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Guerre, famine, profits : le soft power américain cède la place au hard cash.
Une cotisation à un milliard pour siège permanent
Présidée par le président lui-même, la structure a pour objectif affiché de piloter la reconstruction de l’enclave palestinienne dévastée. Son fonctionnement distille une philosophie brute : l’influence s’achète. Pour obtenir un siège permanent, les nations doivent s’acquitter d’une cotisation d’un milliard de dollars. Ce fonds, selon Trump, financera directement les projets à Gaza et garantira l’« engagement » des membres. Parmi les puissances conviées, on trouve un étrange mélange : la Russie, la Chine, Israël, l’Argentine ou l’Indonésie, dont le président Prabowo Subianto a été chaleureusement salué. La France, l’Allemagne et l’Italie marquent leur prudence, tandis que le Royaume-Uni refuse catégoriquement de signer, pointant du doigt l’invitation adressée à Vladimir Poutine.
🇮🇱🇵🇸 Le « Conseil de la paix » de #Trump pour #Gaza : – Tony Blair – Marco Rubio – Steve Witkoff – Jared Kushner – Marc Rowan – Ajay Banga – Robert Gabriel.
Les intérêts des gazaouis et de la Palestine sont sur représentés dans ce conseil… 🤡🤡🤡#IsraelTerroristEntity pic.twitter.com/ZlTZmIHGBN
— Marc Gabriel Draghi (@gabriel_draghi) January 17, 2026
Le Canada exclu, la Russie négocie avec ses propres fonds gelés
Les premières secousses n’ont pas tardé. Le Canada, initialement pressenti, s’est vu retiré son invitation le jour même de la ratification. La cause : des remarques du Premier ministre Mark Carney à Davos, dénonçant la « coercition économique » des superpuissances. Le ministre des Finances François-Philippe Champagne avait auparavant signifié le refus canadien de payer l’entrée. Trump a acté ce départ, vantant un conseil « le plus prestigieux jamais assemblé ». Plus significative, la réponse de Vladimir Poutine : le Kremlin accepte l’invitation sous condition. Il propose que le milliard provienne des avoirs russes gelés par Washington depuis 2022, une manœuvre qui instrumentalise les fonds confisqués tout en affichant un soutien calculé « au peuple palestinien ». Alors que Trump affirme son adhésion, Moscou parle encore d’étude.
RÉPONSE « DU BERGER🇷🇺 À LA BERGÈRE🇺🇸 »
Trump ayant invité la Russie à devenir membre permanent de son « Conseil de la Paix » moyennant 1 Mds $, Poutine a répondu positivement.
Mais en précisant que le Md$ devrait être pris…sur les fonds russes gelés aux États-Unis depuis Biden ! 😂 https://t.co/eXEsFaxPQZ
— François Asselineau 🇫🇷 (@f_asselineau) January 22, 2026
Un simulacre qui fissure l’ordre occidental
L’initiative fracture les lignes diplomatiques traditionnelles. La Chine rappelle, méfiante, la centralité de l’ONU. Le Premier ministre britannique Keir Starmer fustige l’inclusion du président russe, « architecte des bombardements en Ukraine ». Dans le camp des soutiens, on célèbre une « flexion de puissance » contre les « globalistes ». L’arrivée de Tony Blair, en dissonance avec Londres, illustre ces ruptures. Pour des observateurs critiques, à l’image de la journaliste Lyse Doucet, ce conseil ambitionne de démanteler l’ordre multilatéral issu de 1945. D’autres y voient une couverture pour des ambitions bassement matérielles, évoquant les profits potentiels de proches de Trump dans la reconstruction à Gaza. À Davos, Elon Musk moquait déjà l’ambiguïté entre « peace » (paix) et « piece » (morceau), allusion aux velléités territoriales passées de Trump.
🚨ALERTE INFO
Le “Conseil de la paix” de Donald Trump a donné lieu à la présentation, par Jared Kushner, du projet de “riviera” pour Gaza, élaboré et exposé sans les palestiniens.
« Nous avons un plan. » pic.twitter.com/PknMCTWHYF
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) January 22, 2026
Vers une paix imposée par les marchands ?
Le Conseil est désormais une réalité juridique. Il sert déjà de canal à des discussions directes entre Washington et Moscou sur l’Ukraine et Gaza, avec des pourparlers envisagés aux Émirats arabes unis. Cette structure, dite « monumentale », consacre une diplomatie purement transactionnelle. Elle promet une paix imposée par les plus riches, transformant la tragédie palestinienne en opportunité d’affaires et la gouvernance mondiale en directoire d’intérêts privés. L’ère qu’elle inaugure ne sera pas celle du droit, mais celle du rapport de force financier.


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