Série : Ils vivent au-dessus de leurs moyens [3/4] - Vivre au-dessus de ses moyens ne rime pas toujours avec dépenses excessives. Malgré une gestion rigoureuse des comptes, certains peinent à équilibrer leur budget, pris en étau entre les charges fixes et le coût de la vie. C’est le cas de Maëva et de son conjoint, qui, malgré deux salaires, peinent à équilibrer leur budget.

Audrey Vermorel - Aujourd'hui à 07:30 - Temps de lecture :

Depuis l’arrivée de leur enfant, Maëva et son conjoint n’arrivent pas à épargner malgré leurs revenus. Photo d'illustration Pexels Depuis l’arrivée de leur enfant, Maëva et son conjoint n’arrivent pas à épargner malgré leurs revenus. Photo d'illustration Pexels

Maëva (*), 30 ans, vit en Meurthe-et-Moselle avec son conjoint et leur petit garçon de 18 mois. À eux deux, ils gagnent environ 4 000 euros par mois. Un niveau de revenus qu’elle juge « correct » et qui devrait leur permettre de vivre sereinement « et d’avoir un bon confort de vie ». Pourtant, la réalité est bien différente. « Nos fins de mois sont souvent compliquées », confie-t-elle.

En cause, d’abord, des charges fixes élevées. Entre le loyer et le crédit automobile contracté pour acquérir une voiture familiale, « une grande partie de notre budget part déjà là-dedans », explique la jeune mère. À 30 ans, ils ne sont pas en mesure d’envisager un achat immobilier, faute de capacité d’emprunt suffisante, à leur grand regret.

Le prix des bons produits

Mais depuis que le couple a accueilli un bébé, il n’y a pas que leur rythme de vie qui a été bouleversé : leur compte en banque aussi. Un enfant représente une charge financière importante, sur laquelle ils ne veulent pas rogner, pour le bien-être du nourrisson. Comme beaucoup de parents, Maëva et son conjoint souhaitent offrir le meilleur à leur fils. « Sans être dans l’excès, on fait attention à la qualité des produits », précise-t-elle. Lait bio et français, couches avec le moins de composants chimiques possible, petits pots bio… Autant de choix guidés par les préoccupations sanitaires et les scandales récents, mais qui alourdissent le budget. « Avec les nombreux rappels de produits que l’on voit ces derniers temps et les inquiétudes sur certains ingrédients, les risques potentiels sur la santé, on essaie de faire au mieux pour lui. Cela nous pousse constamment à rechercher le meilleur, ce qui est souvent synonyme de plus coûteux », poursuit-elle.

Et puis, elle le reconnaît, il pèse aujourd’hui une certaine pression sociale sur les jeunes parents. « On est forcément jugé, l’éducation est parfois difficile à gérer, de nombreux achats sont nécessaires », témoigne-t-elle. Un souci de bien faire qui se traduit aussi par des arbitrages au quotidien. « On se prive sur certaines choses pour pouvoir lui offrir ce que l’on juge meilleur. »

Anticiper l’avenir malgré des fins de mois difficiles

Malgré ces contraintes, le couple tient à mettre de l’argent de côté pour l’avenir de leur enfant. « On essaie d’épargner un peu pour plus tard », explique Maëva. Études, permis de conduire, entrée dans la vie active : les dépenses à venir sont déjà dans leurs têtes. « L’avenir fait peur », reconnaît-elle. Mais cet effort d’épargne fragilise encore davantage leur équilibre financier. « Tous les mois, on doit piocher dans nos économies pour ne pas finir à découvert », admet la jeune femme.

Maëva a également identifié un autre facteur qui l’empêche d’épargner tous les mois : l’évolution des habitudes de consommation. « Tout est devenu simple et rapide. On commande facilement, parfois sans vraiment faire attention au montant total », observe-t-elle. Dépenser de l’argent depuis son canapé n’a jamais été aussi facile. Lucide, elle sait que cette facilité d’achat pour laquelle elle craque régulièrement pèse sur le budget familial et pourrait être un poste d’économies importantes.

Aujourd’hui, la famille tente de garder le cap malgré une situation financière qu’elle juge fragile. « On a des revenus corrects, mais on a l’impression que cela ne suffit jamais vraiment », résume Maëva, se sentant coincée entre des charges fixes et des exigences du quotidien, qui rendent l’épargne difficile.

(*) Le prénom a été modifié.

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