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Série : Vivre avec un mythomane [5/5] - Le mensonge peut parfois devenir une vraie pathologie et avoir des répercussions sur les proches et les personnes qui les subissent. Depuis qu’elle est adulte, Lison a ouvert les yeux sur les mensonges de sa mère et pris ses distances.
Cyrielle Thevenin - Aujourd'hui à 06:45 | mis à jour aujourd'hui à 09:03 - Temps de lecture :
« Quand on est enfant, on croit sur parole. » Mais quand on grandit c’est plus difficile. Lison (*), 27 ans, le sait bien. Voici désormais 10 ans qu’elle a pris conscience des mensonges récurrents de sa mère. « C’est devenu une habitude. Elle va mentir pour plein de petits trucs qui n’ont pas d’importance. Elle dit qu’elle rentre chez elle faire quelque chose mais elle va faire autre chose. Des fois elle me dit des choses et dit l’inverse à ma petite sœur », explique la jeune femme, qui vit en Savoie.
Sa mère s’invente notamment régulièrement des maladies. « Elle surexagère. Il y a toujours une part de vérité je pense, mais elle va surinterpréter ses symptômes et ça mène toujours à une forme de mort ou de paralysie. Elle dit qu’elle a une sorte d’inflammation des articulations qui la mènerait à une incapacité de se déplacer, elle en parle beaucoup puis d’un coup elle n’en parle plus et passe à une autre pathologie », raconte Lison.
« On développe une forme d’apathie »
« On la croit au début puis quand on apprend que c’est faux, on développe une forme d’apathie », soupire la Savoyarde. Elle se souvient notamment d’un mensonge qui l’a particulièrement marquée. Après le divorce de ses parents, sa mère lui annonce qu’elle est fiancée. « Un jour, pendant que j’étais en vacances, elle m’a appelée pour me dire qu’elle était mariée. Elle m’a assuré qu’il n’y avait pas eu de fête de mariage, que c‘était juste une signature. »
Mais Lison et sa sœur découvrent quelques mois plus tard, en discutant avec le fils du nouveau compagnon de leur mère, qu’une fête a bien eu lieu. « L’annonce du mariage sans nous prévenir était une première trahison, je m’en étais remise et là c‘était une deuxième trahison. J’ai eu l’impression que ma sœur et moi, on ne comptait pas », se souvient-elle.
Lison sait que ces mensonges permanents cachent en réalité une vraie souffrance. « Elle a subi des violences dans l’enfance, elle fait de l’anorexie… Certaines choses restent, comme des séquelles. Elle est suivie constamment mais pas grand-chose évolue, c’est même de pire en pire : elle ment de plus en plus », soupire la jeune femme. Alors pour se protéger, elle, sa sœur et son père, tous trois confrontés aux mensonges, essayent d’en « rigoler » car ils ne « savent pas quoi faire d’autre ».
« Ça met une barrière »
Lison a bien essayé de la confronter plus jeune : « Quand j‘étais ado, je la mettais devant ses contradictions mais ça mène à des conflits, on ne s’est pas parlé pendant un an. Je me suis rendue compte que ça ne servait pas à grand-chose. »
Aujourd’hui, elle a choisi de s’éloigner de sa mère pour se protéger. « Je n’ai pas forcément envie de lui donner de mes nouvelles, je la vois très peu, une fois tous les trois mois environ et je fais en sorte que ça ne dure jamais trop longtemps », explique-t-elle.
« Forcément, ça met une forme de barrière, je deviens insensible à ce qu’elle dit, je ne crois plus grand-chose donc il n’y a pas trop de vraie relation. C’est très superficiel », poursuit la jeune femme. Lison ne peut toutefois pas s’empêcher d‘éprouver de la « culpabilité » : « Je me dis que c’est bizarre de ne pas ressentir de compassion. »
(*) Le prénom a été modifié.


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