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Terrorisme. Attentats de Bruxelles : dix ans après, la Belgique se recueille ce dimanche

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La Belgique commémore dimanche les dix ans des attentats djihadistes de mars 2016 à Bruxelles, un traumatisme encore palpable dans le pays, dont les autorités assurent avoir tiré les enseignements en musclant le renseignement et la lutte antiterroriste.

Ces attentats-suicides revendiqués par l'organisation Etat islamique (EI) avaient fait 32 morts et plus de 300 blessés le 22 mars 2016, quatre jours après l'arrestation de Salah Abdeslam dans la capitale belge.

La même cellule djihadiste, sous l'autorité de cadres de l'EI, avait déjà attaqué Paris et sa proche banlieue le 13 novembre 2015 (130 morts). L'interpellation d'Abdeslam a précipité les projets de nouvelles attaques.

A l'aéroport puis au métro Maelbeek

Dimanche matin, à l'horaire précis où trois assaillants ont déclenché leurs explosifs il y a dix ans – deux dans un hall d'aéroport et un autre dans un métro également bondé –, toute la Belgique se souviendra des attentats les plus meurtriers de son histoire.

Les commémorations démarrent vers 8h à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, avant de se poursuivre une heure plus tard à la station de métro Maelbeek, l'autre cible des assaillants en plein quartier des institutions de l'UE.

L'hommage national organisé par les services du Premier ministre Bart De Wever, en présence du couple royal, Philippe et Mathilde, connaîtra son point d'orgue non loin de là, devant un monument érigé en mémoire des victimes d'attentats, avec une série de discours et témoignages à laquelle plusieurs centaines de personnes devraient assister.

« C'est vraiment primordial pour moi d'y être »

« J'ai assisté à toutes les commémorations, c'est vraiment primordial pour moi d'y être, c'est ma place », a confié, à la veille de l'événement, Christelle Giovannetti, blessée dans le métro et « marquée à vie » par la scène de guerre observée ce matin-là. Elle compte parmi les rescapés qui doivent s'exprimer.

Ces commémorations ont lieu sur fond de guerre au Moyen-Orient, un contexte qui fait craindre aux autorités belges de nouvelles attaques.

Une explosion criminelle a endommagé le 9 mars la synagogue de Liège (est), sans faire aucun blessé, avant deux incidents similaires aux Pays-Bas les 13 et 14 mars ciblant la communauté juive.

En Belgique, la menace terroriste est maintenue au niveau 3 sur quatre possibles, jugée « grave », depuis un attentat perpétré en octobre 2023 à Bruxelles, selon l'organe chargé de l'analyser (Ocam). Un Tunisien radicalisé avait alors abattu à l'arme de guerre deux supporters de football suédois, avant d'être abattu le lendemain par la police.

« C'est un sentiment d'échec »

Le directeur de l'Ocam, Gert Vercauteren, a encore en mémoire les ratés sécuritaires qui ont été reprochés à la Belgique après la vague d'attentats de 2015-2016. « C'est un sentiment d'échec qui nous a tous frappés évidemment », admet-il dans un entretien avec l'AFP.

Au lendemain des attaques de 2016, le gouvernement belge tangue ; deux ministres proposent leur démission quand la Turquie accuse un policier belge en poste à Istanbul d'avoir négligé une information essentielle en sa possession.

Un certain Ibrahim El Bakraoui, un Bruxellois à l'époque déjà condamné pour banditisme en Belgique, avait été arrêté à l'été 2015 à Gaziantep, à la frontière syrienne. L'information n'est pas remontée à temps à Bruxelles, et El Bakraoui n'a pu être intercepté à sa descente d'avion après son expulsion par Ankara. Il fut le 22 mars 2016 un des deux assaillants de l'aéroport.

Indemnisations, erreurs administratives : des victimes encore dans la tourmente

Dix ans après les attentats, certaines victimes se plaignent de n'avoir pu encore faire reconnaître leurs séquelles, physiques ou psychiques, ce qui limite de fait leur droit à des indemnisations.

Jeudi, le ministre de la Défense Theo Francken a dû admettre « une grave erreur » à propos du remboursement d'indemnités qui a été exigé à 14 victimes après de mauvais calculs de l'administration fédérale des pensions.

Un meilleur partage d'informations entre la police et le renseignement

Aujourd'hui justice, police et services de renseignement assurent avoir nettement amélioré le partage d'informations. Les effectifs de la Sûreté de l'Etat (renseignement civil) sont passés en dix ans de 600 à 950 agents. « On a tiré les bonnes leçons », assure Gert Vercauteren.

Il présente comme « une grande avancée » la création d'une banque de données communes sur les profils extrémistes, que tous les services de sécurité, y compris les polices municipales en lien avec les éducateurs sur le terrain, peuvent consulter et alimenter. Les données sont sans cesse actualisées, selon lui.

Dans cette banque de données figuraient l'an dernier 555 extrémistes « suivis prioritairement », dont 86 % pour « extrémisme islamiste », d'après l'Ocam.

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