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Le Comité permanent des pêches et des Océans tiendra une étude parlementaire sur la réouverture de nouveaux secteurs pour la pêche aux coques dans la baie des Chaleurs.
Le député de Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine—Listuguj Alexis Deschênes a convaincu le comité de se pencher sur le dossier de l’accès aux bancs coquilliers de la baie des Chaleurs.
Il était temps!, commente Sylvain Roy, maire d’Escuminac. L’ancien député de Bonaventure milite depuis longtemps pour le retour de la pêche récréative sur les bancs coquilliers de la baie.
La pêche aux coques (mye commune) est une activité inscrite au patrimoine immatériel du Québec. Elle se pratique surtout au printemps à marée basse ou descendante sur les plages et les bancs du secteur Saint-Omer-Miguasha.
Pour M. Roy, il s’agit d’une forme d’iniquité entre le Nouveau-Brunswick et le Québec. Il en veut pour preuve le nombre important de sites de pêche accessibles pour la communauté comparativement au Québec.
Et ce, souligne le maire d’Escuminac, même si certains sites sont situés près de villes où des déversements pourraient contaminer le banc coquillier. Avant d’y autoriser la pêche, le ministère effectue des prélèvements pour déterminer une éventuelle toxicité.
Au Québec, dans la baie des Chaleurs, longtemps, le ministère a estimé que les coques y étaient impropres à la consommation, sauf que la surveillance du ministère y est nettement moins assidue, selon l’ancien député. Il a même commandé une étude à Merinov sur le sujet, lorsqu’il était député.

Le site de pêche aux coques de Miguasha est un des derniers secteurs de la Gaspésie où il est possible de pratiquer cette activité. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Selon cette évaluation du potentiel coquillier entre la baie d'Escuminac et Pointe-à-la-Garde, l’eau est d’excellente qualité et le taux de toxine sans danger pour une consommation humaine.
C’est venu, pour lui, faire la démonstration que l’interdiction de pêche dans la baie des Chaleurs était attribuable, non pas, à la contamination, mais au manque de ressources financières pour effectuer la surveillance et les prélèvements.
Sylvain Roy dit avoir transmis les résultats de cette étude au député fédéral Alexis Deschênes. Venir nous dire que c'est toxique, le fédéral ne peut plus dire ça, juge le maire d’Escuminac.
On nous l'a enlevé parce qu'on ne voulait pas mettre l'argent pour faire les analyses.
Pourtant, ils l'avaient au Nouveau-Brunswick, mais ils ne l'avaient pas pour nous, donc c’est une discrimination de Pêches et Océans par rapport à l’accès à notre patrimoine faunique, commente Sylvain Roy.
« Ce n’est pas juste philosophique »
Au-delà de l’aspect récréatif, familial et alimentaire, l'ex-député y voit une question de souveraineté territoriale.
Se faire interdire l'accès à notre territoire pour aller faire une cueillette quelconque, ça enrage les gens.
Le maire rapporte que plusieurs résidents de la baie des Chaleurs n’ont jamais compris ni accepté cette interdiction.
Pour Sylvain Roy, plusieurs solutions existent, dont la création d’un permis de pêche par le ministère, dont la vente pourrait financer la surveillance des bancs coquilliers. D'après lui, Ottawa pourrait aussi céder la gestion de la pêche aux coques au Québec.


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