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À cause d’un vieux système utilisé pour compter le temps, le monde risque une panne informatique généralisée le 19 janvier 2038 à 3 heures, 14 minutes et 7 secondes, très précisément… Explications.
Charlotte Murat - Aujourd'hui à 08:00 - Temps de lecture :
Le 19 janvier 2038, à 3 heures, 14 minutes et 7 secondes, le monde risque une panne informatique généralisée. Cela vous rappelle quelque chose ? Si le bug de l’an 2000 avait été résolu en amont grâce à des centaines de milliards d’euros dépensés et à une anticipation de plusieurs années pour mettre à jour les logiciels, celui de 2038 s’annonce bien plus compliqué à gérer.
Un problème de comptage de temps
Le problème vient des puces et appareils utilisant un système en 32 bits pour compter le temps. Ce système, encore très largement utilisé, ne peut compter que 2 milliards de secondes avant et après le 1er janvier 1970, défini comme date de référence par les ingénieurs informatiques à l’origine de ce programme. Or, 2 milliards de secondes après le 1er janvier 1970, c’est le 19 janvier 2038 à 3h14 et 7s. Incapables d’ajouter une seconde de plus, les ordinateurs n’auront pas d’autre choix que de remonter à la date la plus ancienne dont ils sont capables, soit 2 milliards de secondes avant le 1er janvier 1970, autrement dit le 13 décembre 1901 à 20h45 et 52 secondes.
« Un cauchemar »
Selon un informaticien interrogé par le magazine Epsilon , qui a consacré une grande enquête à ce bug, « on estime que le parc d’objets informatiques concernés est environ 500 à 600 fois plus important que celui de l’an 2000 ». Car ce système en 32 bits se cache partout : dans le système bancaire, les transports, les équipements médicaux, l’industrie, les satellites, etc.
L’affaire est tellement sérieuse qu’elle a conduit la RATP à poursuivre Alstom en justice pour vice caché, après avoir découvert, un peu par hasard, qu’une bonne partie de sa flotte ne pourrait plus circuler à cause de ce bug. Condamné en décembre 2025 à corriger le problème dans les 5 ans, Alstom a fait appel.
Chez les informaticiens, le problème est soulevé depuis de nombreuses années et la solution identifiée : passer à un système 64 bits. Plus facile à dire qu’à faire, révèle l’enquête d’ Epsilon, qui dénombre toutes les difficultés techniques liées à ce vieux langage informatique développé dans les années 1970. Sans recensement officiel des appareils l’utilisant, il faut identifier les machines concernées, plonger dans les milliers de lignes de codes, comprendre le langage de l’époque et le corriger sans affecter les systèmes connectés. « Un cauchemar », résume Epsilon, qui révèle en outre « un tabou industriel », les entreprises refusant de s’exprimer publiquement sur ce sujet. Le compte à rebours est en tout cas lancé.


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