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Après une première année à la tête de Santé Québec Côte-Nord, Jean-François Miron veut insuffler une vision d’ambition à un réseau encore confronté à d’importants défis de main-d’œuvre et d’accès aux services, mais où il constate déjà des progrès. « On a le droit d’être ambitieux pour les soins de santé », dit-il.
Le président-directeur général estime avoir découvert, au cours des 12 derniers mois, des équipes capables de trouver des solutions malgré les difficultés qui ont marqué le réseau nord-côtier au cours des dernières années.
« Ce que j’ai vu, c’est du monde compétent, du monde qui travaille fort, du monde qui trouve des solutions », affirme-t-il.
Pour lui, les contraintes propres à la Côte-Nord ne doivent donc pas empêcher le réseau de chercher à améliorer les soins, à intégrer de nouvelles technologies et à revoir ses façons de faire.
Le plus grand défi
Le recrutement reste néanmoins l’un des principaux enjeux qui se trouvaient sur le bureau de Jean-François Miron à son arrivée et qui y sont toujours un an plus tard.
Certains titres d’emploi spécialisés sont particulièrement difficiles à pourvoir, notamment en physiothérapie et en technologie de radiologie. Santé Québec Côte-Nord doit convaincre des professionnels formés ailleurs au Québec de quitter leur milieu pour venir s’établir dans la région.
Un indicateur s’est toutefois amélioré considérablement : le recours à la main-d’œuvre indépendante. Selon le PDG, le nombre de travailleurs indépendants est passé de près de 500 à environ 200 sur le territoire en un peu plus d’un an, ce qui représente une diminution d’environ 60 %.
« Ce qu’on a réussi à faire pour recruter, ça a fonctionné. Ce qu’on a réussi à faire pour être capable de faire de la rétention, ça a fonctionné », soutient-il.
Le recours aux équipes volantes a augmenté pendant cette période, reconnaît-il, mais pas dans une proportion équivalente à la diminution de la main-d’œuvre indépendante.
Préparer les prochaines années
Après avoir consacré une partie de sa première année aux enjeux immédiats, Jean-François Miron veut également préparer le réseau à plus long terme. « Mon job à moi, c’est de prévoir les 10-15 prochaines années », résume-t-il.
Le vieillissement de la population nord-côtière figure parmi les réalités qui devront guider les décisions prises aujourd’hui. Santé Québec Côte-Nord doit notamment déterminer quels services seront nécessaires pour répondre à une clientèle plus âgée dans une dizaine d’années.
Le PDG souhaite éviter que l’organisation attende d’être confrontée à une hausse importante des besoins avant d’agir.
Cette transformation passe aussi par la technologie. Il donne l’exemple du travail réalisé dans la dernière année afin de centraliser l’identification des dossiers des patients. Quelque 400 000 dossiers papier étaient concernés par ce vaste exercice.
La création d’un index permettant d’associer un seul numéro de dossier à chaque patient constitue une étape vers une meilleure circulation de l’information entre les professionnels.
Jean-François Miron, PDG du CISSS de la Côte-Nord, lors de la première séance publique du CAÉ, le 1er octobre 2025. Photo Émilie Caron-Wart
Des soins adaptés à chaque territoire
La proximité constitue un autre pilier de la vision du PDG. Pour Jean-François Miron, l’étendue de la Côte-Nord rend impossible l’application d’une même recette partout. Les besoins de la Manicouagan ne sont pas nécessairement ceux de Sept-Rivières ou de la Minganie.
« C’est à nous d’adapter nos services aux besoins des territoires », fait-il valoir.
Dans certains milieux, les citoyens réclament davantage de services sur place afin d’éviter de longs déplacements pour des examens ou des consultations. Dans d’autres, l’éloignement d’un centre hospitalier alimente plutôt les préoccupations entourant l’accès aux services d’urgence.
Le maintien des soins à proximité des citoyens demeurera donc au cœur des décisions à venir. « Je dois faire en sorte qu’on garde les services le plus près des gens le plus possible », insiste Jean-François Miron.
Une consultation doit également permettre aux différents territoires de déterminer leurs priorités locales, qui pourront ensuite guider les décisions de Santé Québec Côte-Nord.
Le PDG se fait un devoir de rencontrer la population partout sur le territoire. Le voici à Chute-aux-Outardes en compagnie du maire Christian Malouin. Photo Morgane Busson
L’équilibre budgétaire retrouvé
La première année de Jean-François Miron aura aussi été marquée par le retour à l’équilibre budgétaire de l’organisation.
Le PDG partage toutefois le mérite avec les équipes et rappelle que les efforts avaient commencé avant son arrivée. Il estime avoir pu contribuer notamment par de nouvelles façons d’organiser les équipes et une utilisation accrue de la technologie.
La forte diminution du recours à la main-d’œuvre indépendante a également eu un impact important sur les finances.
Jean-François Miron demeure néanmoins prudent : l’équilibre retrouvé reste fragile.
71 % des cibles atteintes
Santé Québec Côte-Nord a par ailleurs atteint 71 % des cibles fixées par Santé Québec. Un résultat qui laisse encore une importante marge de progression aux yeux du PDG. « Pas encore », répond-il lorsqu’on lui demande s’il est satisfait de cette proportion.
La fluidité hospitalière fera partie des dossiers prioritaires au cours de la prochaine année. L’organisation veut notamment améliorer le cheminement des patients afin que ceux qui n’ont plus besoin d’être hospitalisés puissent retourner à domicile ou être dirigés vers la ressource appropriée.
Les temps d’attente à l’urgence et la durée des hospitalisations seront également ciblés.
La géographie de la Côte-Nord complique toutefois l’atteinte de certaines cibles. Une place en hébergement peut être disponible dans une partie de la région et manquer dans une autre, sans qu’il soit réaliste de demander à une personne âgée de déménager à des centaines de kilomètres de sa famille.
Après une première année à la tête du réseau, le PDG ne cache donc pas l’ampleur du travail qui reste à accomplir. Il estime toutefois que les progrès réalisés donnent à Santé Québec Côte-Nord les moyens de regarder plus loin que les difficultés immédiates et de préparer dès maintenant le réseau dont la région aura besoin demain.


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