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« Ça va prendre un miracle », estime le copropriétaire d’Identification Sports, Michel Boivin, de retour d’Ottawa pour plaider en faveur d’un assouplissement des règles d’embauche des travailleurs étrangers temporaires.
Identification Sports, qui produit les populaires Sacs Lavoie, sera durement touchée par le resserrement du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). L’entreprise saguenéenne s’attend à devoir délocaliser jusqu'à 90 % de sa production si rien ne change.
Michel Boivin faisait partie de la délégation régionale qui s’est rendue dans la capitale mardi. Lui et plusieurs autres représentants d’entreprises du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de Chaudière-Appalaches et du Centre-du-Québec y ont fait valoir le caractère essentiel des travailleurs étrangers temporaires pour l’économie des régions.
À Ottawa, les discussions se sont bien déroulées, selon lui. Il ignore toutefois si les élus ont bien saisi l’urgence de la situation pour certaines entreprises.
Quand on parle à chaque député, parce qu'on en a rencontré une quinzaine, tout le monde semble au courant, mais les lignes de partis ne [vont] pas dans ce sens-là du tout, souligne-t-il, en entrevue à C'est jamais pareil.

Le copropriétaire d'Identification Sports, Michel Boivin, emploie 15 travailleurs temporaires du Nicaragua. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
J'ai vu que Chaudière-Appalaches, la Beauce, le Centre-du-Québec, ils ont tous le même problème. Ils ont tous des travailleurs étrangers, ils vont tous les perdre. Il y a des compagnies qui vont carrément fermer, martèle l’entrepreneur.
Les entrepreneurs régionaux sont revenus d’Ottawa mardi sans engagements fermes en leur faveur. Le temps presse et ça va prendre un miracle, estime M. Boivin.
Par ailleurs, les récents allégements au PTET, dont le sursis de douze mois pour les travailleurs étrangers temporaires en voie d'obtenir la résidence permanente, sont insuffisants, selon Michel Boivin. En effet, aucun de ses employés nicaraguayens n’est admissible à déposer une demande de résidence permanente.
De 15 à 3 travailleurs étrangers temporaires
Identification Sports emploie 35 personnes, dont 15 Nicaraguayens. À l’échéance de leur permis de travail, l’entreprise ne pourra garder que trois d’entre eux.
Il y a quelques années, l’entreprise basée à La Baie n’a eu d’autre choix que de se tourner vers les travailleurs étrangers alors que ses employés prenaient le chemin de la retraite et que la relève se tarissait.
On était plus capables d'avoir des travailleurs canadiens. Il faut dire qu’être couturier, être couturière, c'est un métier qui s'en va tranquillement. Il n’y a plus d'école, il n’y a plus de formation, explique Michel Boivin.
J'en ai sept [employés] qui savent qu'au mois de novembre, début décembre [...] ils vont partir pour les Fêtes [et] ils ne reviendront pas, rapporte-t-il. Ça me fait de la peine et on ne peut rien faire pour eux.
Lorsqu'ils partiront, la ligne de production de Saguenay devra être fermée à 90 %, se désole-t-il. Je vais être obligé de faire faire des sacs ailleurs qu’au Québec.


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