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Accusations de viol collectif sur une adolescente à Matane, tentative de meurtre contre une femme à Paspébiac, plaidoyer de culpabilité d’agression sexuelle d'un ex-conseiller municipal de Chandler, Bruno-Pierre Godbout, et féminicides : les violences envers les femmes ont fait les manchettes dans la région et ailleurs au Québec depuis le début de l’année.
Des organismes d’aide aux femmes victimes de violence dénoncent cette situation et mentionnent que des ressources sont disponibles pour les personnes qui en ont besoin.
C’est sûr que ces histoires sont vraiment très violentes, mais en général, on vit ça tous les jours dans notre organisme, déplore Annick Bouchard-Beaulieu, directrice du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) La Bôme-Gaspésie.

Annick Bouchard-Beaulieu est directrice de l'organisme CALACS La Bôme-Gaspésie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
Selon elle, ces actes sont souvent passés sous silence, car il existe encore un tabou lié à la violence envers les femmes. Je pense qu’il est là, le problème. Les gens ne regardent pas. Ils se disent : "Comme ce n’est pas chez nous, je ne m’en mêle pas."
Comment reconnaître la violence?
De récents féminicides soulèvent la question de la prévention.
Selon Aline Clavet, directrice générale de la maison d’hébergement L’Aid’Elle, à Gaspé, il peut également être difficile pour les proches et les victimes elles-mêmes de reconnaître des actes de violence.
Ça peut être difficile de détecter cette violence-là. Lorsque la femme commence à s'isoler, n’a plus de contacts avec sa famille, qu’elle est souvent absente au travail, lorsqu’elle développe des problèmes de santé mentale, de grandes dépressions, c’est là qu’il faut s’inquiéter pour elle, explique Mme Clavet.
Afin de repérer une situation de violence, il est notamment important d’observer la relation de pouvoir et de contrôle qui peut se développer dans une relation, souligne cette intervenante en violence conjugale.
Selon Sophie Duguay, directrice de la maison d’aide et d’hébergement L'Émergence à Maria, la violence conjugale commence à apparaître dès qu’on n'est plus dans une relation égalitaire. Si monsieur peut aller prendre une bière avec ses amis mais pas madame, par exemple. Dès qu’il y a du contrôle.

Sophie Duguay travaille pour la maison d’aide et d’hébergement L’Émergence depuis près de 30 ans.
Photo : Nancy Gough
Sensibiliser pour éviter le drame
Annick Bouchard-Beaulieu mentionne cependant que la meilleure façon d’empêcher des actes de violences envers les femmes passe avant tout par la sensibilisation dès le plus jeune âge.
C'est ce que fait le CALACS, explique Mme Bouchard-Beaulieu. On prend les jeunes pour leur enseigner ce qui est tabou. On va dans toutes les écoles secondaires pour parler autant d'agressions sexuelles que de sexualité saine, ce qui manque beaucoup en éducation.
La directrice du CALACS mentionne également que la montée du masculinisme sur les réseaux sociaux rend d’autant plus pertinents les efforts de sensibilisation dans les écoles.
On se bat contre ça. C’est notre lutte de revendiquer le droit de la femme à choisir et à décider ce qu’elle fait de son corps.
Grâce à ces formations, le CALACS estime que les jeunes sont mieux outillés pour reconnaître et lutter contre la violence faite aux femmes.
Plus de policiers mieux formés
Selon Aline Clavet, directrice générale de la maison d’hébergement L'Aid’Elle, des formations spécifiques auprès des policiers permettraient d’améliorer les interventions auprès des victimes.
Ça va aider à détecter les signes plus rapidement et à offrir une meilleure lecture du danger en cas de violence conjugale. Souvent, les femmes vont appeler les policiers pour dénoncer, mais [il y a] parfois un manque d’information des policiers pour intervenir, soutient-elle.
Le CALACS La Bôme-Gaspésie et les maisons d’hébergement offrent également de nombreuses ressources pour aider les victimes.
Chaque accompagnement est différent. On s’assoit avec la victime, on regarde les besoins qui sont criants pour commencer et on adapte nos interventions au fur et à mesure que la victime se dévoile à nous, explique Annick Bouchard-Beaulieu.
Une ligne téléphonique d’aide contre la violence conjugale est également en fonction en tout temps au +1 800 363-9010.
Avec les informations de Bruno Lelièvre


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