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Sur des marches, sur un banc de parc ou une simple chaise de camping, les dessinateurs urbains observent la ville, crayon à la main. Dans une ambiance détendue, Toronto prend vie dans les carnets des membres de ce groupe.
Toutes les deux semaines, ce groupe rassemble des passionnés de tout âge et de tout niveau dans un lieu dévoilé sur les réseaux sociaux. Leur seule règle : Apporter son propre matériel.

Les rencontres réunissent plusieurs dizaines de personnes de tout âge et de tout niveau à chaque session, comme à Allan Garden.
Photo : Urban Scketcher Toronto
Quand on est seul, on n’est peut-être pas aussi à l’aise. On est peut-être un peu démotivé, explique Vivian Soetikno, l'une des administratrices d'Urban Sketchers Toronto. Quand on est avec un groupe de personnes qui font la même chose que nous, tout à coup, on se dit : “Oh d’accord, je dois essayer ça, je dois le faire”.

Vivian Soetikno a rejoint le groupe Urban Sketchers de Toronto en 2017.
Photo : Avec la gracieuseté de Vivian Soetikno
À la fin de la rencontre, on partage nos croquis. On partage tout ce que l'on a dessiné pendant les deux heures de la rencontre comme ça, chacun peut en tirer sa propre inspiration.
J'étais tout simplement fasciné par la manière dont les gens interagissent entre eux, alors j'ai essayé de les représenter, raconte Philip Dobson, qui a rejoint le groupe en 2017. J'ai eu envie de les montrer dans leur environnement, et c'est là que j'ai découvert l'existence du croquis de rue.
Pour lui, ces rencontres sont un dialogue ouvert avec d’autres artistes qui sont très disposés à partager leur démarche. On parle aussi de choses comme nos familles, ajoute-t-il, on se retrouve tous ensemble et on discute de tout et de rien.
Plus je réalise de croquis à ces endroits, plus mon lien émotionnel avec ces lieux augmente de manière exponentielle.
Urban Sketchers Toronto est l'une des branches de l'association Urban Sketchers, née à Seattle en 2009. Depuis, 300 groupes ont été créés à travers le monde, dont Montréal, Vancouver ou encore Edmonton.
Immortaliser la vie torontoise
Le croquis, ce n’est pas seulement dessiner des bâtiments, explique Vivian Soetikno, mais aussi l’histoire qui se cache derrière ces bâtiments. C’est dessiné les gens en direct. L’impression que nous avons est d'essayer de capturer ça dans notre dessin.

À la fin de chaque session, les dessins réalisés sont exposés quelques minutes.
Photo : Radio-Canada / Cecile Bernard
Après une mésaventure dans le tramway, Vivian Soetikno recommande d'être discret lorsque l'on dessine les personnes dans leur environnement. Je pense que la plupart des gens sont contents d’être le sujet de ton croquis, mais il y en a qui ne le sont peut-être pas autant, explique-t-elle.
Nous avons une forte connexion avec les éléments que nous dessinons.
En plus de leurs rencontres régulières, les membres du groupe organisent des sessions particulières. En mars 2026, un partenariat avec Orchestra Toronto a ainsi permis aux artistes de dessiner les musiciens durant une répétition. Leurs croquis ont été exposés lors d’un concert, et certains ont été intégrés au livret de programmation.

Le groupe Urban sketchers Toronto a noué un partenariat avec Orchestra Toronto en mars 2026.
Photo : Sony Padovani
Pour Vivian Soetikno, les croquis sont aussi une manière de sensibiliser les gens sur l’identité culturelle de Toronto.
Le 15e symposium d'Urban Sketchers à Toronto
Chaque année, une ville différente accueille un rassemblement international de dessinateurs de rue. À cette occasion, l'association locale organise des ateliers et des sessions de croquis. Du 15 au 18 juillet, Vivian Soetikno, Philip Dobson et d'autres participants canadiens ont assisté à ce symposium à Toulouse, qui a réuni plusieurs centaines de dessinateurs venus de divers pays.

Les dessinateurs canadiens des différentes branches d'Urban Sketchers se sont retrouvés à Toulouse pour le 14e symposium.
Photo : Avec la gracieuseté d'Elena Zaritovskaya
On interagissait beaucoup avec des gens d'autres pays, raconte Philip Dobson. C'était vraiment génial d'échanger avec eux.
L’année prochaine, Toronto sera la ville hôte du 15e symposium. Un secret gardé par Vivian Soetikno depuis janvier. Ça n'a pas été facile, raconte-t-elle avec un sourire.
L'annonce, faite lors de la cérémonie de clôture, a été un soulagement pour elle. Il y a toute cette émotion liée à l'annonce officielle et au fait qu'on n'ait enfin plus à garder ce secret pour nous.


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