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Un 34e pow-wow pour la Nation Mi’gmaw de Listuguj

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Près de 6000 visiteurs et 300 danseurs d’un peu partout ont célébré dans le cadre du 34e pow-wow de la Première Nation Mi’gmaw de Listuguj ce week-end.

Il s’agit d’une occasion de découvrir la richesse des cultures autochtones, ainsi qu’une opportunité pour plusieurs membres de communautés de se réunir en famille.

Autour du feu sacré qui a brûlé jour et nuit ce week-end à Listuguj, la fierté était palpable. Pour la co-maîtresse de cérémonie Ashley Sanipass, l'essence même de l'événement est d'ailleurs de partager cette culture vibrante et de voir les gens de tous horizons célébrer ensemble

Ashley Sanipass

Ashley Sanipass, co-maîtresse de cérémonie

Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin

Une communauté dévouée

Lita Isaac, membre du comité organisateur depuis les tout débuts, se dit particulièrement émue de voir l’implication de la soixantaine de bénévoles qui rendent ce rassemblement possible. Elle souligne le désir d’aider et la générosité de la communauté.

Les bénévoles sont essentiels pour assurer notamment l’installation, le nettoyage et la gestion du stationnement.

Nous avons travaillé d'arrache-pied pour arriver à ce résultat.

Dans le cadre de ce reportage, plusieurs entrevues ont été réalisées en anglais. Les propos ont été librement traduits afin d’uniformiser le texte.

Selon Cameron Caplan, un effort colossal a été déployé pour préparer le terrain. Cet événement permet d'ailleurs de donner du travail aux jeunes de la communauté, ce qui les valorise et les garde loin des ennuis, rappelle son collègue Asher Arseneault.

Myles Caplan, Asher Arseneault et Cameron Caplan

Myles Caplan, Asher Arseneault et Cameron Caplan

Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin

Cet esprit de communauté se goûte aussi dans les repas traditionnels préparés sur place avec de la viande de gibier et du poisson, bien que l'on ait cessé d'y servir du saumon depuis deux ans pour permettre à l’espèce de se régénérer.

La danse pour guérir et se réapproprier sa culture

Les tenues traditionnelles colorées, appelées régalias, sont porteuses d’une symbolique forte, intimement liée aux intentions amenées par les danseurs sur la piste.

On a des demandes spéciales de danser pour des gens malades, donc pour nous ça représente beaucoup de pouvoir être là pour aider les gens de la communauté.

Il y a huit ans, constatant l’effritement de la tradition des danses de guérison dans leur communauté, Marilyne Robertson et sa sœur Caroline ont décidé d’en raviver la pratique. Elles se sont rendues à Montréal tous les dimanches pendant un an pour apprendre, auprès d’une mentore.

Leurs régalias noires, roses et mauves ont été conçues avec l’aide de leur mère, afin d’exprimer leur propre identité.

Quatre danseurs de la Nation micmac de Gespeg en régalia.

Caroline Robertson, son père, Roland Robertson, le fils de Marilyne, Keith Cross, et Marilyne Robertson.

Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin

La richesse des traditions s'incarne aussi à travers la diversité des styles, comme en témoigne le jeune Keith Cross. Celui-ci pratique la danse chicken, originaire de l'Ouest dont les mouvements sont inspirés de la parade nuptiale de la perdrix des prairies.

Les chicken dancers, ça représente vraiment la fertilité des terres, la fertilité des êtres humains également, parce que c'est la seule façon qu'on peut continuer à être présents sur cette terre.

Une réappropriation culturelle

Si les pow-wows sont aujourd’hui des lieux privilégiés de transmission culturelle, il ne faut pas oublier qu'ils ont été interdits pendant près de 65 ans par les autorités canadiennes dans un but d'assimilation.

C'est vraiment pour pouvoir faire briller notre culture, de pouvoir être fier de qui on est, parce qu'on s'est battu depuis tellement longtemps pour être là...

Ryan Linklater

Ryan Linklater, membre de la Nation Cris des Plaines, en Saskatchewan, réside à Campbellton.

Photo : Radio-Canada / Alice Jacottin

Cette transmission, Ryan Linklater, membre de la Nation Cris des Plaines, l'incarne parfaitement. À 42 ans, il n'en est qu'à sa sixième danse à vie, prouvant qu'il n’est jamais trop tard pour renouer avec ses racines. Lors de ses performances, il arbore un bouclier de bison pour honorer son grand-père, imaginant que celui-ci le regarde danser depuis le monde des esprits.

Un remède annuel

Chaque année, le pow-wow est avant tout le théâtre de retrouvailles essentielles pour les communautés.

C'est notre remède annuel et il est indispensable que tous les enfants rentrent à la maison pour qu'on se réunisse tous ensemble.

Lors de certaines danses, le grand cercle s’ouvre également aux allochtones. Comme l'explique Ashley Sanipass, co-maîtresse de cérémonie, il est primordial de partager cette fierté avec le public et d'inviter tout le monde, peu importe ses origines, à participer et à célébrer.

Afin de faire rayonner les cultures autochtones, d'autres pow-wows comme celui-ci ont lieu tout l'été au Québec. Les pow-wows de la Première Nation Wolastoqiyik Whasipekuk, au Bas-Saint-Laurent, et de Pessamit, sur la Côte-Nord, doivent se tenir plus tard en août.

À Gaspé, la Nation micmac de Gespeg tiendra son Mawiomi annuel le 22 août au parc national Forillon.

Avec les informations d'Alice Jacottin

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