D'abord une bande préenregistrée, cinq minutes de pluie et d'orage qui gronde dans le lointain, comme pour rappeler que la new wave n'est pas une musique de canicule – mais ça se discute, et la bande à Robert Smith interprétera d'ailleurs plus tard The Last Day of Summer, de loin pas la plus inoubliable de leurs compositions, extraite du très moyen Bloodflowers, album de 2000). Mais pour entamer son cinquième concert au Paléo Festival, après 1985, 2002, 2012 et 2029, The Cure aura d'abord offert le sublime Alone qui, lui, est tiré d'un des meilleurs disques du groupe: le miraculeux Songs of a Lost World, sorti en automne 2024 après seize ans de silence discographique.
Après une longue introduction atmosphérique, une des marques de fabrique de The Cure, Robert Smith, 67 ans, qui a comme à son habitude longuement pris la pose en arrivant sur scène à la suite de ses cinq complices (avec Eden Gallup, fils du bassiste Simon Gallup, venu combler le vide laissé par le décès en décembre dernier du claviériste et guitariste Perry Bamonte), entame le premier couplet d'Alone: «This is the end of every song that we sing.» C'est la fin de toutes les chansons que nous chantons… Songs of a Lost World est un disque certes magnifique, mais hanté par la mort, la disparition, la finitude des choses. En fin de concert, avant le traditionnel rappel qui verra huit tubes se succéder sans répit, de Lullaby à Boys Don't Cry en passant par Close To Me et Friday I'm in Love, on aura eu droit à un second extrait de ce 14e album, Endsong, avec une intro plus longue encore que celle d'Alone.


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