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« Parce que je le vaux bien », un slogan connu de tous, martelé dans les spots publicitaires en France et à travers le monde, symbole de la force de frappe et de l’envergure de l’empire L’Oréal. Avec sept milliards de produits vendus chaque année à l’échelle internationale et 44 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, le groupe est de loin le numéro un mondial de l’industrie cosmétique.
Le dernier numéro de l’émission “Cash Investigation”, diffusé ce mardi soir sur France 2, plonge dans les coulisses du mastodonte qui a successivement placé son fondateur, Eugène Schueller, sa fille, Liliane Bettencourt, puis sa petite-fille, Françoise Bettencourt Meyers, parmi les personnes les plus riches de la planète.
Au départ de sa réussite industrielle, Eugène Schueller, jeune chimiste d'origine alsacienne, avait choisi d’appeler sa petite entreprise la Société française des teintures inoffensives pour cheveux, en référence à une teinture capillaire sans danger qu’il avait contribué à mettre au point, contrairement à celles commercialisées à l’époque souvent à base d’eau oxygénée.
Pourtant, plus d'un siècle plus tard, Élise Lucet et son équipe affirment avoir retrouvé la trace de composants chimiques potentiellement dangereux dans de nombreux produits de coloration de L’Oréal, qui pèsent à eux seuls 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
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Crèmes anti-âge : un test peu concluant
Quant aux crèmes, sérums et autres ampoules de la gamme phare Revitalift, voilà trois décennies que L’Oréal promet sinon le rajeunissement, au moins un effet anti-âge. “Cash Investigation” a testé leur efficacité et surtout la réalité des promesses de réduction de rides, dans un laboratoire espagnol, seul à avoir accepté la démarche de l'émission. Un test qui ne s’est pas avéré concluant avec même l’apparition de boutons, confirmant les observations d’une dermatologue, qui ne trouve aucune des innovations promues par L’Oréal.
Si les dirigeants du groupe n'ont pas directement répondu aux journalistes de “Cash Investigation”, ils se sont toutefois défendus par écrit, notamment concernant les promesses de rajeunissement de 30 % indiquées sur certains produits. « Il s'agit du pourcentage d'amélioration mesuré spécifiquement sur les rides, sur la zone du contour de l'œil. Il s'agit d'un score global qui prend en compte plusieurs paramètres », disent-ils sans plus de précisions.
Quatre millions de ces produits ont été vendus en France, rien qu’en 2025. Grâce notamment aux réseaux sociaux, L’Oréal parvient aujourd’hui à flécher la gamme, initialement destinée aux peaux matures, vers des consommateurs de plus en plus jeunes. Avant les influenceurs, L’Oréal a depuis longtemps eu recours aux publicités et à des égéries stars pour faire la promotion de ses produits. De l’actrice Eva Longoria, aux mannequins Kendall Jenner et Heidi Klum, en passant par le pilote de Formule 1 Carlos Sainz Jr.
Des testeurs faussement anonymes
Le groupe a également fait appel à des dizaines de testeurs supposés anonymes pour vanter les effets de ses produits. Or, “Cash Investigation” révèle que ces anonymes sont en réalité des acteurs et mannequins professionnels, à l’image de Cathy Andrieu, connue pour son rôle dans la sitcom Hélène et les garçons. “Cash Investigation” se penche par ailleurs sur les obligations que ces égéries doivent respecter et sur les rémunérations touchées pour valoriser la marque. Le groupe L'Oréal a confirmé auprès de “Cash Investigation” que les testeurs sont bel et bien des personnes rémunérées. « Nous vous confirmons que ces shootings ont toujours lieu en présence d'un huissier », répond encore L'Oréal quant aux éventuelles requêtes faites aux mannequins avant les tournages.
Enfin, l’émission révèle les pratiques managériales en vigueur au sein du groupe, pas vraiment en concordance avec les valeurs familiales prônées par L’Oréal pour ses quelque 90 000 employés.
“Cash Investigation : L’Oréal : parce qu’ils nous le vendent bien”, ce mardi 31 mars à 21 h 10 sur France 2 et sur france.tv. L’émission sera suivie d’un débat animé par Élise Lucet.


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