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En amont du barrage de ce dimanche face à La Rochelle, le talonneur parisien évoque le renouveau du club de la capitale, métamorphosé après une dernière saison plus que délicate.
Un retour fracassant dans le peloton de tête. Après une dernière saison cauchemardesque conclue à la 12e place du championnat, le Stade Français s’est métamorphosé pour revenir jouer les premiers rôles. Qualifiée en phase finale (avec, en prime, une place sur le podium), la troupe de Paul Gustard se frotte au Stade Rochelais, ce dimanche (21h05 sur Canal+), pour un barrage qui promet des étincelles. Lucas Peyresblanques, talonneur arrivé de Biarritz en 2022, évoque pour Le Figaro le renouveau du club parisien.
LE FIGARO : avec cette qualification pour la phase finale, le Stade Français est-il de retour à sa place ?
Lucas PEYRESBLANQUES : Oui, on peut le dire. Si on revient en arrière, on avait terminé deuxième en 2024 et parmi les quatre premiers en 2023. On a retrouvé le top 6 et aussi une identité de jeu qui s’est développée au cours de la saison. Ce barrage vient concrétiser tous les efforts réalisés cette année.
Passer de la lutte pour le maintien au podium en quelques mois, comment l’expliquer ?
Je pense que ce serait très long d’expliquer toutes les raisons... (rires) On a pu compter sur un état d’esprit qui a été formidable, en prenant un bonus sur quasiment tous les matchs, que ce soit offensif ou défensif. Ça traduit une mentalité qu’on n’a pas eue l’année dernière, et une remise en question de l’ensemble de l’effectif.
On bénéficie tous un peu de l’état d’esprit collectif Passer la publicité
Quel a été le discours tenu durant l’intersaison ?
On a eu un préparateur mental qui a intégré le staff et qui a pu nous aider à se dire les choses. On a tous été blessés dans notre ego. Personnellement, je pense qu’on avait honte des performances individuelles et collectives de l’an passé et qu’on voulait juste faire honneur à nous et au club. Et après, la mayonnaise a pris directement, avec l’intégration de certains joueurs. On a vu une grande différence. Au poste de centre, Tani Vili et Noah Nene nous ont fait beaucoup de bien. Ce sont des profils que l’on n’avait pas les années passées et ils excellent au centre du terrain.
Le club semble porté par ses leaders et certaines recrues qui avaient connu quelques failles la saison dernière, l’équipe est-elle plus complète ?
Oui, je pense. Après, on bénéficie tous un peu de l’état d’esprit collectif. Ce sont des joueurs qui sont pétris de qualité. Et forcément, quand devant, tu es moins conquérant, un peu plus dans le doute, ils ont du mal à s’exprimer. Cette saison, ils ont pu prouver tout leur talent. Il n’y a pas de secret, quand on met les bons ingrédients, l’équipe se régale.
Vous avez retrouvé une conquête solide, avec notamment une excellente mêlée, c’est un exercice où vous pensez avoir encore progressé ?
On peut toujours s’améliorer. Je pense que, par moments, on manque un peu de consistance dans ce secteur. Mais par contre, on arrive clairement à mettre en difficulté beaucoup de nos adversaires, donc c’est un facteur important pour les matchs de phase finale qui viennent. On veut aussi progresser en touche, où l’on sait qu’on a quelques axes de progression.
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Vous êtes est également la deuxième meilleure attaque du championnat, juste derrière le leader toulousain. Le Stade Français est-il devenu tout-terrain ?
Oui, c’est un secteur que l’on voulait améliorer. C’est sûr qu’il y a une grosse différence par rapport aux années passées. C’est un travail de plusieurs mois, et aujourd’hui tout le monde est sur même longueur d’onde. C’est ça qui fait la différence. Sur les dernières rencontres, on voit qu’on est quand même assez dangereux.
Avez-vous un regret par rapport à l’élimination en Challenge Cup face aux Dragons, en huitièmes de finale ?
Cette défaite, on ne l’avait pas prévue dans la comptabilité, comme on dit. Pour nous, c’était clairement l’un des objectifs de la saison. Ce match n’est certainement pas arrivé au meilleur des moments. On avait des mecs fatigués, quelques absents et on s’est clairement troués. Mais ensuite, on s’est recentrés. Et ça nous a aussi libérés des week-ends, on a pu accumuler de la fraîcheur. Je pense qu’aujourd’hui, on est tous en pleine forme et on est excités de ne pas se rater ce dimanche.
Chaque équipe peut regretter des matchs où elle a lâché un point à la fin. Il faut vraiment être concentré et avoir un état d’esprit irréprochable pour pouvoir terminer dans le top 6
Paul Gustard regrettait, en début d’année, le manque d’appelés parisiens sous le maillot bleu. D’un autre côté, conserver le même groupe toute la saison vous a peut-être aidé ?
Je ne sais pas s’il y a une vérité, mais en tout cas, je pense qu’on ne méritait certainement pas d’avoir beaucoup d’appelés en sélection. Quand on sort d’une saison pareille... Je pense qu’on avait juste besoin de travailler. Ça peut arriver dans les semaines qui viennent, parce qu’on a été performants et que plusieurs de nos joueurs se sont mis en valeur. Mais il faut déjà faire les choses dans l’ordre et parvenir à enchaîner les bonnes saisons.
L’UBB, double championne d’Europe, ne s’est pas qualifiée pour la phase finale. À quel point ce championnat est-il exigeant au quotidien ?
C’est un marathon, comme le dit souvent Morgan (Parra). Tu ne peux pas faire réellement d’impasse. Il faut se battre tous les week-ends, que ce soit à domicile ou à l’extérieur, et le moindre point de bonus fait la différence. Quand on voit à quoi ça se joue sur la dernière journée, je pense que chaque équipe peut regretter des matchs où elle a lâché un point à la fin. Il faut vraiment être concentré et avoir un état d’esprit irréprochable pour pouvoir terminer dans le top 6.
Comment abordez-vous ce barrage face au Stade Rochelais, une équipe en forme, que vous avez affronté samedi dernier (défaite 27-22 ) ?
Ça nous a donné quelques pistes, c’est sûr. Après, on n’a clairement pas été bons le week-end dernier. Mais on est en confiance et on a des arguments à faire valoir, donc on s’est plutôt concentrés sur nous. Le Stade Français n’a plus gagné un match de phase finale de Top 14 depuis 10 ans. On sait qu’on doit se concentrer sur nous et je pense que si on fait les choses dans l’ordre, avec l’appui du public à domicile, on sera dans la partie.
Y a-t-il un favori qui se détache ?
Quand on observe la saison et les états de forme, Toulouse et Montpellier sont les deux favoris. Les Toulousains, je pense qu’on ne peut pas les remettre en question là-dessus. Ils sauront être présents. Mais ce n’est pas une question qu’on se pose. On a déjà un match ce week-end, une demi-finale en cas de victoire et après, je l’espère, une finale.
Vous avez prolongé votre contrat jusqu’en 2029 avec le Stade Français, comment observez-vous le développement du club ?
Je me sens bien à Paris. Je vois le projet qui est en train d’évoluer et qui se dirige vers un jeu plus offensif. C’est ce qui me correspond. Il y a aussi des jeunes qui commencent à monter avec nous et qui nous permettent de conserver une certaine exigence. Je suis assez optimiste pour les années à venir. Et puis personnellement, j’ai aussi envie d’avoir de la stabilité et ne pas forcément beaucoup bouger dans ma carrière.


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