces installations se détériorer, prévient-il.

Des promesses non tenues

En 2023, Carl Dymond, un homme d'affaires d'Ottawa, a acheté l'aéroport de Stephenville pour la somme de 6,90 $, en s'engageant à éponger environ 1 million $ de dettes. Il promettait alors d'investir des centaines de millions de dollars et de créer des milliers d'emplois.

Toutefois, ces engagements ne se sont jamais concrétisés. En mars dernier, l'aéroport a été rétrogradé au statut d'aérodrome, avant de fermer ses portes trois mois plus tard lorsque l’électricité a été coupée.

D'autres créances pèsent sur l'entreprise : une poursuite de 2,4 millions $ pour des factures impayées liées au balisage lumineux de la piste, 500 000 $ en impôts fonciers impayés, ainsi qu'une réclamation de l'Agence du revenu du Canada de plus de 820 000 $.

Avec des renseignements de Rob Antle et de Troy Turner, de CBC

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