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Ce documentaire suit quatre adultes diagnostiqués avec un haut potentiel intellectuel, et montre les difficultés qu’elles rencontrent souvent.
Passer la publicité Passer la publicitéQuand une personne révèle avoir été diagnostiquée HPI (haut potentiel intellectuel), il est difficile pour son entourage de ne pas immédiatement penser au stéréotype du petit génie. Et comment l’en blâmer quand des séries telles que HPI justement, avec Audrey Fleurot, alimentent ce cliché. C’est pourquoi Anne Tilloy, elle-même HPI, a décidé de faire la lumière sur les neurodivergents dans le documentaire Un cerveau particulier. L’occasion de comprendre ce qu’est réellement une personne diagnostiquée HPI et ce qu’elle ressent au quotidien, à travers les témoignages d’adultes concernés.
« Mon cerveau n’a pas de bouton off. Je ne peux pas juste l’arrêter », confie Hajar, 38 ans, dès les premières secondes du film d’une cinquantaine de minutes. « Si je devais comparer mon cerveau à quelque chose, ce serait plutôt à un feu d’artifice avec des idées qui partent dans tous les sens, qui explosent », évoque de son côté Chloé, 35 ans. « C’est un peu comme de l’eau qui boue. Ma tête, c’est un medley », précise Ludovic, 50 ans. « C’est comme des racines, des lianes qui partent dans tous les sens », déclare enfin Geneviève, 34 ans. Les métaphores utilisées sont différentes mais la réalité reste pourtant la même.
Environ 20 % de la population serait neurodivergente et présenterait une spécificité cognitive telle que le HPI, le TDAH (trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité), le TSA (trouble du spectre autistique), ou encore un trouble dys - tel que la dyslexie. Certaines personnes les cumulent. Un trouble peut en cacher un autre, ce qui pose un problème de diagnostic. D’après plusieurs spécialistes, le cerveau d’une personne HPI aurait une meilleure connectivité des neurones que le cerveau d’une personne non-neurodivergente.
En France, HPI est un terme très souvent utilisé pour qualifier tout et n’importe quoi. La définition exacte correspond à une personne dont le quotient intellectuel est supérieur à 130. « Mais la définition est discutée, souvent mal interprétée et pathologisée. Ce qui n’est ni un trouble, ni une maladie fait débat », nuance Anne Tilloy dans le documentaire.
Sentiment de décalage
Car les personnes catégorisées comme HPI, en particulier lorsqu’elles sont jeunes, ressentent souvent une pression supplémentaire de la part de leur entourage et notamment à l’école. Par exemple, comment se fait-il que les enfants HPI ne soient pas tous premiers de leurs classes ? Pas nécessairement. Car un quotient intellectuel élevé ne garantit ni la réussite scolaire ni une facilité d’adaptation. Ennui, anxiété, perfectionnisme, difficultés à supporter le bruit ou à trouver sa place dans le groupe : les obstacles peuvent au contraire rendre le parcours chaotique.
Dans le documentaire, les quatre témoins racontent ce sentiment persistant de décalage, longtemps resté sans nom. Certains cumulent d’ailleurs le fait d’être HPI avec un trouble du spectre de l’autisme ou un TDAH, ce qui peut brouiller les repères et retarder le diagnostic. Le film rappelle ainsi qu’un HPI n’est pas une étiquette magique, mais une réalité singulière.


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