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Le jury présidé par Clémentine Célarié a rendu son verdict samedi soir dans une folle ambiance de karaoké grâce à la déjantée maîtresse de cérémonie Antonia de Rendinger. Avec beaucoup d’émotion la clé.
Maillot rose fluo, chevauchant une licorne gonflable géante portée par le public, Antonia de Rendinger, maîtresse de cérémonie du Festival de La fiction de la Rochelle a encore une fois réussi son entrée ! Après avoir égrené les noms de toutes les œuvres en compétition dans une longue tirade improvisée, une autre de ses délicieuses trouvailles, elle a cédé la place à Sophie Révil, présidente de la manifestation, qui a tenu à alerter une nouvelle fois sur les difficultés du métier, rappelant la prise de parole de l’USPA , Union syndicale de la production audiovisuelle : «La fiction française au bord du gouffre». «Sans point d’interrogation», a-t-elle tenu à souligner.
Mais l’heure devait rester à la fête. Et le jury, présidé par Clémentine Célarié a rendu son verdict. Trois fictions ont remporté une grande majorité des suffrages. Notamment Un jour on fera l’amour (Arte), meilleure série - comédie et meilleurs espoirs Adami. Une belle promesse qui cache une drôle de comédie romantique. Jérôme Bonnell (Les Hautes herbes, À la joie ) a voulu dresser le portrait d’une femme en colère, découvrir ce qui se cachait derrière ses blessures. Il a pris, comme à son habitude, des chemins de traverse, orchestrant la rencontre de deux jeunes gens, Aurore et Noé (Natacha Krief et Édouard Sulpice), n’ayant rien en commun. Une série qui évoque en filigrane l’alcoolisme, les violences sexuelles sur les enfants.
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Clémentine Célarié leur a rendu un hommage bouleversant, à la hauteur de l’œuvre, racontant avoir dû devoir traverser la France pour se rendre au chevet de sa mère malade durant le festival et avoir visionné la série en chemin. «Tout cela pour vous dire qu’à un moment donné une œuvre peut non seulement vous faire changer de vie mais aussi transformer un état. J’étais triste. Cette série m’a permis de pleurer mais pas pour ma maman, qui est heureusement encore là, mais pleurer des larmes de bonheur face à tellement de beauté. C’est un film sur notre humanité la plus intime, sur notre chaos.» Avant de poursuivre, à propos des deux comédiens : «Quelle générosité, quelle liberté, une vieille âme, une âme pure, belle, qui se donne absolument. Ces deux jeunes espoirs nous ont donné un coup de poignard. Comme quand vous êtes devant un Caravage. Nous leur faisons une déclaration d’amour. Et ils m’ont tellement appris qu’en tant que présidente, je leur demande : la prochaine fois que vous tournez un film, imposez-moi au casting !»
Trois récompenses aussi pour Au sein des autres (France Télévisions) : Meilleure réalisation pour Vania Leturcq, prix de la presse étrangère Unifrance et meilleure interprétation féminine pour Sofia Essaïdi. La rencontre d’une avocate quadra et d’un trentenaire désinvolte, atteints d’un cancer du sein, dans la salle de chimio d’un hôpital de Lille... Extrêmement émue, la comédienne a déclaré, sur scène : «J’ai perdu la personne que j’aimais le plus au monde d’un cancer et j’ai eu besoin d’en parler dans une fiction. Je dédie ce prix à toutes les femmes qui luttent pour un peu de dignité, un peu de lumière sur ce chemin sombre qu’est la maladie. Et celles qui ont bien voulu me parler pour me permettre de comprendre ce que l’on vit dans ces moments-là…»
Deux récompenses, enfin, pour Impossible (Arte) : Prix Stéphane Strano du meilleur scénario pour Emmanuel Finkiel et meilleur unitaire drama-suspense. Son adaptation de l’ouvrage d’Erri de Luca, la confrontation d’un juge d’instruction et d’un homme soupçonné de meurtre et placé en garde à vue après la mort accidentelle d’un autre en montagne (Swann Arlaud et Fabrizio Bentivoglio), est une œuvre forte et exigeante, qui raconte la justice, la liberté, le combat politique, la trahison, l’amour avec une dimension quasi philosophique. «On m’a beaucoup parlé de cinéma à propos de ce film, a confié Nicole Collet, sa productrice. Non c’est juste de la grande télévision !»
Ça va bien se passer (France Télévisions) avec Mathieu Madénian dans le rôle d’un assistant social surmené, a reçu le prix du meilleur unitaire - comédie ; Les Disparus des Argonnes (France Télévisions), retraçant l’affaire des disparus de Mourmelon, avec Alix Poisson, celui de la meilleure série drama-suspense ; Théo Augier celle de la meilleure interprétation masculine pour On aboie en silence (France Télévisions), œuvre sur la santé mentale. Meilleure série plus de 20’ francophone internationale, prix ex æquo pour Clash (Canal + Afrique), série ivoirienne dans l’univers de la musique, et Placée, série suisse avec Isabelle Carré, sur les enfants placés (sans diffuseur). Le Prix des Collégiens de Charente-Maritime a été remis à P*tain de soirée de Roman Doduik…


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