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Un groupe de citoyens de Tadoussac redoutent que les joyaux commerciaux du village soient rachetés par des intérêts étrangers et qu’ils perdent leur caractère local. C’est pourquoi ils ont mis sur pied une coopérative pour faire l’acquisition progressive des commerces qui seront mis en vente dans le futur.
La COOP Tadoussac a donné rendez-vous aux curieux pour sa première séance d’information, à laquelle ont participé une vingtaine de personnes le 19 août.
Le concept y a été présenté, et pour donner une comparaison assimilable en une seconde les organisateurs ont nommé en exemple la coopérative du Quartier Petit Champlain à Québec.
Pour faire une histoire courte, cette coopérative a été fondée pour sauver le quartier la ruine en 1985, et au fil du temps les membres ont acquis des propriétés.
Aujourd’hui collectivement propriétaire de 29 immeubles dans le vieux Québec, la coopérative gère les entreprises qui font la renommée du quartier dont on parle encore aujourd’hui.
Et c’est l’objectif de la nouvelle coopérative.
Conserver l’esprit de Tadoussac
C’est dans ces termes que la coopérative a évoqué l’essentiel de sa mission.
« Ce qu’on veut, c’est préserver les symboles importants de Tadoussac et garder les actifs stratégiques dans les mains du local », a fait savoir Frédéric Liévin, membre de l’actuel conseil d’administration.
Ce dernier a également avancé qu’il s’agissait d’une question de retombées économiques, qui doivent avant tout bénéficier la communauté.
La coopérative deviendrait donc propriétaire et détiendrait les actifs des entreprises dont elle ferait acquisition, dans une formule coopérative où un membre équivaudrait un vote.
« L’idée, c’est d’avoir une coopérative qui détient un ou plusieurs commerces dans le milieu, et qui va assurer la gestion via les équipes qui seront sélectionnées pour les faire fonctionner », a-t-il mentionné.
« Ce projet-là a du sens que si la communauté embarque. C’est un projet pour, et par la communauté », a noté Lilas Lamontagne, une des instigatrices du projet.
Acquisition de La Galouïne
Le début de l’aventure a été une grosse bouchée pour les cinq membres du conseil d’administration qui ont parti le projet.
La nouvelle de la vente de l’auberge La Galouïne, située en plein cœur de Tadoussac, a précipité le processus de formation de l’organisme qui s’est constitué en même temps qu’il élaborait son offre d’achat.
« On a dû se mobiliser extrêmement rapidement, et on est maintenant en phase de poursuivre la recherche de membres pour la mise de fonds », a expliqué Mme Lamontagne.
L’actuel conseil d’administration est formé de Hélène Simard, Lilas Lamontagne et Stéphane Cauchon (absents sur la photo Christia-Victoria Kloeckner et Frédéric Liévin). Photo Renaud Cyr
C’est pourquoi la coopérative sollicite la participation financière des gens intéressés à s’impliquer dans la coopérative pour la suite des choses.
« Il nous reste 163 000 $ à aller chercher d’ici le 31 août sur 385 000 $ pour la mise de fonds, et on attend des retours », a dévoilé Lilas Lamontagne.
Cette dernière a indiqué qu’en plus de la population, de plus gros joueurs économiques de la région seraient sollicités.
Les consortiums s’activent
Questionnée à savoir si les consortiums ou groupes d’acheteurs étrangers avaient Tadoussac dans leur mire, Lilas Lamontagne révèle qu’il y a eu du mouvement dans les buissons.
« On sait qu’il y a beaucoup de commerces qui ont été approchés par des acheteurs qui ne sont pas du tout impliqués dans la communauté. Il y a énormément de commerces qui sont touchés, bien qu’ils ne soient pas officiellement en vente en ce moment », a-t-elle dévoilé.
« Beaucoup de régions du Québec sont touchées par ça, comme à L’Île-aux-Coudres dans Charlevoix qui en est un exemple. Elle a été rachetée par plusieurs consortiums », a rajouté Stéphane Cauchon, membre du conseil d’administration.
Lilas Lamontagne estime qu’il y aura beaucoup d’entreprises qui vont être mises en vente en raison du départ à la retraite des baby-boomers, et que les résidents québécois ne seront plus capables de racheter en raison de la spéculation.
« Il y a beaucoup de consortiums américains ou chinois qui viennent profiter de ces opportunités-là, et dans un petit village comme le notre ça a beaucoup d’impact », a-t-elle conclu.


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