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Plusieurs maires ont pris ces derniers jours l’initiative de décrocher le drapeau européen qui flotte sur le fronton de leur mairie en soutien aux agriculteurs qui protestent contre la signature prévue samedi 17 janvier de l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur.
En Seine-Maritime, le maire (divers droite) des Grandes-Ventes a annoncé lundi soir sur Facebook remplacer le drapeau européen par celui des Jeunes agriculteurs par « solidarité » avec ceux qui « se battent pour vivre dignement de leur travail ».
« Cet accord vient tuer nos agriculteurs. Il vient tuer nos exploitations. Il vient tuer nos villages. Je refuse d’être complice. Je refuse le double discours. Je refuse qu’on demande toujours plus à nos agriculteurs tout en ouvrant nos frontières à une agriculture industrielle importée », a écrit Nicolas Bertrand, évoquant un geste aussi bien « symbolique » que « politique ».
La semaine dernière dans la Meuse, plusieurs maires ont également pris la décision de remplacer les drapeaux européens par ceux des syndicats agricoles.
« J’avais prévenu tout le monde : c’était pour faire passer le message. Je prévoyais de les enlever après 24 heures car je suis conscient que dans une République c’était un peu limite », a expliqué Francis Thirion, maire de Cousances-lès-Forges, au Parisien, après avoir suivi la démarche entreprise par deux de ses homologues dans le département, les maires d’Èvres et de Savonnières-en-Perthois.
« C’était un clin d’œil de provocation. La préfecture m’avait prévenu que si les choses duraient je m’exposais à une procédure judiciaire. (…) Mais que les choses soient claires : les drapeaux de l’Europe, je ne les replacerai pas », a prévenu le maire DVD.
À Morlaix, dans le Finistère, le maire Jean-Paul Vermot a lui aussi retiré les drapeaux européens pour « quelques jours » afin de montrer le soutien de sa commune aux agriculteurs venus manifester devant le bâtiment municipal lundi soir. « Avec le Mercosur, on franchit un nouveau cap qui est un signe politique incompréhensible et dangereux », a-t-il estimé auprès du Télégramme.
Un geste « naturel » pour le maire de Laveline-du-Houx, dans les Vosges. « Je pense que c’est le minimum que je puisse faire pour mes agriculteurs. (…) Ça fait des années qu’ils sont dans un marasme économique et psychologique, les politiques françaises essaient de les aider en n’approuvant pas le traité du Mercosur, sans succès. J’ai l’impression que nous allons devoir subir cet accord », a déploré Pascal Parmentelat auprès d’Ici.
Le Frexit gagne du terrain dans l’opinion publique française, porté par un contexte de mécontentement croissant envers les politiques européennes, notamment dans le domaine agricole et économique.
Les sondages récents montrent une progression significative de l’idée d’une sortie de l’UE. Le sondage réalisé par Cluster17 en septembre 2025, indique que 48 % des Français pourraient soutenir le Frexit si l’Union européenne était perçue comme incapable de défendre les intérêts du pays. Or la preuve en a été faite à l’occasion de l’accord UE-Mercosur. Cette bascule potentielle s’explique par une défiance accrue envers les institutions européennes, notamment après des années de négociations perçues comme défavorables à la France. Tous les partis du système ont trempé dans ces négociations et font mine de découvrir quelques semaines avant la signature que l’accord est défavorable à la France. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a su être l’efficace agent des intérêts allemands dans la machinerie bruxelloise.
Mobilisation des agriculteurs contre l’UE et le Mercosur
La colère des agriculteurs français, qui se mobilisent massivement depuis janvier 2026 contre l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, est un catalyseur majeur de ce mouvement. Cet accord, perçu comme une menace pour l’agriculture française, a suscité des blocages, des manifestations et un soutien massif de la population : 79 % des Français soutiennent la mobilisation des agriculteurs selon un sondage CSA. Les agriculteurs dénoncent une concurrence déloyale, une perte de souveraineté alimentaire et des normes européennes jugées trop contraignantes
L’accord UE-Mercosur est particulièrement critiqué car il est vu comme un cadeau à l’industrie allemande, notamment automobile et chimique. L’Allemagne, première économie européenne, y voit une opportunité de relancer ses exportations, menacées par la concurrence chinoise et les droits de douane américains. Les constructeurs automobiles allemands, par exemple, pourraient économiser jusqu’à 4 milliards d’euros par an en droits de douane, tandis que les agriculteurs français craignent une invasion de produits sud-américains à bas coût et ne respectant pas les normes phytosanitaires en vigueur dans l’UE.
Henri Dubost





























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