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Depuis l’entrée en vigueur en France de cette taxe de 2 euros par article le 1er mars, «une cinquantaine de vols cargo hebdomadaires ne se posent plus à Paris-Charles de Gaulle», indique le Groupe ADP.
Passer la publicité Passer la publicitéLes professionnels le craignaient, ce scénario est en train de se produire. Les plateformes chinoises type Shein et Temu ont déjà trouvé la parade à la taxe sur les petits colis de 2 euros, entrée en vigueur le 1er mars en France. La méthode est simple : elles expédient désormais leurs marchandises dans un autre pays européen, notamment la Belgique et les Pays-Bas, avant de les acheminer sur notre territoire par la route. Les effets de ce contournement se font déjà ressentir dans les aéroports français.
Le Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris) indique au Figaro que «conformément à notre prévision, une cinquantaine de vols cargo hebdomadaires ne se posent plus à Paris-Charles de Gaulle depuis l’entrée en vigueur de la taxe française sur les petits colis». L’entreprise écarte tout lien avec «la situation au Moyen-Orient» . Un effondrement des arrivées de petits colis en France confirmé par l’Union des entreprises de transport et de logistique de France (Union TLF). «Les déclarations douanières de petits colis à l’arrivée de l’aéroport Roissy-CDG, qui reçoit une immense majorité de ces produits, ont chuté de 92% dès le 3 mars par rapport à la moyenne du nombre de déclarations quotidiennes en 2025», indique l’organisation représentative du secteur. À l’aéroport de Roissy, «on a mis des employés en vacances d’office», raconte un cadre du groupe ADP au Parisien.
«Temu et Shein se sont réorganisées et ne posent plus aucun colis en France depuis le 2 mars, mais en Belgique. CMA CGM Air Cargo a annoncé qu’il re-routait tous ses vols depuis Hong Kong vers la Belgique», indique Philippe de Crécy, président de TLF Overseas, la branche internationale de l’Union TLF. «Shein préfère payer une fortune en camions plutôt que de payer cette taxe de 2 euros», a dénoncé le président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin Yann Rivoallan sur RMC vendredi.
«Une guerre de mouvement»
Ce contournement est loin d’être une surprise. L’Italie avait déjà connu la même mésaventure, elle qui a été le premier pays européen à instaurer une taxe sur les petits colis le 1er janvier dernier, de 2 euros également. Après son entrée en vigueur, une trentaine de vols à destination de l’aéroport de Milan ont été déroutés vers d’autres pays européens. Dès la fin janvier, les douanes italiennes faisaient état d’une baisse de 36%, entre le 1er et le 20 janvier, du nombre de ces colis de faible valeur importés en Italie en provenance de pays hors UE par rapport à la même période l’année dernière, rapportait le Financial Times.
«Bien sûr que ces plateformes vont chercher les contournements» à la taxe française - qui s’applique aux colis d’une valeur inférieure à 150 euros importés depuis un pays non européen en France -, anticipait-on déjà fin février dans l’entourage du ministre du Commerce, Serge Papin. «Contre les plateformes chinoises, c’est une guerre de mouvement», a reconnu le ministre mercredi lors du compte rendu du Conseil des ministres. Il a certifié que cette taxe avait «freiné» leur croissance en France, affirmant qu’«une baisse de 30% du chiffre d’affaires de Shein» a été constatée en Italie.
Et le ministre de rappeler que la taxe de 2 euros par article en place en France comme en Italie serait élargie à toute l’Europe en novembre prochain. «Il n’y aura pas de possibilité de la contourner à partir de novembre prochain», a-t-il déclaré, rappelant que s’y ajoutera à partir de juillet prochain un droit de douane forfaitaire européen de 3 euros. Au total, «ces 5 euros vont protéger l’Europe et singulièrement la France contre ces importations massives», a estimé Serge Papin. Shein a déjà pensé à l’après, en ouvrant en décembre dernier un gigantesque entrepôt en Pologne, pour pouvoir continuer à inonder le Vieux Continent de ses produits sans avoir à payer la taxe européenne.


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