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Sur le fil : le nouveau visage de l’itinérance

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Anne-Marie Lalonde (Anne-Marie Cadieux) et Nathalie Lavoie (Céline Bonnier)Photo : Radio-Canada

Elle s’immisce partout. Elle n’a pas d’âge, pas de visage, et ne se cantonne à rien. Elle existe en périphérie de nos horaires chargés, de nos vies bruyantes, et pourtant, elle est omniprésente. Oui, l’itinérance est au cœur de la nouvelle série de Pascale Renaud-Hébert : Sur le fil. On a eu la chance de voir les deux premiers épisodes en visionnement de presse, et voici ce qu’on en a retenu.

De quoi ça parle, Sur le fil?

Portrait de Céline Bonnier.

Céline Bonnier, dans le rôle de Nathalie LavoiePhoto : Radio-Canada

On y suit le quotidien tumultueux de Nathalie Lavoie (une superbe Céline Bonnier dans le rôle principal), la directrice d’un organisme communautaire, le Centre Lavoie, qui fournit un refuge aux personnes en situation d’itinérance. Tous les jours, Nathalie et son équipe d’intervention se démènent pour offrir aux nombreux usagers et usagères la deuxième chance dont ils et elles ont désespérément besoin.

« On pense que c’est juste à Montréal [l’itinérance], mais c’est partout. Et ça a tellement changé dans les 10 dernières années. [...] On a une vision de l’itinérance qui date. »

Alors que le Centre Lavoie célèbre ses 25 ans, un père de famille arrive au refuge avec ses deux enfants, après avoir passé la nuit dans sa voiture. Devant cette situation complexe (les personnes mineures ne sont pas admises au centre) et malgré les protestations de la responsable des services, Nathalie prend la décision d’accepter la famille pour une durée indéterminée. Cet écart de conduite mènera à de nombreuses tensions internes, menaçant par le fait même la pérennité du centre. 

Portrait de Martin (Mickaël Gouin) assis dans sa voiture, côté passager.

Martin (Mickaël Gouin) obligé de dormir dans sa voiture. Photo : Radio-Canada

Bien que le sujet de Sur le fil soit difficile, voire dramatique, il n’est pas question ici de faire dans le misérabilisme; sous la plume précise et aiguisée de Pascale Renaud-Hébert (Veille sur moi, M’entends-tu?), on cherche plutôt à illustrer et à explorer les réalités d’une frange de la population trop souvent invisibilisée. On est loin des stéréotypes habituels. 

« Il y a beaucoup de gens qui sont à une badluck de perdre leur maison ou leur appartement », nous rappelait Mickaël Gouin (Martin) lors de notre visite de plateau en juin dernier.

Sur le fil nous entraîne donc à la rencontre des personnes les plus démunies et des intervenants et intervenantes qui tentent de leur venir en aide.

Plongez dans l'intensité

Dès les premières minutes, Sur le fil nous catapulte dans la réalité crue d’un centre d’hébergement. Très vite, on rencontre une foule de personnages colorés, venus d’horizons différents et qui doivent pourtant trouver le moyen de cohabiter. 

Au Centre Lavoie, on est au cœur de l’action : ça vibre, ça crie, ça argumente, ça brasse. 

La réalisation de Sébastien Gagné (La candidate) et de Mariloup Wolfe (Arlette), nous aspirent rapidement dans les couloirs, les salles communes et les dortoirs constituant ce dernier rempart avant la rue. Pour permettre une plus grande authenticité, l’équipe de Sur le fil a d’ailleurs choisi de filmer la série dans un véritable centre de soin, situé dans le secteur Bois-de-Boulogne. 

On réalise bien vite que le Centre Lavoie constitue – d’une certaine façon – un des derniers lieux du vivre-ensemble. 

De l'émotion

Oubliez les mélodrames. 

Sur le fil s’annonce comme un véritable travail d’équilibriste, alternant aussi bien les moments de rire que les crises de larmes. C’est bien fait, efficace et très addictif. On se surprend à rigoler devant les répliques accrocheuses et on a même droit à des gags visuels (le personnage de Nathalie qui peine systématiquement à ouvrir sa portière de voiture).

Mentions spéciales à Sandra (Ariel Charest) et Kevin (Sam-Éloi Girard), au fort potentiel comique – deux personnages qu’on a très hâte de découvrir dans les prochaines semaines. 

Sandra (Ariel Charest) est assise sur son lit, dos au mur.

Sandra (Ariel Charest), prise la main dans le sac. Photo : Radio-Canada

La formule du 80-20

« Comme je le dis tout le temps, 80-20 je suis contente : 80 % réalisme, 20 % fiction. »

Inspirée par sa mère qui a travaillé près de 40 ans dans le milieu communautaire, Pascale Renaud-Hébert souhaitait jeter un éclairage réaliste, respectueux et empreint de vérité sur cet univers si souvent oublié. Elle s’est d’ailleurs entourée d’une équipe de consultants et consultantes, dont Annie Archambault, connue sur les réseaux avec sa page « Sur le bord de la ligne » . 

« Ce que j’aime, c’est que ça donne une opportunité d’éduquer, de sensibiliser et d’humaniser, sans pour autant compromettre les personnes réelles. [...] Bien sûr, toutes ces histoires-là existent pour de vrai et ce sont passées, mais ça reste fictif. »

Et c’est un pari réussi! On croit à 100 % à l’univers de Sur le fil

Une distribution à tout casser

C’est Céline Bonnier qui prête ses traits à Nathalie Lavoie, femme de tête et personne généreuse, qui peine à surmonter son besoin de contrôle. Elle incarne le pilier sur lequel tout repose. En entrevue à Bonsoir bonsoir, la comédienne racontait : Ces gens-là font un travail monumental. C’est du costaud. [...] Moi, je n’étais jamais entrée dans un centre comme ça et, tout d’un coup, ça m’a donné une claque, une idée de ce que les gens peuvent vivre…

Les acteurs et les producteurs posent devant une affiche de la série.

Une partie de la distribution et de l'équipe de production de «Sur le fil», lors du visionnement de presse de la série le 8 septembre Photo : Radio-Canada / Charles Rioux

La distribution de Sur le fil est franchement impressionnante et diversifiée. Tous les personnages portent en eux une vérité qu’il sera très intéressant de découvrir au fil des 12 épisodes de la saison 1. On peut dire que les invisibles du quotidien sont ici plus que visibles, ils et elles crèvent l’écran. 

La distribution comprend entre autres Antoine Olivier Pilon, Mickaël Gouin, Ines Talbi, Valérie Tellos, Sam-Éloi Girard, Joanie Martel, Anne-Marie Cadieux, Patrick Drolet, Ariel Charest, Emmanuel Schwartz, Monique Gosselin, Hamidou Savadogo, Ariel Ifergan, Annick Bergeron et George Nti.

«  C’est souvent la peur qui mène aux préjugés. [...] Si on est capable de s’attacher aux personnages et de comprendre leurs réalités, je pense que ça va aider à faire évoluer [les mentalités].  »

Voir Pascale Renaud-Hébert à Bonsoir bonsoir

Marie-Chantal Perron, Pascale Renaud-Hébert et Fabien CloutierPhoto : La production est encore jeune / Karine Dufour

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