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Un budget déficitaire attendu en Alberta

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Dans un discours télévisé la semaine dernière, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, avait déjà peint les contours du budget dévoilé aujourd’hui : les finances de la province sont dans le rouge. Reste à savoir à quel point le déficit est élevé et quelles sont les conséquences de ce manque à gagner.

Une fois encore, Danielle Smith a déjà commencé à apporter des bribes de réponse. En conférence de presse, lundi, elle a expliqué que la province a besoin d’un prix du pétrole à environ 75 $ US pour atteindre l’équilibre budgétaire.

Passer [d’un baril] à 74 $ à une moyenne de 60 $ ou moins, comme ça a été le cas au cours de la dernière année, creuse un trou d’environ 12 milliards de dollars dans notre budget, a-t-elle spécifié.

L'imprévisible prix du pétrole

L’ampleur du déficit dépendra de la prévision du prix du baril de pétrole que le gouvernement choisit pour son budget, et faire ce choix n’est pas une mince affaire.

On a une augmentation [du prix du baril de pétrole] au courant des dernières semaines venant d’incertitudes géopolitiques plutôt que des questions fondamentales. Une fois que les incertitudes se résorbent, retourne-t-on sous les 60 $ [le baril]? soulève l’économiste en chef à Servus Credit Union, Charles St-Arnaud.

Des barils de pétrole.

Le cours du baril de pétrole est remonté brièvement au-dessus de 65 $ US à cause des tensions entre les États-Unis et l'Iran et de l'incertitude sur l'avenir des tarifs américains.

Photo : Reuters / Regis Duvignau

Le calcul est devenu d’autant plus complexe que les incertitudes géopolitiques ont tendance à se multiplier plutôt qu’à se résorber depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump. À cela, il faut aussi ajouter d’autres composantes, comme les prévisions en lien avec le taux de change et le différentiel de prix entre les pétroles américain et canadien.

En se basant sur un pétrole à 60 $, Charles St-Arnaud arrive toutefois à un ordre de grandeur similaire, à savoir un déficit aux alentours de 10 milliards de dollars.

Le problème fondamental qu’on a en Alberta, c’est que les revenus des royautés sur les productions pétrolières et gazières payent tout près de 20 % de nos dépenses budgétaires. En tant que tel, ce n’est pas nécessairement un problème. Le problème, c’est que les revenus sont très volatils, alors que les dépenses sont très fixes ou stables dans le temps, souligne-t-il.

Le dernier budget prévoyait un prix du pétrole à 68 $ US et un déficit de 5,2 milliards de dollars. Charles St Arnaud estime plutôt que le manque à gagner sera de l'ordre de 6,4 milliards de dollars à la fin de mars 2026.

Pas de compressions majeures

Pour survivre à ces déficits successifs, la première ministre a déjà promis qu'il n'y aurait aucune compression draconnienne aux services sociaux. Pour preuve de bonne foi, elle a déjà annoncé une augmentation du budget de la santé.

Les dépenses devraient toutefois croître moins vite que la hausse de la population et de l’inflation, ce qui conduit à une diminution des dépenses par personne.

Danielle Smith promet aussi de resserrer les critères de revenus pour l’accès aux programmes sociaux, de couper la bureaucratie inutile et d’améliorer l’efficacité dans la mise en œuvre des programmes.

Son dernier cheval de bataille est l’immigration, avec l’annonce de plusieurs questions référendaires sur le sujet. Il n’est toutefois pas clair si cette demande d’un contrôle accru de l’immigration et d’un ralentissement du flux de population aura une influence sur le budget déposé.

Nous investissons dans ce dont les Albertains ont besoin et veulent, en sachant que la situation est temporaire et que nous pouvons traverser la tempête.

Sortir des montagnes russes pétrolières?

Le chef de Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Alberta, Naheed Nenshi, a déjà déclaré que les solutions de Danielle Smith n’étaient pas les bonnes. Il plaide plutôt pour une refonte de la gestion budgétaire.

Est-ce que ça peut être fait en un an? Non. Doit-on avoir une voie vers l’équilibre? Absolument. Et ce gouvernement n’a pas ouvert de voie vers un retour à l’équilibre budgétaire, a indiqué Naheed Nenshi.

Le budget de 2025-2026 prévoyait trois années de déficit. Le cadre fiscal que la province s’est imposé interdit la succession de trois déficits, mais prévoit des exceptions en cas de chutes des revenus.

L’économiste Charles St-Arnaud estime également que toutes les solutions apportées par Danielle Smith risquent de ne pas être à la hauteur des problèmes structuraux des finances albertaines. Au cours des 18 dernières années, il y a eu 13 déficits. Donc, on peut se poser la question : est-ce qu’on n’a pas un problème de déficit structurel [plutôt qu’un problème] de conjoncture?

Le ministre des Finances, Nate Horner, devrait présenter le budget à l’Assemblée législative aux alentours de 15 h 15.

Avec des informations d'Emmanuel Prince-Thauvette

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