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Yannick pensait avoir confiance en des amis qu'il connaissait depuis plus de 10 ans. Mais sous prétexte de faux contrats d'investissements, ils lui ont volé des sommes colossales, qu'il estime à 160 000 euros.
Cyrielle Thevenin - 08 avr. 2026 à 07:00 | mis à jour hier à 20:28 - Temps de lecture :
« Ils ont profité de ma vulnérabilité », estime Yannick (*). Cet habitant de Valence (Drôme) de 42 ans a été escroqué par un couple d'amis proches, qu'il connaissait depuis plus de 10 ans. « On s'est rencontrés via des amis communs. On était un groupe d'amis et on faisait des repas ensemble. Puis ils se sont éloignés et, avec ma compagne, nous avons gardé contact avec eux. On mangeait ensemble le week-end, on partait en vacances chaque année... On était très proches », retrace Yannick.
En 2024, Yannick se sépare. Ses amis sont, eux, entre deux déménagements, et se retrouvent sans logement. Yannick les héberge pendant six mois à titre gracieux. « C'était mes invités. Ils ne demandaient pas grand-chose, me faisaient croire qu'on était comme une famille », se remémore Yannick. Ils commencent à lui dire que lui fait de la cryptomonnaie, et qu'il lui a ouvert un portefeuille.
Des faux contrats d'investissement
En septembre 2024, le couple part vivre au Maghreb. Son copain lui fait miroiter de l'argent facile. « Il me disait qu'il avait des supers contrats pour des investissements et il me faisait signer des faux contrats d'un certain montant : “tu places 40 000 là et 20 000 sur un autre, ça te fait des revenus de 2 175 euros par mois.” Je faisais les virements sur une société française à lui, il me disait que c'était plus simple. Pendant deux mois, j'ai touché ces dividendes-là, puis ça s'est arrêté. Il me disait qu'il avait dû changer de banque, qu'il avait des problèmes, que le virement arriverait ce soir ou dans les 48 heures », raconte Yannick.
Le duo d'escrocs lui demande aussi régulièrement de l'argent pour divers motifs, comme payer l'essence, les fournitures scolaires ou la scolarité de leurs enfants, qu'il justifie par des cartes qui ne passent pas là où ceux-ci vivent. Yannick, confronté au même problème lorsqu'il leur rend visite, ne s'en étonne pas. « Ils me disaient qu'ils me remboursaient sur mon portefeuille de bitcoin. J'étais en totale confiance », soupire le Drômois. Ses amis se montrent aussi occasionnellement généreux avec lui, ce qui éloigne tout doute. « Quand j'allais chez eux, je ne payais rien. Ils m'ont emmené en vacances en Corse sur un yacht. Mais en fait, c'était avec mon argent... J'aurais préféré ne pas aller sur ce bateau et revoir mon argent », se désespère-t-il aujourd'hui.
Une autre victime l'a prévenu
Les sommes s'additionnent. Yannick presse ses amis de le rembourser. « Ils me disaient : “T'inquiètes pas, tu es mon ami, je ne vais pas te laisser tomber.” C'était toujours ça. » Yannick commence à avoir des doutes. Son ami lui dit qu'il va lui ouvrir un compte à l'étranger, dans un pays connu pour être un paradis fiscal. « Je voyais les documents, il me montrait des conversations qu'il avait. Je me disais qu'il fallait que j'aie confiance, que tout était simplement en stand-by », poursuit-il.
En décembre 2025, Yannick est contacté par une personne qu'il ne connaît pas, qui pense être victime du couple et lui informe qu'il l'est aussi probablement. « La personne avait eu accès à son ordinateur et j'ai vu que tout était faux », se rappelle Yannick, qui a ensuite eu la confirmation qu'aucun compte n'avait été ouvert à son nom à l'étranger. Il estime aujourd'hui ses pertes à 160 000 euros. Il a déposé plainte en janvier.
« Je n'ai plus rien »
Yannick croit savoir que son ancien ami est aujourd'hui en prison au Maghreb. Sa femme serait rentrée en France. Lui tente de faire face, malgré des « dettes monumentales ». « Je n'ai plus rien. Je suis en invalidité après un grave accident de vélo en 2007, je ne peux pas travailler. Tout l'argent que je leur ai donné, c'était celui que j'avais touché », regrette Yannick, qui envisage désormais de vendre un appartement qu'il avait mis en location pour s'assurer quelques revenus.
« Ils ont utilisé un moment de faiblesse pendant ma séparation, je n'allais pas très bien. J'ai ouvert la boîte de Pandore et ils en ont profité. Lui, il me disait que j'étais son frère, la seule famille qu'il avait, qu'il serait toujours là pour moi. Je me suis fait berner correctement », dit-il avec amertume. « J'espère que la justice fera son travail », conclut-il.
(*) Le prénom a été modifié.


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