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Le gouvernement Carney va recevoir un véritable « pot de cennes noires » de la part de travailleurs saisonniers, de syndicats et de groupes communautaires, qui, appuyés par le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique, réclament une réforme de l'assurance-emploi.
Au cours d'une conférence de presse commune, mercredi à Ottawa, ils ont réclamé que l'on mette fin au phénomène du trou noir, cette période pendant laquelle les travailleurs saisonniers ne reçoivent plus de prestations d'assurance-emploi, mais n'ont pas encore recommencé à travailler, donc ne touchent pas de revenu.
Les travailleurs de l’industrie saisonnière sont les piliers des secteurs que sont le tourisme, les pêches et la foresterie. [...] Si le gouvernement refuse encore à ces travailleurs de vivre dans la dignité en éliminant une fois pour toutes ce trou noir, donc s’il persiste à les priver de plusieurs semaines de prestations entre deux saisons de travail, des travailleurs quitteront les régions, certaines entreprises mettront la clé dans la porte et nos économies locales seront fortement ébranlées, a soutenu Andréanne Larouche, porte-parole du Bloc en matière de travail et de développement social.

Fernand Thibodeau milite depuis longtemps pour des changements importants au programme d'assurance-emploi. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
À ses côtés, Fernand Thibodeau, de l'Alliance interprovinciale de l'assurance-emploi, affirme qu'il en coûterait un cent de cotisation par 100 $ de salaire pour offrir 15 semaines supplémentaires de prestations aux travailleurs touchés – d'où le pot de cennes noires que la députée bloquiste Marilène Gill compte bien aller porter à un ministre du gouvernement Carney.
La dernière réforme remonte à 1996
Ça fait 30 ans qu'on demande une réforme! Et déjà, à cette époque-là, cette réforme-là venait durcir l'accès pour les travailleurs qui avaient un travail atypique. Et, dans les 30 dernières années, ce qu'on a vu, c'est que les emplois précaires, il y en a plus qu'avant; les emplois discontinus, il y en a plus qu'avant; les emplois saisonniers, il y en a plus qu'avant. Même chose pour les emplois à temps partiel. Même chose pour le travail sur appel, a fait remarquer Olivier Carrière, secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec.
Le groupe demande donc d'allonger la durée de versement des prestations; d'atteindre un seuil de 420 heures de travail pour se qualifier aux prestations; de simplifier les mécanismes de qualification; et de rehausser le taux de remplacement du salaire, qui est de 55 %.
Travailleuse saisonnière en restauration à Tadoussac, de mai à octobre, Audrey Boulianne affirme que, pour ces travailleurs, le trou noir, ce n'est pas juste une expression. Pour nous, le trou noir, c'est un tourbillon d'angoisse, de stress, de carte de marge de crédit pleine, d'allers-retours dans les comptoirs alimentaires.
Le Québec et les Maritimes sont particulièrement touchés.
Le système est brisé; ça ne fonctionne plus. Quand il y a 60 % des chômeurs qui n'ont pas accès à des prestations de chômage, c'est parce que ça ne fonctionne pas, a tonné David Bergeron-Cyr, deuxième vice-président de la CSN.
Avec les informations de La Presse canadienne


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