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Un jour, du côté de Houston, au Texas, quelqu'un s'est dit qu'agrandir une autoroute locale pour en faire la plus large du monde (en comptant les rampes d'accès) pourrait suffire à régler les problèmes d'embouteillages. Ce projet a fini par être validé. Quelques années plus tard, après l'élaboration d'une route à vingt-six voies et une dépense de près de 3 milliards de dollars (environ 2,6 milliards d'euros), les responsables texans ont réalisé que cette solution était une fausse bonne idée, qui ne résolvait pas grand-chose.
C'est entre 2003 et 2008 que l'Interstate 10 a été ainsi élargie, pour répondre à une problématique de taille: conçue dans les années 1960 pour permettre le passage d'environ 80.000 véhicules par jour, cette autoroute reliant le centre de Houston à la ville texane de Katy semblait ne plus faire le poids face aux 250.000 automobilistes quotidiens enregistrés dans les années 2000. Il n'était pas rare de passer onze heures dans les bouchons.
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Le média espagnol Ecoticias résume les choses ainsi: en donnant plus d'espace aux voitures, l'administration fédérale des autoroutes a en fait incité davantage d'usagers à utiliser leur automobile, générant ainsi un phénomène de «demande induite». Peu après l'inauguration des nouvelles voies, tout semblait fonctionner parfaitement: temps de trajet réduits, usagers ravis, célébrations publiques organisées par la mairie de Houston en mémoire des problèmes de circulation considérés comme révolus.
Demande induite et congestion routière
Mais le miracle n'a pas duré: alléchés par la promesse de trajets fluides, de très nombreux citoyens texans se sont remis à utiliser leur voiture pour se déplacer. Selon un groupe nommé Houston Tomorrow, un trajet partant du centre de la ville nécessitait 70 minutes en 2014… contre 46 en 2011. Une autre étude réalisée par City Observatory a montré que les automobilistes perdaient 25 minutes de plus le matin et 23 de plus l'après-midi par rapport au moment où l'autoroute venait d'être ouverte.
Ce phénomène de «demande induite» est non seulement dû à l'envie de profiter soi-même de l'amélioration de la circulation routière, mais aussi à la profusion de commerces et de logements ajoutés peu à peu par les promoteurs autour de l'Interstate 10. En très peu de temps, les voies se sont retrouvées encombrées de véhicules, et le même problème s'est reproduit, avec cette fois-ci davantage de conducteurs et de gaz d'échappement.
Les concepteurs de cette autoroute élargie auraient dû consulter l'étude réalisée en 2011 par les économistes Gilles Duranton et Matthew Turner, qui ont démontré la «loi fondamentale de la congestion routière»: plus on ajoute de kilomètres de voies, plus le trafic augmente dans les mêmes proportions. La notion de «demande induite» aurait également dû être mieux prise en compte: les organismes de transport l'utilisent aujourd'hui comme règle officielle, en ayant par exemple recours à des calculateurs permettant de prévoir l'évolution du trafic en fonction des travaux réalisés sur les grands axes.





























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