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La mairesse Hélène Boulanger a tranché : l’île d’Anticosti ne servira pas d’escale à la traverse maritime entre la Minganie et la Gaspésie. Selon elle, l'île n’est simplement pas prête à accueillir les infrastructures requises. Les partenaires devront poursuivre le projet sans sa participation.
Cette décision fait écho aux nombreuses craintes qu'avaient exprimées des citoyens de la municipalité insulaire lors d’une récente rencontre publique concernant l'arrivée d'une telle liaison.
Entendre [ces préoccupations] de la part de la communauté, ça nous a confortés dans notre décision, exprime Hélène Boulanger. Avec l’inquiétude que ça suscite au sein de la population, on voulait afficher clairement qu’on partageait la même position qu’eux. On ne veut pas que le projet soit prêt avant nous.
Pour l’instant, je pense que ça pourrait prendre encore entre 15 et 25 ans.
L’élément central qui a fait pencher la balance est celui de la sécurité, explique la mairesse. Le vaste territoire de l’île, l’absence de réseau cellulaire et le manque de services d’urgence pourraient créer plusieurs situations dangereuses pour des touristes découvrant les lieux pour la toute première fois.

La mairesse d'Anticosti, Hélène Boulanger, juge imprudent d'accueillir un flux aussi important de touristes. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nazdar Roy
Selon une récente étude sur les retombées économiques du projet, les revenus annuels estimés pour le gouvernement du Québec dépasseraient les 12,5 M$. Or, cette étude et les sommes qu’elle projette doivent tenir compte de la réalité du terrain, rappelle Hélène Boulanger.
Quand il y a des analyses comme ça, c’est intéressant, mais c’est comme si tout le monde était déjà prêt, dit-elle. Si les infrastructures ne peuvent pas supporter ça, ça pourrait mettre l’île dans une situation de sécurité civile. S’il arrive un bateau et qu’à cause des conditions météo il ne peut pas repartir, qu’est-ce que je fais avec tout ce monde-là?
Le projet continue
Le préfet suppléant de la MRC de Minganie, Sébastien L'Écuyer, accueille cette position avec lucidité et respect. Il salue d’ailleurs la très belle collaboration qui a été entretenue avec la Municipalité d’Anticosti jusqu’à maintenant.
Malgré leur retrait, il affirme que les autres partenaires impliqués, soit le Port de Havre-Saint-Pierre, la MRC de Minganie, et la MRC de la Côte-de-Gaspé, poursuivront leur collaboration pour trouver un modèle de traverse direct, sans escale.
On a une équipe qui est sérieuse, qui est soudée, puis qui est profondément engagée pour l'avenir de nos régions, remarque Sébastien L’Écuyer. La position qui a été exprimée par Anticosti, ça peut nous pousser à revoir certains éléments, puis on va le faire avec respect. Mais ça ne fait pas disparaître la pertinence d'un lien interrives.

Le préfet suppléant de la MRC de Minganie, Sébastien L'Écuyer, salue la franchise d'Anticosti et réaffirme sa volonté de concrétiser le lien direct avec la Gaspésie. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté : Sébastien L’Écuyer
Nos deux régions ont encore tout intérêt à se rapprocher, à mieux se connecter, puis à travailler ensemble sur des projets structurants.
Un avis partagé par Daniel Côté, préfet de la MRC de la Côte-de-Gaspé. Sur les réseaux sociaux, il a confirmé sa volonté de faire avancer le projet en collaboration avec la Côte-Nord.
[…] la Gaspésie et la Minganie méritent d'être rattachées dans une nouvelle boucle touristique majeure, dans un nouveau partage de nos ressources socioéconomiques, entre deux populations qui se ressemblent et qui gagnent à s'entraider, de façon directe en s'évitant 700 km de route, écrit-il.
Dans sa forme initiale, le projet devait relier Rivière-au-Renard à Havre-Saint-Pierre en passant par l’île d’Anticosti. Cette liaison maritime est sur la table à dessin depuis 2014.


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