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"Tiens le coup, maman !" : l'inquiétude des Iraniens en France, sans nouvelles de leurs proches depuis les frappes américaines et israéliennes

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Depuis vendredi soir, le régime iranien a coupé toutes les connexions : plus de téléphone, ni d'Internet alors que les bombardements américains et israéliens sévissent dans la région. Alors en France, les Iraniens sans nouvelle de leurs proches tentent de les joindre par tous les moyens.

Publié le 02/03/2026 09:14 Mis à jour le 03/03/2026 11:47

Temps de lecture : 4min

Le drapeau iranien, brandi dans une manifestation anti-régime à Paris, dimanche 1er mars 2026. (ANNA KURTH / AFP) Le drapeau iranien, brandi dans une manifestation anti-régime à Paris, dimanche 1er mars 2026. (ANNA KURTH / AFP)

L'angoisse, de nouveau. Depuis vendredi soir et le début des bombardements américains et israéliens, les Iraniens qui vivent en France n'ont plus de nouvelles de leurs proches en Iran. Le régime a coupé toutes les connexions, Internet et le téléphone ne répondent plus. Alors les Iraniens de France se rassemblent, comme dimanche 1er mars, à Paris, lors d'une manifestation anti-régime, et essayent de se rassurer face au silence angoissant.

Sogan tient une pancarte dans une main et son téléphone dans l'autre. Cette quinquagénaire iranienne tente de joindre sa sœur à Téhéran, à la fois sur WhatsApp et sur le fixe, mais pas de réponse : ça sonne dans le vide. Elle a tout de même réussi à l'avoir une minute au téléphone. "Lorsque les attaques se sont rapprochées de sa maison à Téhéran, elle m'a appelée pour me rassurer et me dire que tout le monde allait bien", raconte-t-elle, la voix tremblante.

Le système D s'organise pour réussir à joindre les familles en Iran. Alors Sam, un autre manifestant, vient demander à Sogan comme elle a réussi à joindre sa sœur. "J'aimerais bien savoir comment je peux faire pour contacter ma famille, car hier et aujourd'hui je n'ai pas pu les joindre...", indique-t-il, inquiet. Car ce sont les proches restés en Iran qui doivent acheter eux-mêmes une carte SIM internationale, mais elles ne sont pas faciles à trouver et les minutes coûtent cher.

L'autre option, ce sont les VPN, utilisés pour déjouer les restrictions. Mais ils ne marchent presque plus, se désole Mahsa en fixant l'écran de son téléphone : "J'ai envoyé un message il y a six heures, mais elle ne l'a toujours pas vu..." Elle a tenté d'envoyer de nombreux messages de joie, à l'annonce de la mort du guide suprême Ali Khamenei, mais ils sont tous restés sans réponse. La jeune femme a surtout envie de téléphoner à son père dans ce contexte : "Parce qu'il m'a dit cet été, 'je vais avoir 90 ans dans quelques mois, est-ce que tu penses que je vais voir cette révolution et la mort de Khamenei ?', eh bien il l'a vue !", déclare-t-elle, la gorge nouée par l'émotion.

Un peu à l'arrière du cortège, Asal a appris par un voisin que sa mère allait bien, mais elle voudrait lui parler directement pour la rassurer. "Elle a très peur, elle habite seule à Téhéran et il y a eu des bombardements autour de chez elle, donc j'espère vraiment que les choses vont s'arranger assez vite, car quand le lien est coupé, c'est très compliqué de vivre l'exil", indique-t-elle. "Si je l'avais en face de moi, je lui dirais 'tiens le coup, maman !'"

Malgré les communications difficiles, beaucoup d'Iraniens dans le cortège restent confiants pour la sécurité de leurs proches, et se persuadent que les bombardements sont ciblés. "On n'a pas de nouvelles, mais on voit dans les journaux qu'il n'y a pas de mort ou de blessé parmi les civils, donc ça signifie qu'ils vont bien", affirme Shasha. "On sait bien qu'Israël ou les Etats-Unis ne vont pas s'attaquer aux gens dans la rue", renchérit Sam.

C'est aussi peut-être qu'on s'habitue, glisse une autre manifestante dans la foule. Il faut dire que c'est la troisième coupure en Iran en moins d'un an, après celle de la guerre des 12 jours et les répressions de janvier.

L'inquiétude des Iraniens en France, sans nouvelles de leurs proches depuis les frappes américaines et israéliennes : le reportage de Caroline Félix à Paris

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