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Face à une baisse de financement annuel de Québec qu’elle évalue à plus de 300 000 $, la Régie intermunicipale de transport Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (RÉGÎM) se voit contrainte de procéder à une réduction « chirurgicale » de ses services sur le territoire.
Alors qu’elle avait entendu en coulisses que cette situation n'aurait pas de répercussions importantes sur son financement, la RÉGÎM indique avoir finalement appris en décembre qu’une révision des paramètres d’un programme consacré au transport collectif la pénaliserait.
On était un peu choqués, admet le président de la Régie, Daniel Côté, qui ne cache pas sa frustration. Il déplore que l’organisation n’en ait pas été avisée plus tôt et qu’elle se retrouve acculée au mur. D’ailleurs, il avance que le montant exact des pertes de financement n’a jamais encore été communiqué par le provincial. Imaginez comment c’est un peu tout croche, cette histoire-là!

L'un des autobus de la Régie intermunicipale de transport Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Si la perte de 300 000 $ sur un budget total avoisinant les 5 millions de dollars peut sembler minime, M. Côté rappelle que cette somme s'avère cruciale. C’est ça qui fait la différence entre ''ça fonctionne'' et ''ça ne fonctionne pas''.
De plus, la perte de l’appui financier, qui s’appliquera à 2026 et aux années suivantes, est rétroactive à 2025. On ne peut pas faire de coupes rétroactives. Les gens qui ont embarqué dans l’autobus l’année passée, on ne peut pas les faire débarquer. Il est trop tard, c’est fait! L’élu explique d’ailleurs que le coussin financier de la RÉGÎM est désormais épuisé.
Actuellement, on est en mauvaise posture financière, on ne se le cachera pas. Par contre, il y a des pistes de solutions.
En conséquence, la RÉGÎM doit restreindre son offre sur le territoire. Par exemple, le nombre de départs quotidiens entre Chandler et Percé passe de cinq à trois et le service du vendredi entre Murdochville et Gaspé disparaît.
On a fait des coupes chirurgicales, mais à un moment donné, si on continue à manquer de financement, le bistouri va devenir de plus en plus gros et ça va faire de plus en plus mal.
Des réservations seront aussi obligatoires pour tous les déplacements entre Carleton-sur-Mer et Matapédia ainsi que sur le trajet qui relie Grande-Rivière et Percé. On va essayer de ne pas faire rouler d’autobus vides, surtout sur les bouts de réseau, indique M. Côté. Le réseau indique néanmoins que le transport adapté est épargné des compressions.

Daniel Côté, maire de Gaspé et président de la Régie intermunicipale de transport Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (Photo d'archives)
Photo : Martin Toulgoat
Le président du réseau régional appréhende néanmoins que l'inconfort supplémentaire que constitue la réservation requise encourage des usagers à délaisser le transport collectif.
Aucune mise à pied à la RÉGÎM n’est envisagée pour l’instant. On manque déjà de ressources, précise Daniel Côté, qui indique qu’il demeure primordial pour l’organisation que les usagers conservent des services humains. On ne peut pas aller là, ajoute-t-il en faisant référence à des mises à pied.
Casse-tête financier à résoudre
Daniel Côté explique que le conseil d’administration se penchera dès sa prochaine rencontre, en février, sur la façon dont la Régie pourrait générer de nouveaux revenus alors que ces derniers sont actuellement plombés par une baisse des retombées financières issues de la taxe sur l’essence.
Il y a un grand brainstorm à terminer au début de 2026 par le conseil d’administration, qui a pris acte de la situation, qui a posé des gestes d’urgence, mais qui doit aussi trouver des solutions à plus long terme, explique le président de la RÉGÎM. L’ajout d’une taxe sur l’immatriculation pourrait, à son avis, constituer une porte de sortie.

La taxe sur l'immatriculation constitue une possibilité de nouveaux revenus dont pourraient se prévaloir les MRC pour le transport adapté et collectif. (Photo d'archives)
Photo : getty images/istockphoto / Andrii Yalanskyi
Chaque fois qu’on cogne à la porte du gouvernement pour un meilleur financement, il nous renvoie vers notre nouveau pouvoir d’aller taxer l’immatriculation. On n’est pas rendu tout à fait là sur le plan de la réflexion du conseil d’administration. On épluche le dossier, on regarde si on va aller de l’avant, nuance M. Côté.
L’élu municipal rappelle que la taxe sur l’essence répartit la facture sur davantage de contribuables, notamment les touristes, ce qui ne serait pas le cas de la taxe sur l’immatriculation.
Il estime par ailleurs qu’une augmentation du coût du billet n’est pas la solution à envisager.
Si on voulait rééquilibrer les finances [seulement] avec l’utilisateur-payeur, il faudrait doubler, et même un peu plus, le prix des billets. Si on fait ça, je ne vous gage pas 300 000 $, mais je vous gage un bon montant qu’on va perdre beaucoup de clientèle, lance Daniel Côté, qui craint que les automobilistes voyageant en solo se multiplient.


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