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La ratification d’une première convention collective pour les employés d’un centre de distribution de Walmart à Mississauga, en Ontario, ravive de douloureux souvenirs pour l’ex-représentant régional de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Jean-Marc Crevier.
En 2005, la succursale de Jonquière fermait ses portes dans la foulée de la syndicalisation des employés.
En entrevue à l’émission C’est jamais pareil, Jean-Marc Crevier a indiqué qu’il s’attendait à ce qu’un magasin Walmart réussisse enfin à se syndiquer, mais qu’il ne s’attendait pas à ce que 21 ans s’écoulent après la fermeture de celui de Jonquière.
En Ontario, le processus de négociation pour la signature d’une convention collective a duré deux ans et le contrat de travail est pour une période de deux ans. Selon Jean-Marc Crevier, c’est beaucoup trop court.
Prendre autant de temps pour faire un contrat à partir du moment où tu as fini de négocier, ton contrat de deux ans est quasiment terminé. Et tu vois aussi que l’entreprise a peur. Je prenais juste le commentaire de la porte-parole du magasin qui dit qu’avec les conditions, avec les salaires que les travailleurs vont obtenir, c’est l’équivalent de ce qui se paye dans les autres magasins avec le travail équivalent. Ça veut dire qu’au départ, ils ne respectaient pas la rémunération de leurs entrepôts. Ils ont peur que ça s’étende, dit Jean-Marc Crevier.

L’ex-représentant régional de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Jean-Marc Crevier (Archives)
Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette
Les 850 employés de Mississauga nouvellement syndiqués vont créer un précédent, selon l’ex-syndicaliste.
Jean-Marc Crevier estime que Walmart a tenté de faire croire à la population que la fermeture du magasin de Jonquière était provoquée par le fait que la succursale n’était pas rentable, un an après la syndicalisation des employés.
En 2005, les gens ont réussi. Ils se sont syndiqués. Le magasin a fermé après , rappelle celui qui a également été conseiller municipal à Saguenay.
Il explique que trois employés étaient venus le voir à l’époque, manifestant leur désir d’adhérer à un syndicat. Il leur a alors demandé pourquoi ils souhaitaient entreprendre la démarche.

Le Walmart de Jonquière a fermé ses portes en 2005. L'édifice est longtemps demeuré inoccupé. (Archives)
Photo : Radio-Canada
Ils m’ont dit que c’était pour le respect. Ce n’était même pas une question de salaire, c’était pour le respect. Les gens disaient que l’ancienneté n’était pas respectée, que les horaires n’étaient pas respectés. Il y avait un paquet de choses vécues tous les jours qui n’étaient pas respectées. Il y avait des personnes qui venaient juste d’entrer et qui avaient de meilleurs postes sur le plancher […]. Les gens ont dit : "Assez c’est assez", se remémore Jean-Marc Crevier.
Il se rappelle péniblement d’avoir été blâmé pour la fermeture du magasin. Cette perception persiste d’ailleurs encore aujourd’hui.
Régulièrement, il va y avoir une personne qui va me dire : "C’est toi qui a fermé le Walmart à Jonquière", confie-t-il. Jean-Marc Crevier doit donc régulièrement rappeler que c’est l’entreprise qui a fermé le magasin sous prétexte qu’il n’était pas rentable. Après un premier échec devant la Cour suprême, les anciens employés avaient obtenu un dédommagement.


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