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Ces avoirs ont été confisqués de Rifaat Al-Assad, oncle du président déchu, surnommé le « boucher de Hama » en raison de son rôle dans la sanglante répression d’une insurrection des Frères musulmans dans cette ville en 1982.

Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse à Damas, en Syrie, avec le président syrien, Ahmed Al-Charaa, le 7 juillet 2026. Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse à Damas, en Syrie, avec le président syrien, Ahmed Al-Charaa, le 7 juillet 2026.

Emmanuel Macron a annoncé, mardi 7 juillet, que la France allait restituer au bénéfice de la population syrienne plus de 50 millions d’euros issus de la saisie par la justice française de biens mal acquis de la famille Al-Assad.

En marge de la visite de M. Macron à Damas, la France et la Syrie ont signé un partenariat global et conclu plusieurs accords, dont une lettre d’intention relative à la restitution des avoirs confisqués de Rifaat Al-Assad, oncle du président déchu Bachar Al-Assad.

« Plus de 50 millions d’euros issus de la saisie de biens mal acquis par la famille de l’ancien dictateur (…) seront rendus au peuple syrien pour financer des projets de développement concrets sur le territoire », a annoncé le chef d’Etat français lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien, Ahmed Al-Charaa. Le document signé par les ministres des affaires étrangères des deux pays mentionne la somme de 51 millions d’euros.

« Boucher de Hama »

Mort au début de 2026 en exil à l’âge de 88 ans, Rifaat Al-Assad était surnommé le « boucher de Hama » en raison de son rôle dans la sanglante répression d’une insurrection des Frères musulmans dans cette ville syrienne en 1982. Il dirigeait alors les forces d’élite sous Hafez Al-Assad, son frère et père de Bachar Al-Assad. Les massacres, qui se sont déroulés dans un black-out médiatique complet, ont fait entre 10 000 et 40 000 morts.

Rifaat Al-Assad avait ensuite quitté la Syrie en 1984 pour la Suisse puis pour la France après une tentative ratée de coup d’Etat, pour vivre un exil doré. Se présentant comme un opposant à Bachar Al-Assad, il avait passé trente-sept ans en France, avant de rentrer en Syrie en 2021 pour échapper à une condamnation à quatre ans de prison en France pour blanchiment en bande organisée et détournement de fonds publics syriens.

« Nous sommes les premiers à avoir conduit cette action en justice et à être allés jusqu’au bout. Et nous poursuivrons partout où elle sera possible », a promis Emmanuel Macron.

Le Monde avec AFP