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Peuplée de près de 10 millions d’habitants, Cuba n’a plus importé de pétrole depuis le 9 janvier, date de la dernière livraison par le Mexique avant que ce pays ne cesse ses envois de carburants sous la pression de la Maison-Blanche.
Un pétrolier russe sous sanctions doit arriver lundi à Cuba, défiant ainsi un blocus imposé par les États-Unis sur l'approvisionnement en carburant de l'île communiste, confrontée à de sévères pénuries d'énergie. L'Anatoly Kolodkin, qui transporte 730.000 barils de brut, se trouvait dimanche au nord d'Haïti et se dirigeait vers le port de Matanzas, dans l'ouest de Cuba, selon la société d'analyse maritime Kpler. Interrogé, Donald Trump a minimisé l’importance de l’évènement.
«Si un pays souhaite envoyer du pétrole à Cuba dès maintenant, cela ne me pose aucun problème, qu’il s’agisse de la Russie ou non», a-t-il déclaré depuis l’avion le ramenant de son week-end en Floride. «Ça n’aura aucun impact. Cuba est finie, il y a un mauvais régime, ses dirigeants sont très mauvais et corrompus, et qu’ils reçoivent ou non une cargaison de pétrole, ça n’aura aucune importance.»
Peuplé de près de 10 millions d'habitants, Cuba n'a plus importé de pétrole depuis le 9 janvier, date de la dernière livraison par le Mexique avant que ce pays ne cesse ses envois de carburants sous la pression de la Maison-Blanche. Jorge Piñón, expert du secteur énergétique cubain à l'université américaine d'Austin, au Texas, s'est déclaré surpris que les États-Unis n'aient pas tenté d'intercepter le pétrolier russe avant qu'il ne s'approche autant de Cuba. «Je pense qu'à ce stade, les chances que les États-Unis tentent de l'arrêter ont pratiquement disparu», a déclaré Jorge Piñón à l'AFP. Une fois que le navire sera entré dans les eaux cubaines, «il sera presque impossible pour le gouvernement américain de l'arrêter», a-t-il souligné.
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«Le besoin urgent aujourd’hui à Cuba, c’est le gazole»
Le Sea Horse, un pétrolier battant pavillon hongkongais qui avait précédemment été signalé comme transportant du gazole russe vers Cuba, a finalement pénétré dans les eaux vénézuéliennes, selon les données de la société Kpler. Cuba a perdu son principal allié régional et fournisseur de pétrole en janvier, lorsque les forces américaines ont capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro. Caracas était devenu le principal fournisseur de carburant de Cuba ces 25 dernières années. Les Cubains subissent des coupures d'électricité régulières pouvant durer plus de 20 heures. Le pays a subi sept coupures de courant nationales depuis le début de 2024, dont deux survenues en mars. Le président cubain Miguel Diaz-Canel a imposé diverses mesures pour économiser le carburant, dont un strict rationnement. Les prix des carburants se sont envolés, les transports publics ont été drastiquement réduits et certaines compagnies aériennes ont suspendu leurs vols à destination de Cuba.
Le 19 mars, le gouvernement américain, qui a récemment assoupli ses sanctions contre le pétrole russe, avait précisé que ces hydrocarbures ne pouvaient toujours pas être livrés à Cuba, ni à la Corée du Nord. Le 20 mars, le Kremlin avait affirmé discuter avec Cuba, pays allié de Moscou, des moyens d'aider l'île, se refusant néanmoins à commenter des informations sur une livraison secrète de gazole d'origine russe. Moscou et La Havane, qui collaborent étroitement depuis la période soviétique, ont renforcé leurs liens depuis que la Russie a lancé son offensive à grande échelle contre l'Ukraine en 2022. Une fois la cargaison de l'Anatoly Kolodkin arrivée à Cuba, il faudra entre 15 et 20 jours pour traiter le pétrole, puis encore 5 à 10 jours pour distribuer ses produits raffinés, a indiqué l'expert.
«Le besoin urgent aujourd'hui à Cuba, c'est le gazole», a déclaré cet ancien cadre du secteur pétrolier. La cargaison russe pourrait être transformée en 250.000 barils de gazole, une quantité suffisante pour couvrir la demande du pays pendant environ 12,5 jours, selon l'expert. Le gouvernement devra ensuite décider s'il destine ce carburant aux groupes électrogènes de secours ou aux autobus, tracteurs et trains nécessaires pour maintenir l'économie en marche pendant deux semaines. L'Anatoly Kolodkin, qui fait l'objet de sanctions américaines, avait chargé du pétrole dans le port russe de Primorsk le 8 mars. Il avait été escorté par un navire de la Marine russe à travers la Manche. Les deux bâtiments se sont toutefois séparés une fois que le pétrolier est entré dans l'océan Atlantique, selon la marine britannique.


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