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Suisse. Drame de Crans-Montana : les règles de sécurité ont-elles été respectées ?

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La tragédie du Nouvel An à Crans-Montana, identique à d’autres drames du même type dans des bars ou discothèques bondés, dans d’autres pays, pose la question de la sécurité dans les lieux festifs. En Suisse, la sécurité incendie relève de la compétence des autorités cantonales.

Nathalie Chifflet - Aujourd'hui à 16:28 | mis à jour aujourd'hui à 16:39 - Temps de lecture :

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L’explosion suivie d’un violent incendie qui a ravagé le bar ''Le Constellation'' pendant les festivités du Nouvel An a fait plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés, plongeant la station alpine dans le deuil. L’enquête devra déterminer l’origine exacte du sinistre et examiner si les règles de sécurité ont été respectées.

En Suisse, la protection contre les incendies dans les bâtiments publics ou accueillant du public repose sur des normes élaborées par l ’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie. L ’organe intercantonal travaille actuellement à la révision de la réglementation, pour une entrée en vigueur prévue en 2027. Il n’était pas prévu un durcissement des mesures.

Les prescriptions de l’AEAI servent de cadre légal contraignant, que chaque canton transpose dans sa législation. À Crans-Montana, ce sont les autorités du Valais qui sont chargées de leur application et de leur contrôle par l‘établissement cantonal d’assurance. Les autorités valaisanes et fédérales auront donc à déterminer si des lacunes réglementaires ou opérationnelles ont pu jouer un rôle dans le drame de Nouvel An.

Photo Sipa/AP/police Cantonale Valaisanne

Photo Sipa/AP/police Cantonale Valaisanne

Des normes à respecter

Même si la Suisse n’a pas de classification fédérale identique au système français, le principe est le même : les bars et clubs, assimilés à des établissements recevant du public, doivent respecter des normes en matière d’équipement, d’usages de certains matériaux et d’interdiction d’autres, et de protection des personnes. Elles sont obligatoires sous peine de sanctions ou de fermeture immédiate si des manquements sont constatés, risquant de mettre en péril les occupants en cas d’incendie.

Les établissements suisses doivent impérativement avoir un dispositif incendie adapté : des équipements de sécurité (extincteurs, détecteurs, alarmes), un plan d‘évacuation ; des issues de secours avec une signalétique visible, dégagées et accessibles ; un « chemin de fuite », soit la distance maximale pour atteindre une sortie sécurisée, inférieur à 35 mètres. Un établissement pouvant accueillir jusqu’à 100 personnes doit disposer d’une sortie de 1,20 m minimum. Au-delà et jusqu’à 1000 personnes, il faut au moins deux sorties indépendantes.

Capacité maximale autorisée

L’un des points cruciaux dans l’exploitation d’un bar ou d’une boîte de nuit est la capacité maximale autorisée : elle est fixée en fonction de la surface du lieu, du nombre et de la largeur des sorties, ainsi que des itinéraires d’évacuation disponibles. Dépasser cette capacité peut rendre une évacuation rapide impossible en cas d’urgence et rend l’exploitant juridiquement responsable. En Suisse, la jauge dans un lieu pouvant accueillir plus de 100 personnes est de 2 personnes par m² pour la zone de danse. Si le gérant dépasse ce chiffre, il est en infraction grave.

Aux Pays-Bas, le propriétaire d’un café de Volendam a été condamné à un an de prison avec sursis pour l’incendie de son établissement, le 31 décembre 2000, qui avait provoqué la mort de 14 personnes et blessé une centaine d’autres. Lors des festivités du Nouvel An, des feux de Bengale avaient enflammé des décorations de Noël accrochées au plafond du café bondé, tandis que les fenêtres munies de barreaux et le nombre d’issues de secours insuffisant avaient fait du café un piège mortel.

En Thaïlande, le propriétaire de la boîte de nuit où 67 personnes ont trouvé la mort le 1er janvier 2009 après un incendie lié à l’usage de feux d’artifice, a été condamné à trois ans de prison en 2011. Il utilisait une résidence privée, à la sécurité défaillante, dans une zone où les discothèques étaient interdites. Le feu s‘était déclaré aux premières heures du 1er janvier 2009, alors que près de 1 000 personnes se trouvaient à l’intérieur.

En Macédoine, où 63 personnes ont péri en mars 2025 dans l’incendie mortel d’une discothèque à Kocani, un procès s’est ouvert en décembre dernier. Sur les bancs des prévenus, le directeur de l‘établissement et une trentaine de personnes. Le procès d’années de manquement à la sécurité, de négligences, de défaillances techniques, et de corruption liées au fonctionnement de la boîte de nuit.

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