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Un dirigeant de Meta Platforms a eu droit à des applaudissements lorsqu’il a indiqué, en conférence de presse cette semaine, que le gigantesque centre de données prévu dans le comté de Sturgeon, au nord d'Edmonton, utiliserait un refroidissement en circuit fermé et qu’il consommerait moins d'eau par an qu'un terrain de golf albertain classique.
Un système de refroidissement en circuit fermé permet d’empêcher la surchauffe des serveurs. Il diffère d’un système de refroidissement par évaporation, qui nécessite d’énormes quantités d’eau froide non réutilisées.
Le centre de données de Sturgeon sera alimenté par une nouvelle centrale au gaz naturel qui pourrait, à terme, produire plus d’électricité que n’en consomme la ville d’Edmonton.
Gary Demasi, vice-président au sein de Meta, a déclaré mercredi qu’aucune eau ne serait nécessaire pour les opérations de refroidissement courantes. La consommation d’eau sur site se limite aux systèmes de protection contre les incendies et à certaines opérations de maintenance des équipements.

Une spécialiste soutient que les nouveaux centres de données «devraient toujours utiliser un système de refroidissement en circuit fermé», car celui par évaporation est néfaste pour l’environnement. (Photo d'archives)
Photo : iStock / Just_Super
Le facteur lié au climat
Marina Freire-Gormaly, professeure associée en génie mécanique à l’Université York, en Ontario, explique que la technique en circuit fermé fonctionne bien dans les climats plus froids, comme celui de l’Alberta.
Les centres de données situés dans des régions plus chaudes ont tendance à recourir au refroidissement par évaporation, car la différence de température entre les équipements à l’intérieur et l’air extérieur y est moins importante.
Tout en faisant remarquer que le système en circuit fermé fonctionnerait mieux en hiver, Mme Freire-Gormaly s’est dite curieuse de savoir comment les conceptions de Meta tiendraient compte des températures parfois très élevées qui règnent dans la région d’Edmonton pendant l’été.
Dans un récent article de blogue, le fabricant de puces d’IA, Nvidia, indique que ses derniers serveurs peuvent utiliser un fluide de refroidissement qui n’est pas si froid que ça : jusqu’à 45 °C. Le fluide sort du cadre de serveurs à 55 °C.
La capacité de cette entreprise à utiliser un fluide de refroidissement à température plus élevée marque donc un bond en avant considérable en matière d’efficacité. Le fluide de refroidissement utilisé par Nvidia est composé à 75 % d’eau et à 25 %, de propylène glycol.
Marina Freire-Gormaly soutient que les nouveaux centres de données devraient toujours utiliser un système de refroidissement en circuit fermé, car les méthodes de refroidissement par évaporation sont vraiment néfastes pour l’environnement.

Un système de refroidissement en circuit fermé fonctionnerait mieux en hiver. (Photo d'archives)
Photo : Shutterstock / Oleksiy Mark
Qu’en est-il de la chaleur résiduelle?
Mme Freire-Gormaly se demande également si les entreprises peuvent envisager des moyens de réutiliser la chaleur résiduelle de leurs centres de données : Pourquoi ne pas utiliser cette chaleur résiduelle pour, par exemple, chauffer des bâtiments ou alimenter un circuit secondaire de transfert de chaleur?.
Une étude de l’Université de Cambridge s’est penchée sur l’effet d’îlot de chaleur dans les zones entourant les centres de données destinés à l’IA.
L’étude estime que la température à la surface du sol augmente en moyenne de 2° C après la mise en service. Elle a montré qu’une certaine augmentation de la température pouvait être détectée jusqu’à 10 km de distance.
L’Alberta, nouvel eldorado des géants de l’IA?
Ce mercredi, Meta annonçait un investissement de plus de 13 milliards $ dans un projet de centre de données de la taille de 33 terrains de football.
Des chercheurs de l’Université York ont établi une carte du paysage émergent des centres de données au Canada.
L’Alberta y apparaît aux premières loges, concentrant 92 % de la nouvelle capacité prévue, alors que la province ne représente que 10 % des installations actuellement en service au pays.
Il est clair qu’il se passe quelque chose là-bas qui attire ce développement, constate Lyndsey Rolheiser, coautrice de l’article avec Alexander Carlo.
L’Alberta ne met pas en place d’importantes mesures incitatives financées par les contribuables. Elle s’appuie sur son marché déréglementé de l’autoproduction d’énergie pour attirer ces fournisseurs, et cela semble fonctionner.

Les promoteurs de centres de données se ruent en Alberta. Cette maquette est celle d'un autre projet d'envergure, que l'entreprise Synapse a prévu à Olds, dans le centre de la province.
Photo : Synapse Data Center
Jason van Gaal, PDG de la société Synapse, qui a un projet de centre de données d'envergure à Olds, dans le centre de l’Alberta, est du même avis. Il a expliqué récemment que le modèle apportez votre propre électricité évite à la province de construire de nouvelles lignes de transport d’électricité.
Compte tenu de la capacité actuellement insuffisante de son réseau électrique, l’Alberta donne la priorité aux projets qui sous-traitent ou construisent leurs propres sources d’énergie, lesquelles proviennent pratiquement toutes du gaz naturel, qui abonde dans la province.
En outre, selon Ali Bayat, professeur de génie civil et environnemental à l’Université de l’Alberta, la province est bien placée pour répondre à la demande liée aux centres de données du point de vue de la main-d’œuvre.
Lyndsey Rolheiser affirme cependant que beaucoup d’Albertains font face à un vide d’information, notamment en ce qui concerne les mesures de protections environnementales et de sécurité adéquates liées aux centres de données.
Ainsi, selon elle, la province doit se préparer à faire face à des réactions négatives au sein de la population.
Avec les informations (nouvelle fenêtre) de La Presse canadienne


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