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Le romancier avait donné son accord à une suite des aventures de son espion Jonathan Pine. Tom Hiddleston est toujours aussi magnétique.
Passer la publicité Passer la publicitéEn 2016, la BBC adaptait magistralement, en série, le roman de John le Carré Le Directeur de nuit. The Night Manager suivait Jonathan Pine, ancien des forces spéciales britanniques. Reconverti dans l’hôtellerie de luxe, il était recruté par les services secrets pour infiltrer l’entourage d’un marchand d’armes, Richard Roper. Le premier était campé par l’énigmatique Tom Hiddleston (Avengers , Life of Chuck ), le second par un terrifiant Hugh Laurie (Dr. House). Adoubé par John le Carré, le créateur de la série David Farr avait obtenu du romancier, décédé en 2020, sa permission exceptionnelle pour imaginer à ce face-à-face une suite. Face à la page blanche offerte - John le Carré n’a pas donné d’autres aventures à Pine -, le showrunner a été aiguillonné par un rêve étrange : une voiture noire remontant une colline.
Le spectateur peut contempler le résultat sur Prime Video. Cette seconde saison de The Night Manager s’avère feutrée, hypnotique et tortueuse. Dix ans après ses exploits au Caire, Jonathan Pine supervise des opérations de surveillance à Londres contre le blanchiment d’argent. La dernière fois qu’il a posé les yeux sur Roper c’était dans une morgue en Syrie. Le fantôme de son adversaire ne l’a jamais vraiment quitté. Lorsqu’il reconnaît un des anciens collaborateurs de son Roper, il ne peut s’empêcher de le suivre jusqu’en Colombie. Il y découvre que l’empire de son ennemi juré continue de prospérer et que des taupes opèrent au sein du MI-6, chapoté par la pragmatique Indira Varma (Game of Thrones).
Jungle verdoyante
Pendant trois des six épisodes, Tom Hiddleston irradie seul l’écran, avant que les grands noms de la série, Olivia Colman et Hugh Laurie, ne réapparaissent, grâce à un stratagème scénaristique qu’il serait déloyal de révéler. « Mon personnage a vieilli de dix ans. Il est toujours doté d’un courage et d’une lucidité morale extraordinaires, mais cette force intérieure intense est tourmentée. Comme notre monde, Pine n’est pas ressorti indemne de la fragmentation et de l’incertitude de notre décennie. Ses cicatrices intimes supplémentaires l’ont rendu plus endurant et curieux », promet au Figaro le comédien britannique.
La Colombie à la jungle verdoyante et au ciel azur, révolutionne l’atmosphère de la série, qui laisse sa palette de bleus et de gris pour une image saturée de couleurs et de sensualité. « Cette contradiction entre l’élégance et le luxe, payé dans le sang, qu’exaltent les adversaires de Pine, et la brutalité de leur commerce mortifère, est dans l’ADN de cet univers », souligne Tom Hiddleston.
Pine se fait cette fois passer pour un investisseur indélicat pour gagner la confiance du nouvel homme fort, l’impatient et jeune Teddy, qui équipe en secret la guérilla en utilisant son organisation caritative comme paravent. Son interprète, le comédien mexicain Diego Calva, révélé par le Babylon de Damien Chazelle, tient tête, sans rougir, à Tom Hiddleston. La séduction n’est pas qu’intellectuelle. Elle repose sur un ressort trouble et charnel, que les acteurs exploitent sur une piste de danse ruisselante de sueur.
Miroir de la géopolitique actuelle, The Night Manager, dont un des rebondissements fait étrangement écho à l’intervention américaine au Venezuela, est devenu cynique et nihiliste. Son dénouement implacable en ébranlera beaucoup, même s’il est le prélude à une troisième saison déjà en chantier.


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