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Avec comme toile de fond une pénurie de main-d'œuvre acharnée et des débats sensibles en matière d’immigration, employés et employeurs espèrent trouver leur compte au Salon de l’emploi de Uashat mak Mani-utenam–Sept-Rivières.
Des dizaines de kiosques de tout acabit accueillent de potentiels candidats : Rio Tinto IOC est là, mais aussi une panoplie de PME, des CPE et des organismes communautaires.
Pour plusieurs, la pénurie de personnel se fait encore sentir et les travailleurs étrangers sont un des moyens pour la soulager. C’est une main-d’œuvre essentielle, considère Magali Girardin, la responsable du recrutement chez Ortec Environnement Services. Environ 15 % du personnel de l’entreprise de nettoyage industriel est étrangère, selon elle.
Pour Bamba Gningue, un nouvel arrivant à Sept-Îles depuis octobre, cette réalité va de soi. À l’emploi de la firme de sécurité Akua, il accompagnait sa sœur jumelle, plus gênée. Lui, ne mâchait pas ses mots.
Beaucoup des emplois les plus difficiles, ce sont les étrangers qui font ça. Si on arrête de travailler, le pays va tomber.
Cela dit, attirer de nouveaux arrivants sur la Côte-Nord ne se fait pas en claquant des doigts.
Frédéric Boisvert, le directeur associé chez Strategia conseil, une entreprise de gestion de projet, souligne que de venir à Sept-Îles est pour eux un nouveau déracinement. Plusieurs d’entre eux ont déjà leur communauté en ville, explique-t-il.

Frédéric Boisvert est directeur de la succursale de Strategia à Sept-Îles.
Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie
Le directeur de la succursale du Groupe LD à Sept-Îles, François Beaulieu, remarque pour sa part que 75 % des CV qui atterrissent sur le bureau de sa maison mère viennent de nouveaux arrivants.
Par contre, ces candidats sont souvent surqualifiés pour les emplois offerts par M. Beaulieu sur la Côte-Nord. Leurs attentes sont souvent au-dessus de ce qu’on peut leur offrir, indique-t-il.
Un monde transformé
Ces nuances ne se retrouvent pas nécessairement dans les discours entendus sur la place publique, où les constats sont plus catégoriques.
Ce n’est pas une période glorieuse, laisse par exemple tomber Richard Darveau. Le président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction observe une anxiété s’installer chez ses membres, y compris sur la Côte-Nord.
En 18 ans, c’est la pire crise que j’ai jamais vécue, assène-t-il. Les raisons sont multiples, mais il en souligne une, particulièrement : la pénurie de main-d’œuvre.
Un économiste comme Anthony Migneault est en mesure de préciser cette idée : sur la Côte-Nord et dans le Nord-du-Québec (les deux régions sont liées entre elles par l’Institut de la statistique du Québec), les employeurs ne trouvent que 1,1 chômeur pour chaque poste à pourvoir.
Avec la collaboration de Bis Petitpas


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