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La Russie explique avoir ouvert le feu « préventivement » après avoir alerté le yacht battant pavillon britannique. Le Royaume-Uni enquête sur l’incident.

AFP PHOTO / SATELLITE IMAGE ©2024 MAXAR TECHNOLOGIES
Des coups de semonce ont été tirés par la frégate russe Amiral Grigorovitch sur un yacht battant pavillon britannique dans la Manche, ce mardi 16 juin.
Un acte d’intimidation qui interroge. Un navire de guerre russe a tiré, ce mardi 16 juin, dans la Manche des coups de semonce sur un yacht navigant sous pavillon britannique, après que les deux navires se soient rapprochés, a rapporté l’AFP et la presse britannique.
• Que s’est-il passé ?
L’incident a impliqué la frégate russe Amiral Grigorovitch et un yacht immatriculé au Royaume‑Uni à environ 20 milles nautiques (soit environ 40 kilomètres) au sud de l’île de Wight, juste en dehors des eaux territoriales britanniques, a indiqué une source proche de la Défense britannique à l’AFP. Selon le ministère russe de la Défense, l’incident est survenu, ce mardi 16 juin, « à 12 h 45 » avec le yacht « Bright Future ».
Pour sa part, la source proche de la Défense britannique a précisé que le navire de guerre russe, qui était surveillé par un patrouilleur de la marine britannique au moment de l’incident, se situait à environ 450 mètres du yacht.
Aucun blessé ni dommage n’ont été constatés après une visite de contrôle d’un autre bateau militaire, le HMS Tyne, a ajouté la même source. La BBC rapporte qu’un couple de sexagénaires se trouvait notamment à bord du yacht au moment des faits et que celui-ci aurait dérivé dans des conditions de brouillard.
• Le Royaume-Uni a ouvert une enquête
« Nous enquêtons sur des informations faisant état d’un incident dans la Manche », a indiqué, dans un communiqué, un porte-parole du ministère britannique de la Défense, peu après la survenue des coups de semonce. Le ministère de la défense britannique n’a pas davantage commenté publiquement l’incident.
Selon la source proche de la Défense britannique, il s’agit d’un incident isolé, sans lien avec l’interception, dimanche dernier, par des commandos britanniques d’un pétrolier soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe dans la même zone de la Manche.
• La Russie défend des coups de semonce préventifs
Le ministère russe de la Défense a fait savoir en fin de journée que l’incident s’était produit car le yacht s’approchait « dangereusement » de la frégate. Selon ce dernier, « pour attirer l’attention de l’équipage du yacht, des fusées éclairantes et des signaux sonores ont été lancés. Malgré ces mesures, le navire a continué de s’approcher dangereusement. Quand la distance (entre les deux navires, ndlr) est passée en dessous de 150 mètres, le commandant de la frégate a décidé d’ouvrir le feu préventivement sur le navire avec des armes de petit calibre ».
« Le yacht (...) a alors changé immédiatement de cap et s’est éloigné du navire de guerre russe », a poursuivi le ministère russe.
• Un incident en plein sommet d’Evian
L’incident coïncide avec le sommet à Evian des dirigeants du G7, qui ont convenu, ce mardi 16 juin, d’intensifier la pression sur la Russie pour mettre fin à plus de quatre années de guerre en Ukraine.
Le Telegraph avait aussi rapporté en mai que l’Amiral Grigorovitch patrouillait au large des côtes britanniques depuis près de deux mois, escortant des pétroliers appartenant à la flotte fantôme russe — utilisée pour contourner les sanctions — dans la Manche.
La marine britannique avait auparavant indiqué avoir déployé plusieurs patrouilleurs pour surveiller le navire, affirmant qu’ il n’y avait « pas un seul jour » en avril où la frégate n’était pas « étroitement surveillée ». Selon elle, l’Amiral Grigorovitch escortait des navires battant pavillon russe « vers et depuis l’Atlantique, la Méditerranée et la Baltique ».
Les forces britanniques ont intercepté dimanche, avec la collaboration de la France, le pétrolier de la flotte fantôme russe Smyrtos dans la Manche, la « première opération de ce type » après que Londres a autorisé en mars l’arraisonnement de ces navires par ses forces armées.


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