À Roland-Garros, les équipementiers ne regardent pas seulement le présent mais déjà l’avenir. Invité d’Europe 1, Éric Babolat explique comment la marque française détecte et accompagne de très jeunes talents, dès 10 ans, en combinant repérage en club, performance sportive et environnement familial.
Les marques en quête de nouveaux talents sportifs. Alors que les plus grands joueurs de tennis s’affrontent porte d’Auteuil, sur la terre battue de Roland-Garros, les équipementiers, eux, pensent déjà à l’avenir. À cette occasion, Éric Babolat, PDG de l’entreprise française Babolat, spécialisée dans la fabrication d’articles de sport de raquette, est l’invité de La France Bouge. Sur Europe 1, il explique comment sa marque procède pour repérer ses prochains ambassadeurs.
Si Babolat compte parmi ses rangs de grands noms comme Rafael Nadal ou Carlos Alcaraz, tous deux vainqueurs des Internationaux de France, l’équipementier regarde déjà plus loin. Mais par quels moyens repère-t-il les champions de demain ?
Un contrat international à 10 ans
"Le jeudi avant Roland-Garros, nous avons organisé un événement avec de jeunes joueurs français de 10 à 12 ans, appelés à devenir de futurs champions. Nous leur avons fait rencontrer Loïs Boisson ou Giovanni Mpetshi Perricard afin qu’ils se rendent compte de ce que représente le haut niveau", explique-t-il.
Éric Babolat précise que la marque identifie ces jeunes talents "grâce aux clubs dont elle est partenaire". "Être partenaire d’un club pour Babolat, c’est fournir le matériel, les balles, les raquettes pour les moniteurs ou les équipes de compétition. Et forcément, lorsque nous sommes présents de cette manière, les jeunes ont envie de jouer avec le matériel de leurs idoles ou de leurs entraîneurs", souligne le dirigeant.
Selon lui, la qualité des produits contribue également à fidéliser ces futurs talents et permet ainsi de les détecter et de les accompagner. Récemment, Babolat a d’ailleurs signé "un contrat un peu différent" avec un jeune Français de 10 ans prénommé Jules. Celui-ci bénéficie d’un contrat international, ce qui est inhabituel à cet âge.
"Normalement, à 10 ans, ils ont des contrats locaux ou régionaux, mais nous y croyons. Nous pensons qu’il fait partie des talents exceptionnels, même si la route est encore longue", précise l’invité d’Europe 1. À titre de comparaison, Rafael Nadal avait signé son premier contrat avec Babolat à 12 ans.
"Il faut un équilibre familial"
Concrètement, quels critères permettent d’investir sur un joueur si jeune ? "C’est un mélange de performance sportive et d’environnement, souvent familial, qui nous montre qu’il a du talent et la capacité de progresser", indique-t-il.
La marque s’interroge également sur des aspects plus humains : la solidité psychologique, la capacité à gérer la pression, ou encore la qualité de l’environnement familial. "Si les parents pensent avoir gagné au loto parce qu’ils ont un champion et qu’ils le poussent à l’excès, cela fonctionne rarement", observe-t-il. "Il faut un équilibre familial qui permette de grandir et d’affronter la réalité d’un parcours de sportif professionnel, très exigeant sur le plan sportif et psychologique."
Éric Babolat insiste enfin sur l’importance de la réaction face à l’échec. "C’est là que cela se joue : la manière dont le joueur réagit dans les moments difficiles. Pour nos équipes de détection, c'est la capacité à détecter la possibilité d'évoluer", conclut le dirigeant de la marque française.


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