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Un an après l’ouverture d'un nouvel établissement en soins de santé mentale et de traitement des dépendances à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer le manque de lits, de personnel et l’absence d’un centre sans rendez-vous.
L'hôpital d'une valeur de plus de 240 millions $, situé tout près de l’Université Memorial, compte 102 lits, soit moins que l’ancien hôpital Waterfront, un établissement vieillissant qu’il a remplacé comme principal centre de soins en santé mentale de la province.
Lorsqu’ils ont annoncé les plans du nouvel hôpital en santé mentale et qu’il y aurait moins de lits, ils ont dit que c’était parce que les besoins en santé mentale seraient comblés dans la communauté, rappelle Kristi Allan, une militante.
Pour compenser ce manque, un centre sans rendez-vous devait ouvrir simultanément, offrant des lits et du soutien aux personnes dont l’état était jugé moins sévère et pouvant être prises en charge à l’extérieur d’un cadre hospitalier.
Or, plusieurs mois plus tard, aucun développement concret n’a été annoncé, selon Mme Allan, qui a participé à un groupe de discussion sur ce projet.
Ce n’est pas correct, parce qu’ils ont construit un hôpital avec moins de lits. Alors, qu’est-ce qu’ils vont faire pour ces personnes?
Elle encourage tout de même les gens à demander de l’aide, même si elle croit que beaucoup ont l’impression qu’ils ne pourront pas en obtenir sauf en cas d'urgence.

Kristi Allan milite depuis plusieurs années dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador pour de meilleurs soins longue durée en santé mentale.
Photo : Henrike Wilhelm, CBC
Si vous avez un réseau de soutien, si vous avez des gens autour de vous, si vous comprenez bien votre situation et que vous ne menacez pas immédiatement de mettre fin à vos jours, alors il y a de fortes chances que vous soyez renvoyé chez vous parce qu’il n’y a pas assez de place pour vous dans cet hôpital, pense-t-elle.
Ce centre sans rendez-vous figure aussi sur la liste de souhaits de Susan Hyde, militante de longue date en santé mentale et ancienne patiente de l’hôpital Waterford.
J’en voudrais en fait trois : un pour chaque partie de la ville, a déclaré Mme Hyde, qui est également directrice générale de la Société de la schizophrénie de Terre-Neuve-et-Labrador.
Si on perd une personne qui est venue chercher de l’aide et qui n’a pas pu l’obtenir. C’est inacceptable pour moi.
Mme Hyde, dont l’organisme est situé dans ce nouvel établissement, apporte tout de même quelques nuances. Selon elle, plusieurs services se sont améliorés depuis l’emménagement dans les nouveaux locaux.
Les personnes que nous avons pu rejoindre et les services que nous avons pu offrir, c’est exponentiel comparé à ce que nous pouvions faire à Waterford. Il n’y a aucun doute, dit-elle.
De façon générale, plusieurs nouveaux services sont désormais offerts dans le nouvel établissement, notamment la musicothérapie et l’art-thérapie, une salle de jeux, ainsi qu’un salon de coiffure et de manucure. Des initiatives qui contribuent à réduire la stigmatisation, selon elle.
Cependant, Mme Hyde reconnaît que des lacunes persistent dans les services, tant en ville qu’à l’échelle de la province. Elle estime notamment qu’il manque de logements communautaires avec soutien pour les personnes vivant avec des problèmes de santé mentale et de dépendances, et souligne également des pénuries de personnel.

La ministre de la Santé et des Services communautaires de Terre-Neuve-et-Labrador, Lela Evans, répond à une question devant la Chambre d'assemblée à Saint-Jean, le 11 mars 2026. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Que compte faire le gouvernement?
De son côté, la ministre de la Santé, Lela Evans, assure que la pénurie de personnel fait partie des enjeux sur lesquels son ministère travaille.
Lors de la période des questions à l’Assemblée législative le 3 mars dernier, Mme Evans a déclaré que l’établissement est en sous-effectif et qu’il ne répond pas aux besoins en santé mentale des patients ici.
Lors d’une récente entrevue avec CBC, elle n’a pas pu fournir de données sur le personnel ni sur le taux d’occupation des lits, mais a indiqué qu’il est toujours près de sa capacité maximale ou à pleine capacité.
Les patients en santé mentale ont besoin d’avoir accès à des lits.
Mme Evans a ajouté que son ministère travaille également sur un centre sans rendez-vous à Saint-Jean, mais qu’elle ne pouvait pas donner d’échéancier précis. Elle a plutôt indiqué que des consultations doivent d’abord être réalisées pour s’assurer que les lacunes sont bien prises en compte.
Nous travaillons avec les gens de la communauté, nous travaillons avec les personnes qui ont besoin de ces services, afin que les gens comprennent ce qui est offert, a-t-elle dit.
Mme Evans a indiqué que le budget provincial de 2026 comprendra des mesures visant à combler les lacunes en santé mentale.
Avec les informations de Henrike Wilhelm, de CBC


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