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Le président américain, Donald Trump, a exigé lundi que le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, annule la prochaine pause estivale de la chambre prévue en août jusqu’à ce que les sénateurs adoptent un projet de loi imposant une obligation stricte de preuve de citoyenneté pour s’inscrire sur les listes électorales. Les républicains ne disposent pas des voix nécessaires pour le faire avancer.
Donald Trump a exhorté à plusieurs reprises M. Thune à supprimer le principe d’obstruction parlementaire, qui impose de fait un seuil de 60 voix pour la plupart des textes législatifs au Sénat, composé de 100 membres, ou à trouver une autre solution pour faire adopter son projet de loi sur le vote, connu sous le nom de « SAVE America Act ».
Les républicains ne disposent toutefois que d’une majorité de 53 sièges contre 47, et John Thune n’a cessé de répéter qu’ils n’avaient pas les voix nécessaires pour adopter le projet de loi ni pour modifier le règlement afin de contourner l’obstruction parlementaire.
Le Sénat doit entamer sa pause le 7 août.
« John Thune ne devrait pas permettre au Sénat des États-Unis de “quitter la ville” tant qu’il n’aura pas adopté le Save America Act ou, mieux encore, aboli l’obstruction parlementaire », a écrit Donald Trump sur les réseaux sociaux.
Le président a ensuite réaffirmé lundi devant les journalistes qu’il entretenait de bonnes relations avec le chef de la majorité au Sénat, tout en précisant que M. Thune « devait faire son travail ».
Pressions pour faire adopter le « SAVE America Act »
Il s’agit de la dernière escalade en date d’une campagne de pression menée depuis des mois par le président Trump et d’autres figures du Parti républicain pour faire adopter cette loi avant les élections de mi-mandat.
Un groupe restreint, mais bruyant, de sénateurs républicains a également exercé une pression croissante sur M. Thune pour qu’il trouve une issue.
Les républicains de la Chambre des représentants ont également tenté de créer une autre voie pour ce projet de loi via la procédure de réconciliation budgétaire, qui permettrait aux subventions liées aux règles de vote d’être adoptées au Sénat à la majorité simple. La Chambre a ainsi approuvé la semaine dernière un cadre budgétaire prévoyant 10 milliards $US (14,1 milliards $CA) pour des modifications liées au vote, conformément au « SAVE America Act ». M. Thune a cependant dit que les républicains du Sénat ne disposaient pas non plus, pour l’instant, des voix nécessaires pour cette approche.
Cette bataille menace de compliquer le sprint législatif final du Sénat avant la pause estivale d’août, période durant laquelle M. Thune avait espéré se concentrer sur une longue liste de priorités comprenant le financement du gouvernement, une législation sur les cryptomonnaies et les sanctions contre la Russie.
Sénateurs en campagne et menaces au droit de vote
La pause estivale, qui doit débuter le 7 août, est une période cruciale pour les sénateurs, qui rentrent dans leurs circonscriptions pour faire campagne en vue des élections de mi-mandat.
Plusieurs sénateurs républicains sont engagés dans des courses électorales serrées, notamment la sénatrice du Maine Susan Collins, le sénateur de l’Ohio Jon Husted et le sénateur de l’Alaska Dan Sullivan.
John Thune a bénéficié tout au long de l’année d’un large soutien de la part du son groupe parlementaire du Parti républicain alors qu’il s’opposait aux exigences de M. Trump. Il avait auparavant maintenu le projet de loi « Save America » à l’ordre du jour du Sénat pendant des semaines afin de rallier davantage de soutiens, mais il n’avait pas réussi à obtenir les voix nécessaires pour le faire avancer.
Le « SAVE America Act », acronyme de « Safeguard American Voter Eligibility » (Protéger l’éligibilité des électeurs américains), obligerait les Américains à prouver leur citoyenneté lors de leur inscription sur les listes électorales, principalement au moyen d’un passeport américain valide ou d’un certificat de naissance.
Il exigerait également une pièce d’identité avec photo valide avant que les électeurs puissent voter, ce que certains États imposent déjà.
Selon des experts en matière électorale, ce projet de loi pourrait priver de leur droit de vote quelque 20 millions d’électeurs américains qui ne disposent pas d’un certificat de naissance ou d’autres documents facilement accessibles.
Donald Trump en a fait sa priorité législative pour 2026, soutenant que cela « garantirait les élections de mi-mandat » et prétendant à tort que la fraude électorale est « endémique ».
Il avait auparavant refusé de signer toute autre loi tant que celle-ci n’aurait pas été adoptée.


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