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« The Darkness » : séries noires pour nuits blanches

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Polar+ diffuse, à partir du 1er février, cette fiction américano-islandaise en six épisodes, porté par Lena Olin, nouvelle adaptation d’un thriller d’Europe du Nord.

Tout commence avec Millénium. La trilogie du suédois Stieg Larsson a connu un succès phénoménal en librairie (plus de 50 millions d’exemplaires vendus) qui a rejailli sur son adaptation pour le petit écran diffusée en 2010 sur Canal+. En Europe du Nord, la tradition des maîtres du polar est très forte : Henning Mankell (Wallander) fut l’un des premiers à élargir son lectorat au-delà des frontières. À sa suite, Arnaldur Indridason, Camilla Läckberg… Depuis, Arte, de The Killing à Meurtre à Varjakka, et Canal+, de Bron (et sa version française Tunnel) à The Darkness, ce dimanche sur sa chaîne Polar +, n’ont de cesse de faire découvrir des pépites du nordique noir…

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Reykjavik, Islande, extérieur nuit. Vue du ciel de la capitale enneigée. Une automobiliste fonce délibérément sur un piéton… Le générique, dans un somptueux noir et blanc, survole les glaciers. Une jeune femme enfermée dans une cabane au milieu de nulle part prend la fuite avant d’être tuée. Des touristes asiatiques en randonnée sur une rivière gelée découvrent un cadavre pris dans les glaces. Banal accident ? Une seconde jeune femme est bientôt portée disparue… The Darkness, adaptée du polar à succès La Dame de Reykjavik de Ragnar Jonasson, excite d’emblée la curiosité.

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Vulnérable et intense

L’histoire suit Hulda Hermannsdottir (l’actrice suédoise Lena Olin, révélé par L’Insoutenable légèreté de l’être), inspectrice de police chevronnée proche de la retraite qui choisit de mener une dernière enquête difficile : les disparues sont des réfugiées russes en attente d’asile, et ses supérieurs ne font pas preuve d’une grande motivation pour la soutenir dans ses recherches, bien au contraire. Malgré les obstacles institutionnels mais aussi personnels, Hulda ne lâche rien, portée par une empathie sans failles.

« Ma fille s’est suicidée il y a un an, mon mari a fait un infarctus qui a failli le tuer il y a quatre jours, je vais me faire évincer de mon job par des salauds sexistes et âgistes, j’ai aussi eu une enfance pourrie… », lance-t-elle à la psychologue de la police. « Alors que certaines personnes parlent beaucoup de leurs pertes, Hulda et moi avons tendance à mettre notre douleur de côté et à tenter de l’affronter en avançant plutôt qu’en l’exprimant », confiait la comédienne au lancement de la série en 2024. Son personnage, vulnérable et intense, rageur parfois, soulève la question de la gestion du deuil, dans son rapport à son époux ou son voisin veuf, au chien fort amical, celle de la culpabilité…

Le silence de la nuit arctique

Ce thriller nordique noir, très noir, respecte les règles du genre. L’inspectrice en fin de partie, qui fait montre d’une farouche détermination, est tourmentée et se débat avec des fantômes personnels. Une collaboration forcée avec un jeune binôme, qui plus est « étranger », confronté à une nouvelle culture. Des conflits au sein de l’équipe de policiers. Un tueur en série. Une intrigue complexe qui évoque la corruption, comme le trafic de personnes. Mais aussi une valeur ajoutée, l’image.

La caméra, élégante, du cinéaste suédois Lasse Hallström (Gilbert Grape, Le Chocolat), joue des transparences et tire magnifiquement parti des paysages de l’Islande et de l’obscurité de la nuit arctique, une atmosphère silencieuse, presque pesante. « Je n’y étais jamais allé, alors forcément, j’ai été conquis par ces panoramas, a souligné le réalisateur. Ils font partie intégrante de l’histoire, du personnage d’Hulda et de la vie de l’île en général. Il existe un certain mystère et une dimension spirituelle, inhérente aux paysages islandais, qui, je l’espère, transparaît dans la série et sera un fil conducteur. »

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