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Route 66, le pouls de l’Amérique
L’épisode 2 sera disponible prochainement.
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Reportage« Route 66, pouls de l’Amérique » (1/6). Pour les 100 ans de l’itinéraire emblématique, « Le Monde » part, à la veille des midterms, à la rencontre de ceux qui vivent le long de son tracé, au départ de Chicago. Toujours fortement liée à Barack Obama, la ville mise désormais sur l’informatique quantique pour revitaliser un quartier populaire en souffrance.
Tout est parti d’une boutade lancée par SMS à Paris : « Cent ans de Route 66, cela se fête, non ? » La réponse est venue dès le lendemain, positive comme pour tous les projets un peu iconoclastes : « Absolument, je suis prêt à financer l’essence de ta Ford T. » Ainsi avons-nous pris en ce mois de septembre la Route 66, en Jeep 4 x 4, à la recherche de l’Amérique perdue, réalisant un rêve de gamin tel Johnny Hallyday sur sa Harley-Davidson.
Longue de 3 940 kilomètres, la route mythique qui reliait depuis 1926 Chicago (Illinois) à la plage de Santa Monica, près de Los Angeles (Californie), n’existe plus depuis longtemps. Elle a été déclassée en 1985, supplantée par les autoroutes créées dans les années 1950 et remplacée par l’avion. Mais, en ce centenaire, son souvenir ragaillardit l’âme des Américains nostalgiques d’un monde révolu, qui rêvent de retrouver la culture pop des années 1950-1960, avec ses hot-dogs, ses néons publicitaires verts et violets, ses stations-service rouges peintes par Ed Ruscha et vendues une fortune chez Christie’s. Croisées au début du voyage, Lynn Barach et sa fille Courtney expliquent qu’elles sont venues du Vermont faire le périple de seize jours, pour retrouver « cette époque où l’Amérique se découvrait ».
Comme elles, à quelques semaines des élections de mi-mandat du 3 novembre, nous sommes partis de Chicago pour découvrir une autre Amérique. Celle où on ne va jamais. Celle qu’on ne comprend pas parce qu’on ne veut pas la voir. Il ne s’agit pas de nier le trumpisme et ses ravages, chroniqués jusqu’à plus soif, mais de chercher à découvrir une autre facette du pays, loin du tumulte de Washington. Une Amérique où l’on peut discuter une heure sans que ne soit prononcé le nom de Donald Trump, même s’il est manifestement très impopulaire. Où l’on tente de se couper de sa vie numérique, politisée à outrance sur X, TikTok et Instagram, où l’on a coupé la télévision pour tarir le déferlement de détestation réciproque sur Fox News et MS NOW et se concentrer sur une vie réelle plus apaisée et le bien-être de sa communauté.
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