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L’entreprise beauceronne Régitex a réduit ses déchets envoyés à l’enfouissement annuellement de plus de 80% depuis près de 5 ans grâce à un virage écoresponsable axé sur l’économie circulaire.
Dans l’industrie manufacturière, tout ce qui se mesure peut s’améliorer, explique Gaétan Demers, consultant en intelligence d’affaires, assis confortablement dans l’entrée de l’entreprise, le regard fixé sur son ordinateur. Basé à Saint-Joseph-de-Beauce, le producteur de fils pour l'industrie textile à mis en place un système pour mesurer son impact environnemental en temps réel.
De la rationalisation des transports de marchandises jusqu’au covoiturage des employés, en passant par le niveau de consommation des matériaux et de l’électricité; l’impact de chaque geste posé par l'entreprise est calculé et affiché sur son écran dans le bilan carbone de l’entreprise.

Gaétan Demers est consultant en intelligence d’affaires chez Régitex.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Depuis 2012, on a sauvé l'équivalent de 2,3 millions de kilomètres en transports. [C’est] 196 000 litres d'essence qui n’a pas été brûlée (...) [C’est] comme si on avait planté 433 arbres matures.
Des mesures concrètes
Emmanuelle Gélébart nous fait faire un tour guidé de l’entreprise. La stratège en impact durable chez Régitex pointe du doigt des boîtes de bois vides qui sont offertes aux employés gratuitement, ainsi qu’une toile de plastique de transport qui s’est transformé en couverte de protection pour une bobine de fil.
Des mesures concrètes ont aussi été mises en place pour revaloriser la fibre en fin de vie utile. Jadis destinée à l'enfouissement, elle est maintenant perçue comme un gisement aux yeux d'Emmanuelle Gélébart.
Ça permet d’optimiser nos coûts. On le fait comment? En récupérant de la matière première qui coûte très cher et en le remettant dans notre production. On le revalorise économiquement.
Régitex vend aussi sa fibre à une entreprise qui la revalorise dans des panneaux acoustiques, en plus d'en fournir à une jeune pousse qui lui donnera une seconde vie.
Les employés sont mis à contribution dans la philosophie de l’entreprise, qui se définit comme libérée et responsabilisante. Les travailleurs sont sensibilisés sur leur impact environnemental et invités à oeuvrer pour le bien commun.

Émilien Bernard a récolté des bobines en plastique avec du carbone et tente de leur trouver une deuxième vie au sein de l’entreprise. Emmanuelle Gélébart travaille avec lui pour trouver une solution.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Suivre son instinct
Kathrine Mathieu a repris les rênes de l’entreprise familiale en 2022. L'entrepreneuse a décidé d’amorcer ce virage écoresponsable pour détourner le plus de fibres possible de l'enfouissement.
Ça a été un fait marquant pour moi, j'ai dit : "Mon Dieu, chaque année, ça coûte plusieurs milliers de dollars, ça ne fait aucun sens là. Faut absolument arrêter ça là", se rappelle la femme d’affaires beauceronne tout près de ses bobines de fil qui valent leur pesant d’or.

Kathrine Mathieu a pris la relève de sa mère Lisa Fecteau à la tête de l’entreprise beauceronne fondée par son grand-père.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Un partenariat avec la ville de Montréal a aussi été tissé pour revaloriser les vieux uniformes des pompiers, une démarche unique dans l’industrie. Régitex déchiquète l'équipement pour refaire du fil qui sert à la confection de nouveaux uniformes neufs.
On a réintégré environ 12 % de fibres recyclées pour vraiment refaire un matériel. [...] On est vraiment les premiers à avoir réussi là à refaire ça, lance fièrement Kathrine Mathieu qui déborde d'idées pour la suite.

Une cagoule de pompier neuve confectionnée à partir d'une autre cagoule en fin de vie.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Un balado écoresponsable
Des valeurs environnementales qui ont mené à la production d’un balado nommé Du placard à la planète pour démystifier l’industrie polluante du textile, son impact sur l’environnement, mais aussi sur les consommateurs.
Gaétan Demers souhaite faire passer les gens de l'écoanxiété à l'écolucidité avec le balado. On veut aider les personnes à comprendre ce qu'elles portent sur leur corps. Qu’est-ce qui arrive avec ce vêtement-là en fin de vie?, lance-t-il.
On amène des solutions à moins surconsommer, à mieux acheter, à mieux entretenir, pour mieux disposer de nos vêtements. Et aider les gens à vivre mieux avec ça.


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