Il y a comme un air de déjà vu. Les spéculations autour d’un éventuel départ du siège d’UBS ont repris de plus belle. Principalement à travers la presse anglophone. Et, comme ce fut le cas en 2025, l’idée principale développée est la même: face au durcissement réglementaire qui se profile en Suisse, le géant mondial de la gestion de fortune serait en train d’étudier différents scénarios pour éviter de perdre sa compétitivité.
Outre la simple délocalisation du siège, notamment aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, d’autres solutions seraient sur la table: fusionner avec un établissement américain ou européen ou racheter une banque plus petite aux Etats-Unis.
Lire aussi: Le gouvernement britannique aurait proposé à UBS de délocaliser son siège outre-MancheQue penser de toutes ces informations? Il est évident qu’une grande banque comme UBS se doit de planifier son avenir dans un environnement marqué par une volonté politique de renforcer la réglementation bancaire. Plus de trois ans après la chute de Credit Suisse, essayer de rendre la place financière helvétique plus résiliente est une priorité pour le Conseil fédéral. D’autant plus qu’UBS dispose d’une garantie étatique quasi explicite. Il paraît donc très probable que différents scénarios sont en train d’être analysés par les hautes sphères dirigeantes de l’entreprise afin de pouvoir protéger ses intérêts.
Lire aussi: UBS, la banque trop suisse pour être vendueUn éventuel départ de l’institut financier serait-il préjudiciable pour la Suisse? Cette solution aurait évidemment des inconvénients majeurs. Notamment pour les grandes PME actives à l’international. Les multinationales telles que Novartis devraient être moins affectées car elles ont accès à de nombreuses autres banques internationales. Quant aux petites sociétés suisses, elles pourraient se tourner vers d’autres banques locales. Mais le spectre des pertes fiscales ou d’emplois pour le pays ne peut pas être ignoré.
Mais il ne faut pas non plus oublier qu’une délocalisation du siège ne signifierait pas un départ total de la banque. Elle continuerait sûrement ses activités helvétiques, bien plus rentables que celles aux Etats-Unis, par exemple. Un autre élément à considérer est le «bonus stabilité» dont UBS profite en étant un établissement suisse. Est-ce que la clientèle fortunée asiatique ou européenne, dans un contexte de tensions géopolitiques, restera fidèle à une banque ayant un siège américain? Une perte d’une partie de ces clients paraît quasi certaine.
Lire aussi: UBS, fonds propres et crise bancaire: divisé, le parlement fait face à ses choixIl est également difficile d’ignorer que ces spéculations autour de l’avenir d’UBS ressurgissent avec autant d’intensité à un moment précis. Comme l’année dernière, elles s’invitent quelques semaines avant des débats parlementaires liés aux fonds propres de la banque. Et l’on ne peut s’empêcher de penser qu’il existe une volonté de la part d’UBS d’influencer les décisions des conseillers nationaux. Il y a comme un air de déjà vu.
Lire enfin: Tout comprendre sur l'histoire des fonds propres d'UBS

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