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«Un moment de magie» : dans les pas des commentateurs de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Milano-Cortina

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REPORTAGE - Au cœur de la cité italienne, les spécialistes qui feront vivre l’événement ce vendredi 6 février sur France 2 se préparent activement. Nous avons pu suivre quelques-uns d’entre eux.

Penché sur ses fiches éparpillées devant lui, Alexandre Boyon rajoute des traits colorés de Stabilo à ses notes. En ce jeudi 5 février, l’agitation de la rédaction des sports de France Télévisions, fraîchement installée dans le centre média de Milan, ne semble pas entacher sa concentration.

Il faut dire qu’il ne lui reste à peine plus de 24 heures avant de commenter la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Milano-Cortina  aux côtés de Matthieu Lartot, chef d’orchestre de la soirée, de l’ancienne championne de danse sur glace Nathalie Péchalat et enfin de Raphaële Schapira, correspondante du service public à Rome. Un quatuor inédit qui n’a qu’une ambition : faire vivre au mieux ce moment unique et marquant diffusé dans le monde entier ce vendredi 6 février à partir de 20 heures depuis le stade mythique de San Siro.

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Afin d’animer comme il se doit ces trois heures de direct, Alexandre Boyon a sa botte secrète. « C’est un privilège de commenter la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques donc, la moindre des choses est de travailler, c’est le secret. Si j’arrive préparé, je ne ressens pas le stress. C’est un plaisir, une excitation mais surtout une envie de bien faire. Cela représente beaucoup de boulot en amont, je me prépare sur les pays, les noms des porte-drapeaux ou des anecdotes jusqu’au dernier moment. Je me remets à niveau parce que c’est aussi une photographie très rapide de la géopolitique actuelle », précise-t-il.

Une passion de longue date

Lunettes sur le nez, il écume les 92 fiches des pays participants, qu’il a préparées, agrafées et annotées. Rien ne lui échappe. Ni la première participation du Nigeria lors de ces Jeux d’hiver avec un skieur de fond né à Paris, ni les records de la Norvège, plus grande nation en matière de médailles avec plus de 400 breloques dont 148 d’or. Encore moins l’histoire de Sara Schleper, une skieuse américaine qui va participer à la septième olympiade. Porte-drapeau du Mexique (après avoir participé sous la bannière des États-Unis), la championne qui fêtera bientôt ses 47 ans, va concourir avec son fils. Une première dans l’histoire des Jeux.

Il faut dire que le journaliste commente les cérémonies d’ouverture et de clôture depuis plus de 25 ans, sa première prestation dans ce domaine remontant aux JO de Sydney en 2000. Une passion née quelques décennies auparavant lorsqu’il était enfant. « J’ai eu un coup de foudre pour l’exercice en 1984. J’avais enregistré la cérémonie et je l’avais regardée trois fois, se souvient-il. Je trouve que c’est un moment magique car il permet de lier la culture et le sport qui sont des passeurs d’émotion et des domaines où on peut réunir des gens de pays, de culture et d’orientation différents. Cela m’a toujours passionné », précise-t-il.

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Mercredi 4 février, le reporter a assisté aux répétitions de la cérémonie d’ouverture avec Raphaële Schapira et Nathalie Péchalat dans les tribunes de San Siro. L’ancienne championne de danse sur glace et ex-présidente de la Fédération Française des Sports de Glace avait été particulièrement marquée par l’ouverture de Paris 2024 et ne savait pas trop à quoi s’attendre. « Je me suis laissée embarquer assez facilement parce que l’art et la culture italienne nous parlent beaucoup comme le cinéma, la Scala, Puccini, Verdi... C’est l’axe qu’ils ont choisi, nous raconte-t-elle depuis la salle de rédaction. Il y a également une sorte de comédie musicale un peu régressive mais aussi de l’humour, du second degré ainsi que de l’émotion et de la nostalgie. C’est vraiment haut en couleur. J’ai bien aimé ».

Deux flammes olympiques

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De nombreuses personnalités viendront chanter lors de ce rendez-vous centré sur le thème de la «Fantasia Italiana». Certaines s’avèrent transalpines, à l’instar d’Andrea Boccelli ou Laura Pausini mais pas seulement puisque Mariah Carey sera également présente tout comme le pianiste chinois Lang Lang et la cantatrice française Cecilia Bartoli.

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Pour la première fois, il n’y aura pas une, mais deux flammes olympiques allumées au même moment, sur les deux sites de ces Jeux : à la Porte du Simplon à Milan et sur la Piazza Dibona de Cortina. Les Jeux de Milano-Cortina se déroulant dans quatre régions différentes et dans des lieux très éloignés les uns des autres, le défilé des athlètes se fera à Milan mais aussi dans les stations où se tiennent les compétitions de ces derniers. « Cela va être sympa pour les téléspectateurs parce que l’on va passer du Stade de San Siro à de petits villages de montagne avec des chalets très mignons. Ça marche très bien », poursuit Nathalie Péchalat qui commentera sa deuxième cérémonie d’ouverture après celle de Paris 2024 (sur Eurosport).

« La nuit va être courte »

Nathalie Péchalat

« C’est un honneur !, s’enthousiasme-t-elle. Je serai très bien entourée. Je vais essayer d’apporter quelque chose du point de vue du sport mais aussi des athlètes. Alexandre Boyon m’a dit de travailler notamment sur les membres de la délégation française et sur les porte-drapeaux. La nuit va être courte ! Le reste du temps, c’est du spectacle et il faut laisser les gens découvrir. »

Une ultime réunion

Un avis largement partagé par son comparse. « La règle de base c’est que les tableaux artistiques se suffisent à eux-mêmes. Il faut juste trouver des petits lancements, des transitions pour ne pas que cela soit figé. De temps en temps on peut donner un peu d’humeur et d’humour mais il faut rester soft, c’est un produit de prestige. Cela représente un vrai moment de direct où tous les pays sont concernés. Pendant trois heures, c’est le centre du monde », précise Alexandre Boyon.

Ce vendredi 6 février, les quatre commentateurs se retrouveront en amont du direct pour une ultime réunion afin de parler les derniers ajustements. L’occasion pour Matthieu Lartot de se mettre dans le bain, quelques heures seulement après avoir commenté le match d’ouverture du Tournoi des VI Nations remporté par la France (36-14) au Stade de France. 
Le journaliste, qui animera ensuite la tranche matinale quotidienne tout au long de la compétition, a l’avantage d’avoir déjà commenté les cérémonies d’ouverture et de clôture de Paris 2024 avec Alexandre Boyon. « Il connaît bien le direct. On a tous la culture du rythme, je pense. On va s’écouter, éviter d’être redondants, essayer d’être agréables et que ce soit fluide », conclut ce dernier avant de remettre le nez dans ses fiches.

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