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Depuis 2023 et la tendance du «chocolat de Dubaï», la pistache est devenue un produit star, au point de mettre son marché sous tension. Le conflit au Moyen-Orient n’arrange rien, étant donné que l’Iran est en le deuxième producteur mondial.
Passer la publicité Passer la publicitéL’an passé, la tendance TikTok du «chocolat de Dubaï» avait fait craindre une pénurie mondiale de pistache. C’est désormais la guerre au Moyen-Orient qui percute le fruit sec, puisque l’Iran en est le deuxième producteur de la planète. Au point que cet oléagineux très prisé voit son prix de vente s’envoler, jusqu’à atteindre son plus haut niveau depuis huit ans. L’agence de presse américaine Bloomberg rapporte que le cours de la pistache est passé de 3,80 dollars la livre il y a deux ans à 4,57 dollars la livre aujourd’hui.
«Depuis fin février, il n’y a logiquement plus tellement de sorties depuis l’Iran, et un effet de transfert vers les récoltes américaines ou turques. Cela résultera donc en une prime à la hausse sur les prix», explique Nelly Bonnet, directrice économie des filières et marchés de l’Alliance 7, qui rassemble des syndicats des métiers de l’épicerie et de la nutrition spécialisée.
Le conflit au Moyen-Orient intervient en plus dans un contexte de marché déjà tendu pour la pistache. Un fruit sec sous le feu des projecteurs depuis 2023, et une vidéo virale publiée par une influenceuse sur TikTok, visionnée 148 millions de fois, la montrant déguster une tablette de chocolat garnie de pistache dégoulinante. La tendance du «chocolat de Dubaï» - la recette aurait été inventée par une chocolaterie dubaïote - était née. Depuis, on retrouve la pistache partout, dans les chocolats, les glaces, les cafés, les cookies, faisant croître la demande, et créant une forte tension sur son approvisionnement. «La demande de fond était déjà croissante, mais cette tendance Dubaï est vraiment venue l’accélérer fortement», observe Nelly Bonnet.
Mauvaises récoltes
À la guerre au Moyen-Orient qui perturbe les chaînes d’approvisionnement, il faut y ajouter les mauvaises récoltes en Turquie cette année, passée de la deuxième à la troisième place des producteurs mondiaux - loin derrière les États-Unis, à l’origine de 65% de la production, et derrière l’Iran, qui représente 21% de la production. Et avec la fin du ramadan il y a quelques semaines, une période durant laquelle les pistaches sont consommées en quantité, de nombreux pays souhaitent reconstituer leurs stocks, appuyant encore sur la demande.
Nick Moss, analyste spécialisé dans les fruits à coque chez Expana Market, apporte quelques nuances. «Les prix affichent certes une tendance à la hausse, mais les acteurs du marché attribuent cela à la continuité des tendances passées plutôt qu’à une conséquence directe de la guerre» au Moyen-Orient, avance-t-il. Il précise que «l’impact initial a surtout concerné les flux commerciaux. Mais le Moyen-Orient étant une zone importante de production, de négoce et de consommation de pistaches, le marché continue de s’ajuster au fur et à mesure que les stocks se déplacent».
Pour les pays de l’Union européenne, il n’y a pas de changement majeur de fournisseur à prévoir, puisque le Vieux continent s’approvisionne déjà en grande majorité auprès des États-Unis pour des raisons de qualité - tandis que l’Iran fournit surtout la Chine, l’Inde et le Moyen-Orient, ainsi que des plateformes de réexportation comme la Turquie. Reste à voir si les cafés resteront longtemps parfumés à la pistache.


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