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Les petits flacons de shampoing et de gel douche mis à disposition dans les chambres d’hôtel devraient disparaître d’ici 2030, pour réduire l’utilisation de plastiques à usage unique. Si certains lecteurs du groupe EBRA (dont fait partie notre journal) saluent une mesure écologique, d’autres regrettent un symbole du confort hôtelier… et un petit souvenir de vacances.
Audrey Vermorel - Aujourd'hui à 07:30 | mis à jour aujourd'hui à 07:44 - Temps de lecture :
Dans les salles de bains des hôtels, ils font presque partie du décor. Les miniatures de shampoing, gel douche, lait pour le corps et autres produits à usage unique, souvent floqués au nom de l’hôtel, vivent leurs dernières années. La suppression de ces petits flacons en plastique est prévue pour 2030 au plus tard dans les pays membres de l’Union européenne, comme le stipule le règlement de l’UE 2025/40. Cette évolution s’inscrit dans une tendance déjà bien amorcée dans l’hôtellerie. De nombreux établissements ont progressivement remplacé les petits flacons individuels par des distributeurs plus grands et rechargeables, jugés plus écologiques. L’objectif : limiter les déchets plastiques générés par ces produits utilisés parfois une seule fois avant d’être jetés.
Mais chez les voyageurs, la perspective de leur disparition suscite des réactions contrastées, notamment auprès des lecteurs du groupe EBRA (dont fait partie notre journal). Pour certains, ces miniatures faisaient partie du charme de l’hôtel. « C’était agréable de garder ces petits échantillons, des souvenirs de vacances », confie Bruno, 65 ans, de Tain-l’Hermitage, dans la Drôme. Même attachement chez Marie-Odile, 76 ans, de Lupstein (Bas-Rhin) : « J’emportais les petits flacons en souvenir de mon passage sur mon lieu de vacances. »
D’autres y voyaient surtout un aspect pratique. Patrice, 69 ans, habitant de Noyarey (Isère) et randonneur itinérant, explique ainsi récupérer « systématiquement ce type de produits » car « leur petit format me permet de limiter le poids de mon sac à dos », souligne-t-il. De son côté, À Veauche (Loire), Alain, 67 ans, regrette également leur disparition : « Cela me permettait d’alléger ma trousse de toilette car je savais qu’il y avait des produits de qualité à disposition. » Certaines habitudes se sont d’ailleurs construites autour de ces mini-contenants. Christine, 42 ans, lectrice de Mulhouse (Haut-Rhin), raconte qu’elle les récupérait systématiquement plus jeune. Aujourd’hui, elle les conserve pour les remplir avec ses propres produits : « Je les remplis à nouveau et je les utilise quand je vais dormir chez des amis ou quand je vais à la piscine. » Elle avoue toutefois garder un faible pour ceux portant le nom d’un hôtel où elle a passé « un bon moment ».
Pour d’autres, c’est « une aberration écologique »
Pour d’autres voyageurs, la disparition des miniatures paraît au contraire logique. « Je ne vais rien regretter du tout », tranche Sylvie, 66 ans, engagée de longue date dans la réduction des déchets. « Je me bats contre le plastique depuis des années, donc c’est une bonne nouvelle ». Selon elle, les hôtels devraient privilégier des solutions encore plus sobres, comme les produits solides. Depuis Colmar (Haut-Rhin), Steeve, Alsacien de 43 ans, a, lui aussi, changé de regard au fil du temps. Habitué autrefois à emporter les flacons entamés, il considère désormais que ce système génère trop de déchets. « C’était une aberration écologique, car cela nécessitait un remplacement systématique avec un nouveau contenant en plastique », estime-t-il, même s’il regrette que l’argument écologique ne soit pas appliqué pour les serviettes de toilette. « Elles sont systématiquement changées malgré notre demande pour éviter des commentaires de clients mécontents », regrette-t-il.
Fanou, d’Uxegney (Vosges), trouve de son côté cela complètement normal. « Dans la même idée, embarque-t-on des dosettes de mayonnaise, de moutarde, de sel ou de poivre dans chaque restaurant ? Il s’agit d’un service, non d’un cadeau », clame-t-elle. Certains clients, enfin, relativisent l’importance du débat. Fabienne, 56 ans, d’Épinal (Vosges), affirme ne jamais utiliser ces produits : « Je préfère utiliser mes propres produits, plus adaptés à ma peau et à mes cheveux. » Gérard, 79 ans, de Marckolsheim (Bas-Rhin), n’y voit pas non plus d’inconvénient. « Pas de regrets pour les miniatures, à condition que des distributeurs soient installés. Sinon, cela oblige à emporter ses propres produits, ce qui n’est pas très pratique pour un court séjour. » Longtemps perçues comme un petit luxe ou un souvenir à rapporter, ces miniatures sont désormais au cœur d’une réflexion plus large sur l’impact écologique du tourisme et des services hôteliers.


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