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Malgré les tensions sur les hydrocarbures, les compagnies aériennes vont pouvoir assurer leurs vols cet été. Toutefois des hausses des prix des billets sont à prévoir.
Passer la publicité Passer la publicitéL’été sera moins chaud que prévu. Non pas que la météo s’annonce mauvaise, mais les risques d’un manque carburant pour les avions s’éloignent. «Il n’y aura pas de pénuries pendant la période estivale», a rassuré Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français et francophones associés, au micro de RMC, ce jeudi matin. Un soulagement pour les compagnies et les vacanciers alors que le blocage du détroit d’Ormuz faisait craindre pour l’approvisionnement en kérosène.
Toutefois le secteur du transport aérien craint «un contrecoup en automne» et demande la suppression du triplement de la taxe sur les billets d’avion, a interpellé Thomas Juin. «On passera l’été, mais le secteur ne sortira pas indemne de cette crise énergétique qui s’annonce structurelle», a-t-il déclaré «Tout le secteur sortira très fragilisé. Ce qui est à craindre, c’est qu’on subisse le contrecoup à l’automne», a-t-il ajouté.
Le secteur a en tête l’exemple de 2025 avec «une deuxième vague de suppression de lignes» à l’automne «suite au triplement de la taxe sur les billets d’avion». «On a eu pratiquement un million de sièges supprimés sur nos aéroports français en faisant cette taxe», a-t-il estimé. «On s’achemine vers une situation où on va subir une situation de crise où les compagnies aériennes ont été fragilisées et donc vont être amenées à faire des arbitrages assez sévères sur les aéroports français», a-t-il poursuivi. Lors d’une réunion la veille avec le gouvernement, les acteurs de l’aérien ont demandé d’«effacer le triplement de la TSBA», taxe sur les billets d’avion, a-t-il souligné en ajoutant que pour le gouvernement ce n’était «pas le moment d’aborder ce sujet».
Si la panne sèche s’éloigne, la situation reste tendue et cela se ressent sur les prix. Ces derniers mois, les compagnies ont largement revu le coût des billets. Et la tendance pourrait se poursuivre. «Le kérosène représentait un quart du prix du billet, aujourd’hui ça peut aller jusqu’à 40%», justifie Thomas Juin. Pas de quoi massivement détourner les Français de l’avion puisque «les réservations sont bonnes», a-t-il ajouté.
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Hausse des prix
Le ton n’est plus le même que lors des semaines précédentes, lorsque le patron de TotalEnergies pointait le risque de pénuries «d’ici deux ou trois mois». Pour faire redescendre la pression, le gouvernement avait ainsi réuni différents acteurs économiques avec les énergéticiens à Bercy ce mercredi 6 avril. Un succès semble-t-il. « Les approvisionnements sont plus diversifiés depuis le blocage d’Ormuz», a détaillé Thomas Juin. Ces dernières semaines, les importations en provenance des États-Unis ou de l’Afrique de l’ouest sont ainsi montées en puissance. Résultat : «tout le secteur se projette vers un été sans pénurie», s’est-il réjoui.
Si le pire est évité, des irritants restent bien présents, à commencer par la flambée du prix du kérosène. Un surcoût payé in fine par le client final et qui pourrait continuer à grimper. De quoi inciter à rapidement acheter son billet pour s’en protéger ? Cette solution n’est même plus une garantie à 100%. Ces derniers jours, l’espagnol Volotea a ainsi imposé un complément aux clients déjà détenteur de leur place. La légalité de la mesure est en cours de vérification. «Je n’ai pas la réponse», a admis Thomas Juin. Il n’exclut pas que l’idée puisse faire des émules : «cela va dépendre de la vérification de l’administration », selon lui.
À la place, d’autres noms du secteur pourraient plutôt faire le choix de supprimer des vols, si ceux-ci ne sont pas assez remplis ou ne deviennent plus rentables à cause du prix du kérosène. Le chiffre reste pour le moment marginal. C’est «très contenu», confirme le président de l’Union des aéroports français et francophones associés. En outre, il est très peu probable que de nouvelles annonces de suppression de vols cet été tombent dans les prochaines semaines. «Les compagnies organisent leurs plans de vols plusieurs mois à l’avance», balaie-t-il.


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