Il y a quelques années lors d’un repas de famille, cette question du choix de carrière avait été posée à mon fils, qui avait 12 ans à l’époque. «Influenceur», avait-il répondu, et nous avions tous bien rigolé. Je crois même que d’autres adultes autour de la table lui avaient dit que ce n’était pas un vrai métier.
Depuis, l’économie de l’influence s’est imposée comme une part structurante des stratégies de communication. En 2025, le marché mondial du marketing d’influence est estimé à plus de 32 milliards de dollars, selon l’observatoire Influencer Marketing Hub. Une croissance spectaculaire quand on sait que le secteur valait à peine 1,7 milliard de dollars en 2016. Les marques y consacrent désormais entre 10 et 30% de leurs budgets publicitaires, et plus de 80% d’entre elles prévoient d’augmenter encore leurs investissements.
Autour des créateurs gravitent des dizaines de nouveaux métiers: agents spécialisés, analystes de données sociales, gestionnaires de campagnes, studios de production, plateformes de mise en relation… Et contrairement à l’idée que l’influence ne profiterait qu’à une poignée de stars, la croissance la plus significative se trouve aujourd’hui du côté de la micro-influence, ces profils de quelques milliers d’abonnés dont l’engagement dépasse souvent celui des grandes célébrités numériques.
Cette professionnalisation ne va pas sans exigences: planification de contenus, transparence commerciale, gestion de communauté, pression liée à la visibilité permanente… Cela se travaille, et le succès se mérite.
Alors non, ce n’est pas une voie facile. Elle expose, elle fatigue, elle demande bien plus de rigueur qu’on ne l’imagine. Mais c’est incontestablement une voie possible. Et désormais, si des enfants déclarent leur intérêt pour une carrière dans l’influence, cela ne devrait plus faire rire personne.
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