NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Les chercheurs de l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli veulent augmenter la participation des pêcheurs à un programme d'étiquetage du crabe des neiges afin d’affiner leurs outils d’évaluation.
Dans un contexte où les chercheurs veulent mieux comprendre les changements de l’écosystème du Saint-Laurent sur la faune marine, le programme aurait besoin d’un nouvel envol pour être vraiment efficace.

La pose d'étiquette se fait par les pêcheurs lors des relevés scientifiques.
Photo : Gracieuseté : Pêches et Océans Canada
Depuis sept ans, lors des relevés scientifiques, les pêcheurs installent un fil de plastique rouge où s’accroche une étiquette entre les pattes d'un crabe adulte bien mesuré, pesé et prêt à remettre à l'eau.
Les pêcheurs du Québec ont ainsi étiqueté 10 712 crabes des neiges dans les 9 zones de pêche du Saint-Laurent, soit les zones 12a jusqu’à 17.
Les crustacés étiquetés sont ceux qui ont déjà effectué leur mue terminale. L’étiquette devrait normalement demeurer en place durant toute la durée de vie du crabe adulte. L’étiquette et son fil rouge ne devraient pas nuire au comportement normal du crabe.
Les crabes regagnent donc le fond marin avec un numéro sur le dos de la carapace.
Une collaboration essentielle
La participation des pêcheurs est cruciale pour le bon fonctionnement du programme, souligne Sarah Loboda, biologiste en évaluation des stocks pour le crabe des neiges.
Elle note d'ailleurs que cette collaboration est excellente lors de l’étiquetage. On a de plus en plus de crabes marqués dans le nord du golfe et en Gaspésie aussi, indique Sarah Loboda.

Sarah Loboda, biologiste à l'évaluation des stocks de crabe des neiges
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
Le marquage se passe pendant le relevé scientifique, après la saison de pêche.
La procédure choisie ne prend que quelques secondes. Il s’agit d’une manipulation simple et rapide. On veut que le crabe survive quand on le remet à l'eau une fois étiqueté, donc on ne veut pas qu'il reste trop longtemps non plus sur le bateau, résume la biologiste du MPO.
Lors de la capture, les flottilles sont invitées à signaler tous les crabes étiquetés repêchés. Les crabiers doivent prendre une photo et l’envoyer aux responsables du programme avec la date et les coordonnées du lieu de pêche.
Le numéro peut alors être utilisé par les chercheurs.

Les pêcheurs photographient les crabes repêchés étiquetés et envoient un courriel aux chercheurs avec la date et le lieu de la pêche.
Photo : Gracieuseté : Pêches et Océans Canada
Une des premières conditions de validation est le taux de retour des crabes étiquetés. Les biologistes doivent s’assurer que l’étiquette n’a pas d’influence sur la capturabilité des bêtes marquées.
Pour le moment, les biologistes sont toujours à vérifier si le programme remplit toutes les conditions pour répondre à ce type de questions scientifiques.
Pour ce faire, ils souhaitent inciter les pêcheurs à mieux signaler les prises des crabes étiquetés.
Un taux de déclarations en baisse
Pour que les analyses soient fiables, les chercheurs auraient besoin d’un taux de déclaration de prises étiquetées de 10 %. Ça nous permettrait d’avoir des résultats plus précis, souligne Angélique Ollier, biologiste dans le programme de capture-marquage-recapture du crabe.
On avait ce taux-là, la première, la deuxième année du programme, précise Sarah Loboda. L'étiquetage s'est intensifié et la moyenne a depuis redescendu pour se situer en 2024 à un peu moins de 5 %.

Le marquage (deuxième ligne) augmente, mais les taux de capture (dernière ligne) restent en bas de 10 %, soit la cible des chercheurs.
Photo : Gracieuseté : Pêches et Océans Canada
Comme les prises de crabes étiquetés se font surtout durant la pêche commerciale, une période où les crabiers sont très occupés, la cueillette des données et leur envoi aux chercheurs pourraient, entre autres, être facilités.
Le programme n’a peut-être pas été assez médiatisé. Il n’est peut-être pas assez connu. On va aussi essayer d'optimiser notre rapidité de réponse quand ils nous envoient des informations par rapport aux étiquettes, énumère Angélique Ollier.

Les crabes sont étiquetés lors du relevé scientifique qui a lieu quelques semaines après la fin de la saison de pêche.
Photo : Gracieuseté : Pêches et Océans Canada
Premiers résultats
Sarah Loboda rappelle que le programme nécessitait un déploiement de plusieurs années afin de jauger la pertinence du format actuel ainsi que sa capacité à répondre adéquatement aux questions des scientifiques. Si ce n'est pas le cas, est-ce qu'on a des façons d'améliorer le programme qui pourraient répondre à nos questions? , questionne-t-elle.
Le programme a fait l’objet de discussions cette année lors d’un comité de liaison avec l’ensemble de l’industrie. Des premières analyses de données y ont été présentées.
Les chercheurs travaillent actuellement à sélectionner une grille d’analyse sur les taux de survie du crabe des neiges. Une meilleure réception des données pourrait aider à en apprendre davantage.
Les données permettraient aussi de mieux entrevoir le déplacement du crabe des neiges entre les différentes zones de pêche de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent. Les données préliminaires laissent croire que le crabe se déplace très peu entre les zones.

Angélique Ollier, biologiste sur le programme de Capture-marquage-recapture du crabe
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
Les scientifiques ont pu repérer des crabes qui ont été repêchés plusieurs fois sur trois années différentes et qui ont très peu bougé, entre 1 km et 15 km, entre chaque prise. Ça permet au moins de montrer que la gestion qui est faite zone par zone est bien et qu’il n’y a pas de gros déplacements entre les zones qui pourraient montrer des changements sur la manière de gérer la ressource, commente Angélique Ollier.
D'autres possibilités
Sarah Loboda compare le programme au baguage des oiseaux ou des orignaux. Ces programmes, explique la biologiste, permettent d’évaluer la taille d’une population, le taux de survie et les migrations entre différentes zones. C'est vraiment à l'avantage des pêcheurs de nous donner ces données-là, parce qu'en fait, ça pourrait servir à la gestion des stocks et à mieux comprendre ce qui se passe.

Un crabe des neiges (Chionoecetes tanneri) à 1250 mètres sous la surface de l'océan. (Photo d'archives)
Photo : Fournie par Ocean Networks Canada/Université de Victoria
Le programme pourrait par exemple faire des corrélations entre le taux de survie, des vagues de chaleur, le taux de salinité ou d’acidité. Comme c’est un programme à grande échelle, on peut comparer entre les secteurs, il y a vraiment beaucoup de potentiel, fait valoir la responsable de l’évaluation des stocks.
Les scientifiques qui prennent part à la recherche se donnent jusqu'au mois de mars pour évaluer une première partie du programme.


5 month_ago
63


























.jpg)






French (CA)