[Le sommeil en crise 4/4] Difficultés à s’endormir, réveils incessants, fatigue permanente… Pour certains, les nuits sont devenues une épreuve. Pour d’autres, la somnolence en pleine journée perturbe leur quotidien. Fabien Olicard donne ses conseils pour transformer ses nuits.

Audrey Vermorel - 29 mai 2026 à 07:10 - Temps de lecture :

 faire rentrer les écrans dans la chambre. Photo EBRA/DR L’une des erreurs les plus courantes pour avoir un bon sommeil : faire rentrer les écrans dans la chambre. Photo EBRA/DR

Le sommeil est, au même titre que la nutrition ou l’activité physique, l’un des piliers de notre santé. Il est pourtant trop souvent négligé. Les résultats de l’enquête Opinionway menée en 2025 pour l’Institut national du sommeil et de la vigilance et la Fondation Vinci Autoroutes révèle qu’un quart des Français dorment moins de 6 heures par nuit en semaine, et que plus d’un quart souffre de somnolence en journée. Un sommeil trop court ou perturbé peut avoir de nombreuses conséquences du quotidien : fatigue, manque de concentration, irritabilité.

Longtemps, Fabien Olicard a lui-même combattu le sommeil. Depuis, l’auteur dit avoir appris à comprendre son propre fonctionnement. Dans son livre*, il décortique notre rapport au sommeil. Pour lui, deux phénomènes expliquent principalement cette dégradation. D’abord, le numérique : téléphone portable, réseaux sociaux, plateformes de streaming : « Ils maintiennent un taux de cortisol assez élevé le soir et repoussent l’endormissement. » Ensuite, « le climat sociétal », entre anxiété liée au travail, à l’actualité ou à la géopolitique. « Quand on ferme les yeux et qu’on se retrouve seul avec soi-même, c’est là que les pensées anxieuses rentrent en jeu », poursuit-il.

Ne pas laisser le téléphone entrer dans la chambre

Parmi les erreurs les plus fréquentes, il cite surtout les écrans : « Faire entrer le téléphone dans la chambre, c’est faire entrer le loup dans la bergerie. » Si, bien souvent, le téléphone sert de réveil, un réveil classique fera très bien l’affaire. Il recommande aussi de bannir les sources lumineuses de la chambre, de regarder les films dans le salon et d’attendre « que la pression du sommeil se fasse forte » avant d’aller se coucher. Même si l’idéal reste de lâcher les écrans avant de dormir et de privilégier d’autres activités douces : lecture, puzzle, musique… Des conseils bien souvent connus, mais trop peu appliqués.

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L’auteur insiste sur un point : la lumière joue un rôle central dans notre horloge biologique. « Le matin, pour stimuler le cortisol, il faudrait quinze minutes de lumière du jour. Et le soir, pour le calmer, il faudrait une lumière douce », développe-t-il. Les simulateurs d’aube peuvent être intéressants pour le réveil. « La lumière, c’est le chef d’orchestre dans notre cerveau », martèle-t-il. En revanche, les objets connectés capables d’analyser les nuits restent plutôt gadgets.

Des techniques d’endormissement rapide

Autres ennemis du sommeil : le café, le thé ou encore les repas tardifs. « La théine met six heures à diminuer de moitié dans le sang », rappelle-t-il. Selon lui, il faudrait idéalement éviter café et thé après la fin de matinée, et laisser trois heures entre le dîner et le coucher.

Les troubles du sommeil, s’ils restent en dehors de toute pathologie, ne sont pas irrémédiables. Avant tout traitement médicamenteux, pour les personnes souffrant d’insomnie, Fabien Olicard recommande la TCCI, la thérapie cognitive et comportementale de l’insomnie. L’un des principes de base consiste à quitter son lit lorsqu’on ne dort pas après vingt minutes. « On commence à désassocier le lit de la galère de l’endormissement. On va dans le salon, on fait une activité calme, en lumière tamisée, et dès que le sommeil revient, on se remet au lit », détaille-t-il.

Enfin, l’auteur partage quelques techniques simples pour calmer le flot des pensées au moment de s’endormir. Parmi elles, le « shuffle cognitif », une méthode qui consiste à occuper légèrement l’esprit avec des exercices mentaux répétitifs. Lui préfère compter à rebours de trois en trois à partir de 300. « Je compte 297, 294, 291… C’est assez compliqué pour me demander de réfléchir, mais assez rébarbatif pour que je décroche et que je finisse par m’endormir », avoue-t-il. Cette technique marche aussi en version du jeu "petit bac", en pensant à tous les mots commençant par la lettre P, puis Q, puis R, etc. Une version améliorée du traditionnel comptage de moutons !

* Et si le vrai problème de votre vie… était votre sommeil ?, par Fabien Olicard, éditions First, 18,95 euros.

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